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Autisme News


09 Mars 2012
Autisme et psychanalyse : le scandale enfin mis à jour

SOURCE / LE NOUVEL OBS Dans son rapport, publié le 8 mars, la Haute autorité de santé préconise l'approche comportementale et désavoue la psychanalyse. Les familles d’autistes n’ont peut être pas gagné la guerre, elles ont en tout cas emporté une bataille importante dans le combat qu’elles mènent contre le recours à la psychanalyse pour traiter le trouble de leurs enfants. Hier, la Haute autorité de santé a formulé ses recommandations le 8 mars pour la prise en charge de l’autisme. Le débat sur la psychanalyse, qui s’est emballé ces dernier jours, a eu le mérite de faire éclater le scandale de l’abandon en France des deux tiers des enfants atteints d’autisme. La psychanalyse désavouée Les parents obtiennent enfin gain de cause car la Haute autorité de santé (HAS) recommande formellement un diagnostic précoce, et les approches éducatives et comportementales réclamées par eux depuis des années. Ces méthodes sont basées sur la répétition, l’élaboration de méthode de communication avec l’enfant par d’autres techniques que le langage (images, gestes…), les récompenses etc... La psychanalyse est quant à elle considérée comme "non pertinente" pour l’autisme. Cependant, la Haute autorité de santé n’est pas allée jusqu’au bout de ce que demandaient les familles. La psychanalyse est classée dans les pratiques "non consensuelles" mais pas dans les approches "non recommandées". Dans les associations, on pense que l’intense lobbying dans lequel se sont lancés quelques cercles psychiatriques et psychanalytiques a atteint son objectif. Mais l’essentiel est dit par la HAS, et comme l’a expliqué le président du collège de la HAS "rien ne sera plus comme avant". D’autant que la HAS, insiste, tout au long du rapport pour que l’enfant soit au centre du processus, que les parents soient sans cesse étroitement associés au traitement. C’est très important. Pour certains parents, écartés de la prise en charge de leur enfant, le diagnostic a été porté à l’âge de huit ans, de dix ans. Certains psychiatres-psychanalystes revendiquaient même de ne pas formuler le diagnostic d’autisme aux parents, pour ne pas les fragiliser, ou ne pas figer la situation… L’affaire du "packing" Le "packing" est une vieille technique utilisée en psychiatrie pour calmer les malades en très grande agitation. Elle consiste à les envelopper dans des draps froids (10 degrés) pour les réchauffer progressivement avec des couvertures. Cette pratique révoltait les parents d’autistes. Elle n’est plus recommandée par la Haute Autorité de Santé, sauf dans le cas d’"essais cliniques autorisés". Les progrès doivent être évalués En tout cas, pour des milliers de familles qui ont galéré pendant des mois, voire des années avec leurs enfants dans des hôpitaux psychiatriques ou des psychiatres, tendances freudiennes, leur expliquaient en que leurs enfants avaient une "psychose", sans pour autant leur apprendre à communiquer, c’est un énorme soulagement. Tout comme pour ceux qui refusant l’établissement psychiatrique pour leur enfant, se voyaient poursuivre en justice pour défauts de soins. L’important pour les parents, c’est d’avoir entendu de la bouche du professeur Harousseau, président du collège de la HAS, que les "psychiatres devaient se remettre en question". Par psychiatre, il faut entendre "de tendance psychanalytique", qui refusent toute évaluation de leurs actions. Or comme l’a expliqué Joelle André Vert, chef de projet qui a participé à l’élaboration des recommandations, des évaluations des progrès d’enfants autistes sont possibles. On ne guérira pas l’enfant autiste , mais on pourra mesurer l’évolution de son QI, de son langage, de sa communication verbale ou non verbale, l’autonomie dans sa vie quotidienne. Le vrai scandale : deux tiers des autistes abandonnés En présentant les recommandations de la Haute autorité de santé sur les bonnes pratiques en la matière, le professeur Philippe Evrard, neuropédiatre, du Comité de pilotage de ces recommandations l’a dit "Un tiers seulement des personnes autistes et leurs familles reçoivent l’aide personnalisée qui leur est nécessaire. Tout le reste est du bla-bla… La solidarité nationale française est gravement déficiente (à l’égard des autistes)". Il a parlé de "scandale … qui devrait faire mettre en cause l’Etat français" (si la situation ne change pas). Et de raconter l’émotion du médecin qui sait "qu’il faudra deux ans dans un tiers des cas pour trouver une solution acceptable [pour l’enfant autiste NDLR] dont vous venez de poser le diagnostic". Deux ans, minimum dans le meilleur des cas. Le débat qui enflamme la blogosphère et le quartier latin à Paris – certes légitime mais terriblement français avec multiplication de pétitions pour et contre - sur la légitimité de la psychanalyse à traiter l’autisme aura eu au moins cet immense mérite : faire éclater le vrai scandale sur l’immense état d’abandon dans lequel se trouvent une majorité d’autistes en France. Une honte nationale.


08 Mars 2012
Autisme: La HAS désavoue la psychanalyse... mais pas trop

SOURCE / L'EXPRESS La Haute autorité de santé a dévoilé ce matin sa position finale sur les traitements recommandables dans ce trouble de la communication. Elle est moins sévère que prévu. La Haute autorité de santé (HAS) et l'Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM) ont rendu publique ce matin la version définitive de leur recommandation de bonne pratique dans l'autisme, dont une version intermédiaire a suscité la polémique ces dernières semaines. Ces instances d'expertise indépendante classent finalement "les approches psychanalytiques" et "la psychothérapie institutionnelle" dans la catégorie des "interventions globales non consensuelles", comme on peut le lire page 27 de son rapport. Par ailleurs, elles prennent une position ferme contre une pratique psychanalytique particulièrement controversée, le packing, qui consiste à envelopper l'enfant dans des draps mouillés froids en cas de grande agitation. "En dehors de protocoles de recherche autorisés respectant la totalité des conditions définies par le Haut conseil de la santé publique, la HAS et l'ANESM sont formellement opposées à l'utilisation de cette pratique", écrit le groupe de travail page 32. Cette recommandation constitue un désaveu de la psychanalyse appliquée au traitement de l'autisme, une pratique majoritaire en France mais combattue par les associations de familles d'enfants autistes. Le groupe de travail a cependant retenu une formulation moins forte que dans la version intermédiaire révélée par Libération le 13 février. La psychanalyse était en effet rangée dans la catégorie des interventions "non consensuelles ou non recommandées". Le rapport a donc évolué dans un sens plus favorables à la psychanalyse, ce qui ne manquera pas de susciter la protestation des associations de familles de patients. Concernant la technique du packing, sa condamnation devrait elle aussi provoquer la mobilisation de ses défenseurs. "Absence de données sur l'efficacité" des méthodes La HAS et l'ANESM anticipent d'ailleurs ces réactions en indiquant, page 51 de leur recommandation, que "certaines personnes ayant participé au comité d'organisation ou aux groupes de pilotage, de cotation et de lecture peuvent être en désaccord avec tout ou partie de cette recommandation. La liste des personnes qui auront manifesté leur désaccord sera insérée dans la recommandation au plus tard le 31 mars 2012". En plus du rapport lui-même, la HAS et l'ANESM ont rédigé un communiqué explicatif intitulé Autisme, questions/réponses. La principale polémique est abordée dans la question 8: "Quelle est la position de la HAS et de l'ANESM sur les interventions fondées sur les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle?" Cette fois, la rédaction est un peu différente: "L'absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à leur pertinence". "Non pertinent" apparaît ici comme un qualificatif intermédiaire entre "non consensuel" et "non recommandé". Et une concession faite aux détracteurs de la psychanalyse. L'importance de la recherche clinique Dans la réponse à la même question, la HAS et l'ANESM précisent: "Ceci doit inciter les équipes des centres hospitaliers universitaires et des autres organismes ayant une mission de recherche à développer la recherche clinique". Autrement dit, les instances encouragent les projets de recherche qui pourraient permettre d'évaluer l'efficacité de ces pratiques. Ce qui apparaît, cette fois, comme un gage donné aux défenseurs de la psychanalyse. Cette recommandation permettra-t-elle d'améliorer la prise en charge des enfants autistes? Va-t-elle au contraire radicaliser un peu plus les pros et les anti-psychanalyse? Verra-t-on s'intensifier la guerre entre les associations de parents et les professionnels qui utilisent la psychanalyse? Les réactions que le rapport ne manquera pas de susciter permettront d'en juger. Dans ce débat passionnel, la méthode dite du "consensus formalisé" adoptée pour la recommandation montre en tout cas ses limites.


08 Mars 2012
Autisme : encore un sursis pour la psychanalyse

SOURCE / LE FIGARO La Haute autorité de santé s'est refusée à condamner l'approche psychanalytique dans le traitement de l'autisme, bien qu'elle soit fortement discréditée par la neurobiologie. Finalement, la psychanalyse ne sera pas définitivement interdite de séjour dans le traitement de l'autisme. La Haute autorité de santé (HAS) aura donc fait machine arrière dans ses nouvelles recommandations sur l'autisme et autre troubles envahissants du développement. Il y a un mois, la version qui circulait classait les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle dans les «interventions non recommandées ou non consensuelles». Dans la version présentée jeudi 8 mars, elle n'est plus qu'une «intervention non consensuelle». Que s'est-il passé? Les données scientifiques internationales n'ont pourtant pas changé entre temps. D'ailleurs, en 2010, la HAS avait récapitulé les quatre recommandations professionnelles internationales récentes qui existaient sur le sujet. Dès 2008, le ministère de la Santé néo-zélandais rangeait la psychanalyse avec les «interventions non recommandées», comme d'ailleurs son homologue espagnol deux ans plus tôt. Sans ambiguïté, les Espagnols ajoutaient même: «Cette technique part d'une interprétation obsolète de l'autisme, comme provenant de la réaction psychologique défensive d'un garçon ou d'une fille sains face à des parents pathologiques». Les deux dernières recommandations (américaine et écossaise) ne citaient même plus la psychanalyse. Le «packing» davantage encadré Autre point polémique, les procédés d'aversion physique, défendus par quelques équipes en France, comme le packing, qui consiste à envelopper les enfants pendant 45 mn dans des serviettes froides et mouillées. «Ils ne doivent plus être utilisés», conclut sobrement le ministère de la Santé néo-zélandais. Aucun autre pays ne le recommande. La HAS reconnaît: «(qu')en l'absence de données relatives à son efficacité ou à sa sécurité, du fait des questions éthiques soulevées par cette pratique et de l'indécision des experts en raison d'une extrême divergence de leurs avis, il n'est pas possible de conclure à la pertinence d'éventuelles indications des enveloppements corporels humides (dit packing), même restreintes à un recours ultime et exceptionnel». En gros, la HAS considère que la méthode n'a pas fait ses preuves mais qu'il faut lui laisser sa chance! C'est au nom du même principe qu'avait été autorisée aux Etats-Unis dans les années 70 la méthode consistant à envoyer une décharge électrique aux enfants autistes quand ils commençaient à s'automutiler. Là aussi, des rapports ponctuels rapportaient une certaine efficacité de la technique. La HAS laisse encore une petite place au packing mais uniquement dans le cadre «de protocoles de recherche organisés». Mais même cette concession inexplicable à une méthode abandonnée ailleurs ne satisfait pas l'un des partisans du packing, le Pr Pierre Delion, du CHU de Lille. Il estimait sur un blog le matin même de la nouvelle recommandation de la HAS qu'il s'agissait: «(d')une ingérence inadmissible dans le soin sous la pression des lobbies». Sans mettre en doute la bienveillance de cet expert des psychoses, on rappellera tout de même qu'il est désormais admis que l'autisme n'en est pas une.


08 Mars 2012
Autisme : l’approche psychanalytique hors jeu

SOURCE / LE MONDE Dans leurs recommandations de bonne pratique sur la prise en charge des enfants et adolescents souffrant de troubles envahissants du développement (TED), publiées jeudi 8 mars, la Haute Autorité de Santé (HAS) et l'Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) estiment impossible de conclure à "la pertinence" des interventions fondées sur les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle, qu'elles considèrent comme "non consensuelles". Ce point avait fait ces dernières semaines l'objet d'une intense agitation médiatique, après la publication par Libération, le 13 février, d'un article faisant état d'une version non définitive de ce rapport. A un détail près, la position de la HAS est restée inchangée, augurant sans doute une ère nouvelle dans la prise en charge de l'autisme. Très attendu des professionnels comme des associations de familles, ce rapport, fruit d'un travail de deux ans, a mobilisé 145 experts, et a été complété par une consultation publique à laquelle ont répondu plus de 180 organisations. Définis comme un groupe hétérogène de troubles se caractérisant tous par des altérations des interactions sociales, de la communication et du langage, les TED concernaient en 2009 une personne de moins de 20 ans sur 150, soit entre 92 000 et 107 500 jeunes. Une population à laquelle répond depuis des décennies un manque criant de diagnostic et de structures d'accueil, notamment dans le domaine éducatif. CHANGEMENT DIPLOMATIQUE Les recommandations de la HAS et de l'Anesm se déclinent autour d'un axe fort: "La mise en place précoce, par des professionnels formés, d'un projet personnalisé d'interventions adapté et réévalué régulièrement" pour les enfants souffrant de TED. Particulièrement préconisées "si elles sont débutées avant 4 ans et dans les trois mois suivant le diagnostic", ces interventions seront fondées "sur une approche éducative, comportementale et développementale, en respectant des conditions de mise en œuvre ayant fait preuve de leur efficacité: utilisation d'un mode commun de communication et d'interactions avec l'enfant, équipes formées et supervisées, taux d'encadrement d'un adulte pour un enfant, rythme hebdomadaire d'au moins 20-25 heures par semaine". Pour la première fois en France dans le champ de la pédopsychiatrie, un texte recommande officiellement le recours intensif aux méthodes éducatives et comportementales, dont les résultats prometteurs ont été actés de longue date dans plusieurs pays occidentaux. Autre point essentiel : l'attention portée à la place et à la singularité de la famille et de l'enfant dans l'accompagnement. Les rapporteurs recommandent par ailleurs aux parents d'être "particulièrement prudents vis-à-vis d'interventions présentées comme permettant de supprimer complètement les manifestations des TED" : aucun traitement ne permet de guérir l'autisme, ni d'en supprimer totalement les troubles. Si l'approche éducative et comportementale (type ABA ou Teacch), basée sur des apprentissages répétés, fait donc désormais partie des "interventions recommandées", il n'en va pas de même pour les approches psychanalytiques. "L'absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle", lit-on au chapitre des "Interventions globales non consensuelles". Un changement diplomatique mais minime au regard de la version de février, qui ajoutait à l'appréciation "non consensuelles" celle de "non recommandées". "RÉACTIONS EXTRÊMEMENT PASSIONNELLES" Face au tollé déclenché par cette version provisoire, la HAS a-t-elle tenté de ménager le milieu pédo-psychiatrique en adoucissant son propos? "Notre objectif n'était pas d'apaiser le jeu. Nous avons pris bonne note des réactions extrêmement passionnelles qui se sont exprimées, mais nous avons décidé de ne pas modifier notre calendrier ni notre procédure", affirme le professeur Jean-Luc Harousseau, président du collège de la HAS. Constatant que "plus de trente ans après leur introduction, ces méthodes n'ont pas fait la preuve ni de leur efficacité ni de leur absence d'efficacité", il estime qu'il est temps que les psychiatres se remettent en question, et "acceptent une évaluation de leurs actions en fonction de critères d'efficacité sur le comportement des enfants, définis par eux et avec la coopération et l'accord des parents". Reste le packing, technique d'enveloppements humides réservés aux cas d'autisme les plus sévères, contre laquelle la plupart des associations de parents s'élèvent violemment depuis des années. Sans grande surprise, la HAS et l'Anesm, "en l'absence de données relatives à son efficacité ou à sa sécurité", se déclarent "formellement opposées à l'utilisation de cette pratique". A l'exception des essais cliniques autorisés et "respectant la totalité des conditions définies par le Haut Conseil de la santé publique", dont l'un est en cours au CHRU de Lille.


08 Mars 2012
Autisme et soins : la psychanalyse mise sur la touche

SOURCE / AFP PARIS — Les approches psychanalytiques dans la prise en charge de l'autisme ont été, pour la première fois, mises sur la touche par la Haute autorité de santé (HAS), dans un rapport publié jeudi sur une question qui déchaîne les passions. "Les psychiatres sont des médecins comme les autres, ils doivent se soumettre aux règles d'évaluation", a déclaré le Pr Jean-Luc Harousseau, président de la HAS, en présentant à la presse un rapport, très attendu, sur la prise en charge de l'autisme de l'enfant et de l'adolescent. "Les psychiatres doivent se remettre en question", a-t-il répété, notant que, "plus de 30 ans après leur introduction", les approches psychanalytiques n'ont pas fait la preuve de leur efficacité, ni de leur pertinence dans ce domaine. Cet avis est partagé par un groupe de psychiatres et chercheurs à l'origine d'une pétition-manifeste en faveur d'une pratique "fondée sur l'état des connaissances scientifiques". Certes le rapport de la HAS et de l'Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) ne condamne pas ouvertement les approches psychanalytiques et se borne à les qualifier de "non consensuelles". Mais, elles ne font pas partie des recommandations. Une position qu'a regrettée le député UMP Daniel Fasquelle, qui, avec des associations, veut bannir définitivement la psychanalyse des soins aux autistes. Pour réagir à cette "croisade" anti-psychanalyse, une vidéo et un texte du psychanalyste Jacques-Alain Miller ont été mis en ligne sur le site de la revue La Règle du jeu. La HAS rappelle aussi qu'il n'y a pas de lien entre autisme/TED (troubles envahissants du développement) et le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole). "Les caractéristiques psychologiques des parents ne sont pas un facteur de risque de survenue des TED", précise également la HAS, mettant ainsi du baume au coeur des parents qui ne veulent plus entendre des discours culpabilisants n'aidant en rien leurs enfants handicapés. La HAS et l'Anesm condamnent par ailleurs la technique controversée du "packing" (enveloppement dans des draps humides et froids) utilisée en dehors de tout protocole de recherche. Le document préconise "un projet personnalisé d'interventions pour chaque enfant" et coordonné, avec notamment un "dépistage précoce" avant 4 ans pour préserver ses chances d'amélioration et un suivi régulier avec évaluation des résultats. Les approches éducatives et comportementales, qui ont fait la preuve de leur efficacité, font désormais partie des recommandations. "Ce rapport marque une étape" dans la prise en charge de l'autisme, a estimé M. Harousseau, pour qui "rien ne sera plus comme avant". Ces recommandations (58 pages), issues d'un travail de plus de deux ans ayant mobilisé 145 experts, paraissent dans le contexte d'un "manque criant" de place d'accueil pour les autistes, selon lui. "Un tiers seulement des personnes autistes et leurs familles reçoivent l'aide personnalisée qui leur est nécessaire", a dénoncé le Pr Philippe Evrard, neuropédiatre, du Comité de pilotage de ces recommandations. "La solidarité française est gravement déficiente", a-t-il dit, en parlant de "scandale". "Si cette situation perdure, la responsabilité de l'Etat et des Agences sanitaires pourrait être mise en cause", a averti ce médecin, également expert judiciaire. Mais "aucune intervention ne peut prétendre supprimer la totalité des TED", a relevé Cédric Grouchka (HAS), appelant les familles à la prudence face à des méthodes miracles. Car aucun traitement ne peut guérir l'autisme, selon la HAS. Entre 92.000 et 107.500 jeunes de moins de 20 ans sont atteints d'un TED en France, dont environ 30.000 ont un autisme infantile, selon le rapport.


06 Mars 2012
Santé Psychiatres et comportementalistes s'écharpent au sujet d'un rapport

SOURCE / 20 MINUTES L'autisme est considéré comme un trouble de la communication. Depuis quelques semaines, c'est surtout la communication des professionnels de l'autisme qui est la proie de sérieux troubles. La Haute Autorité de santé (HAS) s'apprête, en effet, à publier un rapport qui pourrait révolutionner la prise en charge des 650 000 autistes qu'abriterait la France. Sa publication était prévue ce mardi matin. Mais « avec tout ce bordel, elle a été repoussée à jeudi », lâche un membre de la HAS. Enroulés dans des linges mouillés Le « bordel » en question est apparu le 13 février à la faveur d'un article de Libération. Informé de la teneur du rapport, le quotidien assure alors que la HAS juge « non-pertinente » l'approche psychanalytique dans le traitement de l'autisme. En clair, d'un trait de plume, les experts s'apprêtent à recommander aux parents d'autistes de confier leurs enfants à l'école plutôt qu'aux psychiatres. Dans la foulée, les experts voudraient même interdire le dispositif du « packing » qui consiste à enrouler les autistes dans des linges mouillés pour leur faire prendre « conscience de l'entièreté de leur corps ». La HAS ouvrirait ainsi la voie à une reconnaissance des théories éducatives. « C'est normal, assure Bernard Fasquelle, député UMP et président du groupe Autisme à l'Assemblée nationale. Les pratiques psychanalytiques sont inefficaces et remboursées par la Sécu. Les techniques éducatives sont efficaces mais non-remboursées… » « Tellement d'argent en jeu… » Le député assure même détenir la preuve que les psychiatres exercent des « pressions » sur les membres de la HAS pour qu'ils modifient leur rapport avant sa publication. « Il y a tellement d'argent en jeu, s'insurge M'hammed Sajidi, président de l'association Vaincre l'autisme. Les psys veulent garder les enfants dans leurs centres et surtout les financements qui vont avec. » Inventeur du « packing », le professeur Pierre Delion estime qu'il faudrait simplement « mêler les deux approches ». C'est aux seuls experts de la HAS d'en décider désormais. Vincent Vantighem


06 Mars 2012
Psychanalystes, ne soyons pas sectaires !

SOURCE : LE MONDE En France aujourd'hui, la plupart des enfants autistes sont pris en charge dans des institutions du secteur sanitaire et médico-social. Ces structures sont nées après 1950 au croisement de deux mouvements : l'éducation nouvelle, qui considérait l'apprentissage comme un facteur de progrès global de la personne, et la psychothérapie institutionnelle. A l'origine, la psychanalyse n'était donc pas au coeur du projet de ces institutions, et beaucoup ont d'ailleurs été fondées par des psychopédagogues. Quelle est la prise en charge d'un enfant autiste aujourd'hui dans un hôpital de jour ? Il s'agit toujours d'une approche pluridisciplinaire, adossée au trépied thérapeutique, éducatif, pédagogique. A quel niveau la psychanalyse intervient-elle ? Elle est le socle commun sur lequel les professionnels s'appuient dans le travail d'élaboration qu'ils mènent ensemble autour des enfants. Cet outil de réflexion est compatible avec la question de l'organicité des troubles, avec la structuration des prises en charge et avec leur évaluation. Il ne s'agit pas en effet de "laisser les enfants exprimer leurs symptômes", comme on le caricature trop souvent, mais de leur proposer des activités structurées avec des médias adaptés à chacun, et d'intégrer de nouveaux outils de symbolisation tels que les supports imagés. Malheureusement, les choses ont pris une tournure radicale il y a peu à la suite de la diffusion du documentaire de Sophie Robert Le Mur. Qu'y voit-on ? Des psychanalystes choisis pour répondre précisément à l'image d'Epinal véhiculée dans le grand public : propos abscons, interprétations caricaturales, description de séances où le psychanalyste attend que l'enfant autiste exprime un désir... Après la plainte de plusieurs praticiens interviewés, leurs interventions ont été retirées du film (décision rendue par le tribunal de grande instance de Lille le 26 janvier). Les coupes effectuées au montage et dénaturant leurs dires sont en effet inadmissibles, mais indépendamment d'elles, et en tant que médecin directeur d'une institution à orientation psychanalytique accueillant des enfants autistes, je ne peux pas cautionner la plupart des propos tenus dans ce film. De plus, en demandant l'interdiction du Mur ou en s'en réjouissant, les psychanalystes perdent de vue ce qui fait l'essence même de leur approche. Dans le travail analytique, l'analyste se questionne toujours sur la part qu'il prend dans les réactions de son patient. Or à quoi assiste-t-on ? A une attitude corporatiste dans laquelle certains psychanalystes se disent persécutés, mais jamais ne s'interrogent sur ce que cette tempête médiatique questionne dans leurs pratiques. Le jugement est brandi comme un étendard et le film a perdu du même coup ce qui aurait pu constituer son seul intérêt : susciter parmi nous une remise en cause de la prise en charge des enfants autistes. Nous ne pouvons aujourd'hui ignorer l'apport des sciences cognitives et des neurosciences dans nos prises en charge, de même que nous nous devons de soumettre nos pratiques aux exigences de l'évaluation. Nos institutions doivent poursuivre leurs évolutions pour rester fidèles au caractère innovant qui a présidé à leur création. Et il ne suffit pas que beaucoup d'entre nous mènent ce combat quotidien dans leurs institutions, encore faut-il pouvoir assumer et défendre la nécessité d'une approche intégrative dans un milieu où l'adversité entre psychanalyse et cognitivisme est vive. Depuis Le Livre noir de la psychanalyse (éd. Les Arènes, 2005), les psychanalystes se sentent ouvertement attaqués par les tenants des techniques cognitives et comportementales ; ce serait un peu vite oublier que la situation est en miroir de celle qui prévalait dans les années 1970, époque où la psychanalyse était hégémonique et ne se privait pas de discours humiliants à l'encontre des collègues cognitivistes. L'idée convenue selon laquelle ceux-ci traitaient les êtres humains comme des rats de laboratoire a d'ailleurs encore de beaux restes aujourd'hui, lorsque certains psychanalystes prétendent avoir l'apanage d'une approche "humaine" ou "humaniste" de l'autisme. Sans aller jusque-là, beaucoup parmi nous considèrent qu'il existerait une différence ontologique entre ces deux types d'approches qui les rendrait inconciliables. Dans une dizaine d'établissements français du secteur sanitaire et médico-social, nous nous apprêtons pourtant à implanter des classes expérimentales destinées aux enfants autistes, reposant sur une approche pédagogique structurée à visée subjectivante. Dans ce projet mené en partenariat avec l'association de prévention de l'autisme PreAut, nous refusons donc un choix exclusif entre approche psychodynamique et programmes de stimulation cognitive, mais souhaitons justement évaluer, grâce à un protocole de recherche, dans quelle mesure les deux approches peuvent se soutenir l'une l'autre. Le problème n'est pas aujourd'hui que la psychanalyse soit attaquée. Il résiderait plutôt dans la réaction offusquée de beaucoup d'entre nous, qui serait banale dans tout autre corps professionnel, mais qui va à l'encontre de l'essence même de notre discipline. Que sommes-nous devenus si nous sommes incapables de nous remettre en question et d'envisager la part que nous avons jouée dans le déchaînement actuel autour de l'autisme ? Et comment pouvons-nous, en tant que psychanalystes, en appeler à faire taire la mémoire ? Dire que la culpabilisation des mères d'enfants autistes appartient au passé et qu'il faut considérer le présent, c'est convoquer une amnésie consensuelle qui nie la portée de l'histoire dans toute aventure humaine, alors même que c'est précisément ce à quoi s'attache la psychanalyse - permettre à chacun de se situer dans une histoire personnelle, familiale et collective. Et c'est faire comme si la psychanalyse avait déjà évolué, et que les critiques portées contre elle seraient injustes ou concerneraient un passé révolu. Hélas, bien que sur le terrain des efforts soient menés pour concilier les pratiques, les écoles psychanalytiques instituées refusent bien souvent de reconnaître que d'autres disciplines pourraient tenir la clé de difficultés qu'elles peinent à résoudre. Changeons d'abord nos pratiques pour intégrer les données de l'expérience, et nous ferons évoluer la théorie ensuite. Après tout, Freud en son temps n'a pas fait autre chose. Et cessons de vouloir considérer les nouvelles pratiques disponibles, notamment dans le champ de l'autisme, à l'aune des théories psychanalytiques existantes, construites en référence à d'autres pratiques et à d'autres connaissances


06 Mars 2012
Autisme : "je suis de gauche et j'emmerde la psychanalyse"

SOURCE : L'EXPRESS La Haute autorité de santé doit rendre jeudi ses recommandations dans le traitement de l'autisme. Dans la blogosphère, les défenseurs de la psychanalyse et ses détracteurs se déchaînent. Quelle place pour la psychanalyse dans le traitement de l'autisme? La polémique fait rage sur la toile dans l'attente de la publication, jeudi 8 mars, des recommandations de bonne pratique de la Haute autorité de santé (HAS). La révélation par Libération, le 13 février, de la version non finalisée de ce document, dans laquelle cette approche était classé parmi les "interventions globales non recommandées ou non consensuelles", a en effet mis le feu aux poudres. Depuis, les prises de parole se multiplient, dans un foisonnement qui témoigne, pour le moins, d'un vrai débat. Sur son blog, le président de l'unique association de personnes autistes (à différencier de celles qui regroupent les familles d'enfants autistes), Satedi, adresse une "lettre ouverte aux journaux français à grand tirage" intitulée: Et les patients dans tout ça? Emmanuel Dubrulle regrette que ce soit "toujours les mêmes qui parlent" et que "à une exception près [il ne s'agit pas de L'Express] aucun journal n'ait pris la peine de contacter les principaux intéressés, les patients. [...] Peut-être les médias pensent-ils encore que les enfants autistes restent des enfants, qu'aucun n'arriverait à se développer suffisamment pour devenir pleinement adulte, avoir une certaine curiosité sur le monde qui l'entoure et y intervenir, ou simplement y faire entendre sa voix?" Citoyen Belge de 37 ans, Emmanuel Dubrulle vit à Bruxelles. Diagnostiqué autiste, il a suivi une scolarité chaotique dans le système éducatif belge classique avant de devenir documentaliste dans une institution européenne. Il préside l'association Satedi, créée en 2004 et localisée en France. Celle-ci compte une centaine d'adhérents et a été consultée par la HAS pour la rédaction de ses recommandations. "Le tout ABA n'est pas une solution" Dans sa lettre, Emmanuel Dubrulle réagit à l'article de Libération qui dénonce "l'interdiction" de la psychanalyse et, en particulier, aux propos de Bernard Golse, chef du service de pédospychiatrie à l'hôpital Necker à Paris et psychanalyste, dont il précise d'emblée qu'il le considère comme "un praticien sérieux". "Le tout à ABA [une méthode comportementaliste] n'est pas une solution mais dans une grande gamme de problématiques, les approches comportementalistes apportent des solutions tout à fait valables, écrit-il. Mais comme toutes les approches, elles ne sont en rien universelles tant les patients dits "autistes" peuvent être différents dans leur degrés de handicap, leurs sur-handicaps, et leurs besoins". Et d'ajouter: "Je suis fort mécontent quand certains tenants de l'approche psychanalytique font référence à des mouvements communautaristes et anti-ABA de l'autre côté de l'Atlantique, avec comme finalité de défendre leur chapelle. Je répondrai à ces psys que la plupart des détracteurs d'ABA dans ces mouvements n'ont jamais été pris en charge par des professionnels ABA et que les critiques à l'encontre d'ABA portent le plus souvent sur sa genèse de la pratique telle qu'elle se faisait il y a un peu plus de 30 ans. Pour paraphraser Bernard Golse ["Il y a de mauvais psychanalystes, mais est-ce que parce qu'il y a quelques mauvais chirurgiens qu'il faut interdire la profession"], je dirai que des mauvais praticiens ABA, ça existe aussi". "Croisade", de "haine" et "dérive dramatique" Sur le site du Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, un mouvement lancé par des psychiatres pour s'opposer à la politique du gouvernement en matière de santé mentale, la mère d'un enfant autiste de 4 ans prend la parole pour dénoncer, justement, la méthode ABA. Initialement publié sur le site lacanquotidien.com, le coup de gueule de Mireille Battut s'intitule: "Plutôt coupable qu'ABA". "J'ai choisi, en concertation avec le CMP [centre médico-psychologique] de mon secteur, d'obtenir une admission de Louis [son fils] à temps plein à l'hôpital de jour, écrit-elle. Il y suivra une scolarité adaptée, avec deux éducateurs permanents pour 8 enfants, et le soutien de toute une équipe pluridisciplinaire. Cette intégration a été précédée d'une période d'observation et d'évaluation, assez éprouvante par sa longueur, qui permet néanmoins d'espérer que le projet sera le plus ajusté possible à ses capacités d'évolution. Il paraît que si nous résistons à l'ABA, c'est que nous sommes arriérés, et dépravés par la psychanalyse. C'est vrai, chez nous, ABA ne fait que commencer de nuire. Nous sommes un nouveau marché à conquérir [pour cette méthode venue des Etats-Unis]". Sur Agoravox, des parents d'enfants autistes regroupés dans le collectif EgaliTED publient une tribune libre, Réponse ouverte de parents d'enfants autistes aux journalistes, philosophes et psychanalystes. Elle est adressée à une liste d'auteurs qu'Egalited juge favorables à la psychanalyse. "Ne vous est-il pourtant pas apparu que pour l'instant, le seul lobby audible dans les médias est celui de la psychanalyse et que le changement demandé [en faveur de méthodes éducatives et comportementales] est le fait de parents d'enfants autistes, tous individuellement concernés? Ce changement demandé, et actuellement cautionné par le Politique, vous fait tellement peur que vous parlez alors de "croisade", de "haine", de "dérive dramatique", "d'offensive" ou encore de "persécution". A quand le mot "génocide"?" Un peu plus loin, le collectif ajoute: "Mais, là où la ligne rouge est bien définitivement franchie c'est dans les références à un passé peu glorieux: le "nazisme", le "stalinisme" les "dictatures". C'est doublement choquant. Car associer un sain débat scientifique et thérapeutique au nazisme, c'est bien faire preuve du plus pur fascisme intellectuel: vouloir imposer par la force et la violence son idéologie". "Je suis de gauche et j'emmerde la psychanalyse" Un post du blog Contes de la folie ordinaire, sur Mediapart, consacré à la place de la folie dans la société, défend l'approche psychanalytique, remettant en question le tout biologique. Il s'adresse "A l'autiste qui a consenti à quitter son monde et à celui qui se méfie de nous". Et conclut: "N'est-il pas légitime encore de s'interroger si nous ne devons voir dans le silence de l'autiste uniquement le résultat d'un handicap de l'individu, ou un refuge du désir?" Toujours sur Mediapart, Jean-Louis Racca, professeur agrégé de mathématiques dans un lycée de Grenoble, s'insurge contre les raccourcis qui voudraient que les pro-psychanalyse soient forcément de gauche et les antis, de droite. Sur son blog, il signe un billet au titre provocateur: "Je suis de gauche et j'emmerde la psychanalyse", qui n'y va pas par quatre chemins. "On ne peut affirmer le caractère droitier des critiques de la psychanalyse que si l'on ignore les critiques de gauche", écrit-il, avant de clamer: "La psychanalyse doit cesser de prendre la gauche en otage". Les pétitionnaires ne sont pas en reste. Les pro-psychanalyses ont leur pétition, sur le site Lacan quotidien, avec sa " pétition internationale pour l'abord clinique de l'autisme". Dans le camp opposé, le Collectif des professionnels pour les bonnes Pratiques en psychiatrie appelle à signer son "Manifeste pour les bonnes pratiques dans la prise en charge de l'autisme".


24 Février 2012
Autisme: la Haute autorité de santé, victime de pressions, selon un député

PARIS, 23 février 2012 (AFP) - Le député UMP Daniel Fasquelle s'inquiète jeudi dans une lettre adressée au ministre de la santé des "pressions remettant en cause l'indépendance de la Haute Autorité de Santé (HAS)" qui doit rendre un rapport sur l'autisme le 6 mars. Ce député a récemment déposé une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales. Or, selon lui, La HAS s'apprêtait initialement à présenter un rapport "excluant les approches d'inspiration psychanalytique des pratiques recommandées et mettant en avant les méthodes éducatives et comportementales", écrit-il dans cette lettre à Xavier Bertrand, qu'il a transmise à la presse. Mais la HAS est depuis "victime de pressions", affirme le député, disant être "en possession d'éléments" le prouvant. "La Haute Autorité de Santé aurait ainsi déjà fait passer les pratiques psychanalytiques des +pratiques non recommandées" à un degré moindre, celui des "pratiques non consensuelles" dans son rapport, poursuit-il. "De telles conclusions, si elles pouvaient être imposées à la HAS, isoleraient encore un peu plus la France sur la scène internationale et serait incompréhensible pour toutes les familles et les professionnels qui attendent que notre pays tourne enfin la page de la psychanalyse dans le traitement de l'autisme", poursuit l'auteur, "président du groupe d'études parlementaire sur l'Autisme". Il demande donc au ministre de "mettre fin à ces pressions" afin que la HAS "puisse finaliser son rapport en toute autonomie et dans la plus grande sérénité".


24 Février 2012
Un député dénonce des pressions sur la HAS

SOURCE : LE QUOTIDIEN DU MEDECIN Dans une lettre adressée à Xavier Bertrand, le député UMP Daniel Fasquelle s’inquiète de « pressions remettant en cause l’indépendance de la Haute autorité de santé » qui doit bientôt publier ses recommandations sur l’autisme. Tandis que la Haute autorité de santé (HAS) doit publier le 6 mars prochain ses recommandations de bonnes pratiques dans la prise en charge de l’autisme et des troubles envahissant du comportement chez les enfants et adolescents, le député UMP Daniel Fasquelle alerte sur des pressions que subirait la HAS et susceptibles de remettre en cause le contenu de ses recommandations.« Après avoir défini en janvier 2010 l’autisme comme un trouble envahissant du développement, l’écartant ainsi du champ des psychoses, la Haute autorité de santé s’apprêtait logiquement à présenter un rapport excluant les approches d’inspiration psychanalytique des pratiques recommandées », au profit de méthodes éducatives et comportementales. Or, « des faits laissent aujourd’hui penser qu’on cherche à faire pression sur elle pour qu’elle n’aille pas au bout de sa démarche », écrit le député dans une lettre adressée au ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Daniel Fasquelle déclare en effet être « en possession d’éléments » lui permettant « d’affirmer que la HAS est (…) victime de pressions, de la part des partisans de l’approche psychanalytique de l’autisme, visant à l’empêcher de publier ses recommandations en l’état et à lui faire réécrire dans un sens contraire à la définition posée en 2010 ». Selon le député, les récentes fuites dans la presse du contenu de rapport émanent d’une volonté de déstabilisation de la Haute Autorité qui a aussitôt démenti le caractère définitif de ce document transmis au quotidien « Libération ». Des fuites anormales. « Je constate que ce groupe de travail (de la HAS) était parvenu à un consensus », explique-t-il au « Quotidien ». « On a fait fuité ces recommandations pour créer toute une agitation. (...) Aujourd’hui tout est fait pour que la Haute Autorité ne puisse pas statuer de façon sereine. Le fait que ce document ait été publié dans la presse est tout à fait anormal », poursuit le député qui assure ne pas avoir eu accès directement à ce rapport. Selon les sources de Daniel Fasquelle, la HAS aurait « déjà fait passer les pratiques psychanalytiques des pratiques non recommandées aux pratiques non consensuelles ». Auteur d’une proposition de loi visant à interdire les pratiques psychanalytiques dans l’autisme et président du groupe d’études parlementaire sur l’autisme, le député s’ « inquiète vivement d’une telle remise en cause de l’indépendance de notre plus haute autorité de santé ». Il demande à Xavier Bertrand d’ « intervenir immédiatement pour mettre fin à ces pressions et faire en sorte que la Haute autorité de santé puisse finaliser son rapport en toute autonomie et dans la plus grande sérénité ». Pour le député, la HAS « ne doit pas se laisser perturber par des éléments extérieurs à la science et se laisser dicter ce qu’elle a à dire ». Si les recommandations de la HAS sur la psychanalytique devaient ainsi être réécrites, Daniel Fasquelle assure qu’il n’en restera pas là. « Je demanderai qu’on réunisse une commission d’enquête. J’ai des documents qui pourraient le cas échéant prouver ce que je dis », assure-t-il. De son côté, l’association « Vaincre l’autisme » entend mobiliser les familles d’enfants autistes en organisant le 6 mars à 10 heures une manifestation devant le siège de la HAS. DAVID BILHAUT


16 Février 2012
Guerre ouverte contre la psychanalyse dans le traitement de l’autisme

SOURCE / LE MONDE Dans le douloureux casse-tête qu'est le traitement de l'autisme, la hache de guerre contre la psychanalyse est à nouveau déterrée. Et ceux qui la brandissent ne sont plus seulement des associations de parents militants. La Haute Autorité de santé (HAS), qui doit rendre publiques, le 6 mars prochain, des recommandations très attendues de bonnes pratiques sur l'autisme chez l'enfant et l'adolescent, s'apprête à classer cette approche thérapeutique au rayon des "interventions globales non recommandées ou non consensuelles". Plus qu'un désaveu : une condamnation. C'est un article de Libération, publié lundi 13 février et faisant état d'une version non définitive de ce rapport, qui a mis le feu aux poudres. "L'absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques, ni sur la psychothérapie institutionnelle", peut-on lire dans cette version provisoire. Dans un communiqué publié le jour même, la HAS regrette "que les phrases citées se révèlent hors contexte ou inexactes au regard de la version actuelle du document". Interrogée par Le Monde, elle précisait, jeudi 15 février, ne pas vouloir s'exprimer plus avant sur le sujet. La plus haute instance sanitaire française infléchira-t-elle sa position d'ici la fin du mois, comme le lui demandent de nombreux professionnels de la santé? Si tel n'est pas le cas, il est à craindre que cette exclusion de principe ne mette à terre le fragile consensus qui s'ébauche, depuis quelques années, entre les différents professionnels tentant de soulager cette terrible maladie. TENTATIVE DE MISE AU BAN La mèche avait été allumée il y a quelques semaines à l'Assemblée nationale. Le 20 janvier, le député du Pas-de-Calais (UMP) Daniel Fasquelle déposait une proposition de loi visant "l'arrêt des pratiques psychanalytiques dans l'accompagnement des personnes autistes", au profit exclusif des méthodes éducatives et comportementales, provoquant un tollé parmi les psychiatres. Lesquels étaient soutenus par l'Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), qui estime qu'"interdire une forme d'accompagnement ne sert à rien". Comment en est-on arrivé à ce degré de violence? A la tentative de mise au ban de toute une communauté de cliniciens dans la prise en charge d'une maladie pourtant porteuse de tant de souffrances mentales? Pour comprendre la virulence de la croisade actuelle, il faut retourner un demi-siècle en arrière. A l'époque où l'autisme était considéré comme une psychose infantile provenant, selon la théorie du psychanalyste Bruno Bettelheim, d'une mauvaise relation de la mère à son nouveau-né. Une hypothèse qui a culpabilisé des générations de parents, et que la science estime aujourd'hui largement dépassée : désormais intégré parmi les troubles envahissants du développement (TED) dans la classification internationale des maladies mentales, l'autisme met en jeu, probablement dès la vie fœtale, un mauvais fonctionnement des circuits neuronaux. Parallèlement à cette avancée des connaissances, les enfants atteints de ce lourd handicap ont progressivement bénéficié, en Europe comme en Amérique, de thérapies d'orientation comportementaliste. Sans faire de miracles – car on ne guérit pas de l'autisme –, celles-ci permettent souvent d'améliorer le pronostic et l'intégration sociale. Or la France, de ce point de vue, accuse un net retard. Plus globalement, les capacités d'accueil des enfants atteints de TED y restent notoirement insuffisantes. Le secteur pédo-psychiatrique étant le seul fondé à proposer une prise en charge remboursée par l'assurance-maladie, il a cristallisé la rancœur des parents, pour qui l'accompagnement de leur enfant s'apparente souvent à un douloureux parcours du combattant. La psychanalyse ayant longtemps régné en maître sur la psychiatrie et sur la prise en charge de l'autisme, la tentation était donc grande, pour nombre d'associations, d'accuser cette discipline de tous les maux. De lui reprocher de continuer à culpabiliser les parents, et de freiner la mise en œuvre des thérapies comportementales. Des reproches partiellement fondés: la culture psychanalytique reste vivace en France, et certains praticiens continuent de s'élever violemment contre la répétition d'apprentissages simples sur laquelle sont basés les méthodes Teacch ou ABA, qu'ils qualifient de "dressage". Faut-il pour autant ranimer les conflits? Les porter sur le devant de la scène politique? "Il est urgent de rétablir les équilibres, de privilégier une approche moins hospitalo-centrée et plus axée sur le projet de vie et la citoyenneté, pondère Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des solidarités et de la cohésion sociale. Mais on a besoin de la psychiatrie, de la neuropsychiatrie, et je n'exclus pas l'intérêt de la psychanalyse. Car quand un enfant autiste arrive dans une famille, tout explose." Si le temps de la toute-puissance psychanalytique a vécu, et si la plupart des médecins préconisent désormais une prise en charge éducative et pédagogique, ils rappellent aussi qu'aucun spécialiste n'est mieux placé qu'un pédopsychiatre pour prendre en considération les singularités dont souffrent les enfants autistes: difficultés à comprendre l'autre, à ressentir de l'empathie, à prendre conscience d'eux-mêmes et de leur corps. La Haute Autorité de la santé entendra-t-elle cet argument? "Mon principal souci dans cette histoire, c'est que les choses s'apaisent. Que ce soit pour les professionnels ou pour les parents, le climat actuel est extrêmement malsain. Personne n'y gagne, à commencer par les personnes autistes", déplore le professeur Claude Bursztejn, psychiatre et président de l'Association nationale des centres de ressources autisme. Alors que les recommandations de la HAS se dirigeaient "vers des consensus acceptables pour une grande partie des professionnels, la radicalisation actuelle des positions risque fort, si elles sont maintenues, de les rendre inacceptables par les équipes de pédopsychiatrie, estime-t-il. On peut toujours faire des recommandations, mais encore faut-il que les professionnels du terrain puissent se les approprier". Déclaré Grande cause nationale 2012, l'autisme mérite plus d'égards et de progrès que de règlements de comptes.


16 Février 2012
Autisme : la technique du "packing", enjeu d'un violent conflit

SOURCE / LE MONDE Lille, Envoyée spéciale - Florian s'est déshabillé de lui-même. En maillot de bain dans la petite salle, il est venu s'allonger sur le lit. Céline et Yann, les psychologues qui sont avec lui, entourent doucement ses jambes d'un linge blanc. Puis tout le corps, tête exceptée. Florian, attentif, se laisse emmailloter et recouvrir de couvertures. Les deux thérapeutes s'assoient près de lui, un de chaque côté. Dans la demi-heure suivante, ce grand garçon de 10 ans, diagnostiqué autiste profond, va rire, dialoguer, rire encore, dans un moment d'intense communication et de détente. Au Centre médico-psychologique pour enfants et adolescents du CHRU de Lille, nous venons, cet après-midi de janvier, d'assister à une séance de "packing". Et cela n'a vraiment rien à voir avec une séance de torture. Le packing ? Une technique d'"enveloppements humides" réservée aux cas d'autisme les plus sévères, avec automutilation répétée. Pratiquée par plusieurs dizaines d'équipes en France, elle consiste à envelopper le patient dans des serviettes humides et froides (10 à 15°), puis à induire un réchauffement rapide. Pour ses défenseurs, les séances permettent de lutter contre les "angoisses de morcellement" et facilitent la relation thérapeutique. Pour ses détracteurs, dont les plus virulents sont l'association de parents Vaincre l'autisme, il s'agit d'un "acte de torture". Le symbole maléfique de la prise en charge psychiatrique de l'autisme. La bête à abattre. "HARCÈLEMENT PROFESSIONNEL" "Je me sens remis en cause, calomnié, disqualifié. Pour ma pratique vis-à-vis des enfants que je soigne et de leurs parents, c'est terrible." Le professeur Pierre Delion, chef du service de pédopsychiatrie au CHRU de Lille et premier promoteur du packing en France, s'estime victime d'un "harcèlement professionnel". Reconnu par ses pairs pour son humanisme et son esprit d'ouverture, ce spécialiste de l'autisme devait comparaître, jeudi 16 février, devant le conseil départemental du Nord de l'ordre des médecins, suite à une plainte déposée contre lui par Vaincre l'autisme pour manquement à l'éthique médicale. Une plainte similaire a été déposée à l'encontre du professeur David Cohen, chef du service de psychiatrie enfants et adolescents de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). Leur délit ? Pratiquer le packing quand ils l'estiment nécessaire. Et soutenir le principe d'une recherche scientifique portant sur l'efficacité de cette méthode, menée depuis 2008 dans le cadre d'un programme hospitalier de recherche clinique national (PHRC). Un comité de soutien s'est constitué pour défendre les deux hommes, sous la forme d'une "lettre ouverte au conseil de l'ordre des médecins et aux familles de personnes autistes". Mise en ligne il y a quelques semaines, elle a réuni à ce jour plusieurs milliers de signatures de professionnels de la santé. Révélateur paroxystique du conflit qui oppose les associations de parents au pouvoir médical, le packing va-t-il être jeté avec l'eau de la tempête ? Son efficacité thérapeutique, il est vrai, n'a jamais été prouvée autrement que de façon empirique. C'était précisément l'objet de l'essai clinique lancé en 2008, que le Pr Delion affirme avoir appelé de ses vœux pendant de nombreuses années. Mais cette recherche est devenue, de fait, irréalisable. "Depuis son lancement, il y a eu une telle publicité contre cette technique qu'un certain nombre de collègues et de parents ont refusé d'y participer. On est donc au point mort", se désole le Pr Delion, qui rappelle que "l'alternative à cette technique, ce sont les neuroleptiques à très fortes doses". Dans l'épreuve, il trouve un élément de consolation : "Aucun des parents des enfants sur lesquels j'ai pratiqué ces approches intégratives ne fait partie de cette vendetta. C'est la seule chose qui me réconforte."


14 Février 2012
Autisme : pourquoi les psychanalystes ont perdu

SOURCE : LE NOUVEL OBS Dans un rapport sur la prise en charge de l'autisme, la Haute autorité de Santé devrait recommander d'écarter les approches psychanalytiques. "Libération" le révélait lundi 13 février : les approches psychanalytiques devraient être écartées des recommandations du rapport de la Haute autorité de Santé sur la prise en charge de l’autisme qui doit être rendu public le 6 mars. Pour les parents d’autistes dans leur quasi unanimité, c’est le résultat d’un long combat, d’une action de lobbying suivie et efficace et le sentiment d’être enfin entendus sur les traitements de leurs enfants. Une date. Voila des années qu’ils dénoncent une prise en charge de leurs enfants jugée inadaptée, scandaleuse, et surtout insuffisante. Proposition de loi contre la psychanalyse Un député UMP Daniel Fasquelle a même déposé une proposition de loi visant à interdire l’accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales. Il entend demander aux universités de ne plus évoquer la psychanalyse dans l’enseignement sur l’autisme. Excessive et probablement inefficace- on n’impose pas une vérité par une loi - la démarche est révélatrice de l’échec de la psychanalyse à imposer sa vision du traitement de l’autisme. Les psychanalystes , quant à eux dénoncent , une "croisade", menée contre eux mais il est sans doute trop tard. Ils semblent bel et bien avoir perdu la bataille de l’autisme. Un trouble neurologique, pas un désordre affectif Longtemps l’autisme a été considéré comme un trouble affectif que les psychanalystes entendaient soigner. L’enfant autiste était considéré comme victime de mères pathogènes. Il avait choisi le "retrait" d’un monde trop dur, se retranchait dans une "forteresse vide" comme disait le titre d’un ouvrage du psychanalyste Bruno Bettelheim. C’était dans les années 70. Or en 40 ans, la révolution des neurosciences a totalement changé la donne. Des dizaines de gènes sont en cause dans l’autisme considéré désormais comme un trouble organique. Chaque jour de nouvelles découvertes font émerger les racines biologiques de la maladie. Monopole de la psychanalyse Malgré cela, par conviction ou tradition, La France est l’un des derniers pays à recourir à l’approche freudienne pour soigner l’autisme. La psychanalyse en France a réellement fait progresser la psychiatrie qu’elle continue d’influencer. Sauf que l’approche psychanalytique ne se révèle pas pertinente pour tous les troubles. Beaucoup de soignants continuent de traiter l’autisme comme s’il s’agissait d’un désordre affectif, d’un choix de l’enfant. Comme si les découvertes n’avaient pas radicalement changé les perspectives. Résultat : avec une belle unanimité, les parents dénoncent la manière dont ils sont traités eux et leurs enfants dans nombre de services psychiatriques où on les envoie. Ils se sentent mis en cause, exclus des choix thérapeutiques pour leurs enfants. Pire : dans de nombreux cas, le diagnostic n’a tout simplement pas été formulé, pour ne pas "figer la situation", disent les psys. Certains se sont entendus dire que leur enfant avait une "psychose". Point final. "Les parents de leucémiques auraient droit au diagnostic et pas nous ?" protestent les parents. Pas de thérapies alternatives Les thérapies alternatives qui priment ailleurs dans le monde, surtout en Amérique du Nord ou dans les pays nordiques, sont peu développées en France. Il s’agit de méthodes éducatives basées sur l’entraînement et la répétition. Elles s’appellent ABA, TEACCH, PECS. Elles ne visent pas à guérir l’enfant autiste mais à l’adapter à son environnement. Les psychanalystes l’assimilent à du dressage, certains même aux méthodes barbares du film de Stanley Kubrick, "Orange mécanique". Un parent qui tombe dans des circuits psychiatriques influencés par les théories freudiennes ne se les voit pas proposer. D’où la colère de ceux qui les découvrent par Internet, ou par le bouche à oreille. Car beaucoup de ces parents qui les ont expérimentées les jugent beaucoup plus efficaces pour leurs enfants. "Avec ces méthodes Ils apprennent à parler, être propres, s’habiller" témoignent certains. Ce ne sont bien sûr pas des méthodes miracles, mais pour certains elles fonctionnent. Cette impossibilité de choisir a beaucoup poussé les associations les plus radicales à accentuer leur lobbying anti psy. La bataille du packing Le packing est une vieille technique utilisée en psychiatrie qui consiste à envelopper une personne en grave crise psychotique (automutilation par exemple) dans des linges froids (10 à 15 degrés) avec ensuite un réchauffement avec des draps et des couvertures. Elles sont utilisées dans certains établissements avec certains enfants autistes. Des associations d’autiste, surtout la plus radicale Vaincre l’autisme sont parties en guerre contre le packing, Ils ont porté plainte contre deux médecins, le professeur Pierre Delion, Chef du Service Psychiatrie Enfant et Adolescent du CHRU de Lille, et le professeur David Cohen, chef du Service Psychiatrie Enfant et Adolescent de l’Hôpital de la Pitié Salpétrière à Paris engagés dans une recherche sur le packing validée par le ministère de la Santé. Les deux praticiens ont été ou sont convoqués (la prochaine fois le 16 février) devant leurs Conseils départementaux de l’Ordre des médecins. S’ils sont la cible de cette association, c’est que la psychanalyse a théorisé le packing, sans convaincre: il aiderait le patient à retrouver une "image corporelle", "un sentiment d’entourance", "l’établissement d’une relation avec les soignants qui accompagnent attentivement l’enfant pendant les séances." Les familles d’autistes considèrent qu’il s’agit d’un traitement "inhumain et dégradant", que sa validité n’a pas été démontrée, que les parents ne sont pas consultés. L’enjeu devient politique En attendant le débat divise aussi les politiques. Martine Aubry qui avait parlé dans une lettre à une association de la "terrible pratique du packing", a finalement soutenu le professeur Delion (qui officie à Lille dans sa ville) , et annoncé à propos du packing qu’elle "laissait ce débat aux scientifiques et aux professionnels." Côté UMP , alors que Daniel Fasquelle est parti bille en tête contre la psychanalyse, sa collègue députée de Paris, la pédiatre Edwige Antier lui a fait parvenir une lettre ouverte où elle se désolidarise de sa position : Laisser croire que les pratiques psychanalytiques sont utilisées au détriment des accompagnements comportementalistes des patients est un procès extrêmement dangereux faits aux pédopsychiatres des CHU(…) . Je trouve très aggravant d’alimenter, par une proposition de loi, le procès d’intention fait à de grands médecins qui vouent leur vie à la recherche et au soulagement de ces souffrances."La cristallisation du débat sur l’autisme entre "pro" et "anti-psychanalyse" risque de faire oublier la grande misère de la prise en charge des autistes. De passer sous silence que nombre de parents démunis, faute de places en France, vont en Belgique où de l’autre côté de la frontière, les établissements se sont multipliés. Que les établissements pour autistes sont souvent portés à bout de bras par des associations elles-mêmes créées par des parents. En matière de handicap, la France a encore beaucoup à faire.


13 Février 2012
Autisme: la psychanalyse désavouée par la Haute autorité de santé

SOURCE : L'EXPRESS Dans un rapport à paraître le 6 mars, la HAS a désavoué la psychanalyse dans le traitement de l'autisme. La présidente de la principale association de parents d'enfants autistes, Danièle Langloys, se félicite de cet avis. La prise de position de la Haute autorité de santé (HAS) sur les méthodes adéquates pour accompagner les enfants autistes était très attendue. Ses "recommandations de bonne pratique " seront rendues publiques le 6 mars, mais le quotidien Libération en a révélé aujourd'hui le point clé: "L'absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques, ni sur la psychothérapie institutionnelle". Ainsi, le groupe de travail réuni par la HAS classe la psychanalyse parmi les "interventions globales non recommandées ou non consensuelles". En des termes prudents, il désavoue très clairement ce mode d'intervention, toujours utilisé en France auprès des enfants autistes, alors qu'il ne figure dans aucune recommandation internationale. Les conclusions de la HAS ne constituent pas une interdiction de la psychanalyse, puisque les "recommandations de bonne pratique" ne sont pas opposables sur le plan juridique. Mais elles constituent une référence, quant à l'exercice approprié de la médecine, et les magistrats les prennent en compte lorsque des affaires sont portées devant les tribunaux. Sollicitée par L'Express, la présidente de la principale fédération d'association de parents d'enfants autistes, Autisme France, Danièle Langloys, salue "l'objectivité" de la HAS. "Le désaveu de la psychanalyse est une victoire acquise de haute lutte", ajoute-t-elle. Deux écoles s'affrontent Il s'agit en effet d'un tournant historique, dans la prise en charge des troubles envahissants du développement (TED), une dénomination regroupant les difficultés de communication apparaissant dès l'enfance, dont l'autisme. Car deux écoles s'affrontent, en France, dans une guerre totale qui perdure depuis des années. D'un côté, les psychiatres d'obédience psychanalytique, vilipendés sur les forums de discussion fréquentés par les parents sous le diminutif vengeur de "psykk". Ils considèrent l'autisme comme un problème psychique causé par une mauvaise relation avec la famille, la mère en particulier, bien que ces théories aient été invalidées par les neurosciences. De l'autre, les psychiatres et psychologues qui défendent les nouvelles méthodes éducatives et comportementale utilisées à l'étranger. Il existe en effet un consensus international pour définir l'autisme comme un handicap, dans lequel les capacités à échanger avec l'entourage sont altérées, et qu'on peut compenser. Ces équipes, encore trop peu nombreuses, comptent d'ailleurs sur l'avis de la HAS pour convertir leurs pairs. Ains, le Dr Nadia Chabane, pédopsychiatre à l'hôpital Robert Debré, à Paris, responsable du pôle autisme depuis 1996, estime que celui-ci clarifie la situation. " Les prises en charge comportementales et éducatives fonctionnent bien, confirme-t-elle. Il faut que l'information passe dans toutes les structures qui interviennent auprès d'enfants autistes". Les parents, eux, se rangent massivement dans le deuxième camp. En tout cas, ceux qui ont rejoint les associations, nombreuses, pour que l'autisme soit mieux pris en charge. La présidente d'Autisme France, Danièle Langloys, a fait partie du groupe de travail qui a élaboré les recommandations de la HAS. Pour cette femme de 62 ans, dont le fils autiste a aujourd'hui 27 ans, la lutte est plus que jamais d'actualité. "Les psychiatres psychanalystes ont fait la guerre aux familles pendant trente ans, s'indigne-t-elle. Il était grand temps de les contrer". Et d'ajouter: "Beaucoup de parents, trop isolés, ne connaissent pas leurs droits et sont encore terrorisés à l'idée de s'opposer aux médecins qui suivent leur enfant. Mais la nouvelle génération, mieux informée, est plus radicalisée que la précédente. Elle est entrée en résistance et défend le libre choix, quant à la manière d'éduquer les enfants". Elle conclut: "Chacun pense ce qu'il veut de la psychanalyse, ce n'est pas notre propos, mais elle n'a rien à faire dans le champ de l'autisme". Jusqu'ici, les parents militants dans les associations passaient souvent pour des extrémistes, dont la détresse expliquerait la virulence des propos. La position de la HAS lève cette ambiguïté.


13 Février 2012
Autisme : les psys réduits au silence

SOURCE : LIBERATION Dans un rapport à paraître que «Libération» s’est procuré, la Haute Autorité de santé retoque les pratiques psychanalytiques. Une première. Il faut aller chercher la petite bête. Elle se niche page 27 du rapport de la Haute Autorité de santé (HAS) sur les recommandations de bonne pratique dans la prise en charge de l’autisme, qui sera rendu public le 8 mars, et que Libération s’est procuré. Les mots sont pesés : sous le titre «Interventions globales non recommandées ou non consensuelles», les experts de la HAS écrivent : «L’absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques, ni sur la psychothérapie institutionnelle.» «Archaïque». L’air de rien, c’est une véritable bombe clinique. La plus haute instance sanitaire française ferme la porte à la psychanalyse dans la prise en charge de l’autisme.Une prise de position inédite : de Bruno Bettelheim à Françoise Dolto, de Jacques Lacan à Maud Mannoni, la psychanalyse a toujours eu un rôle clé pour tenter de comprendre cette énigme humaine, et aider ces enfants - puis ces adultes - comme absents de toute communication, qui se taisent, se replient, sujets parfois à de terribles automutilations. Et voilà que la psychanalyse, théorie de la parole, se voit condamnée au silence. «Catastrophique», «révisionniste», «archaïque» : les qualificatifs ne manquent pas dans la planète psy pour dénoncer cette position des experts de la HAS. «C’est comme si on adoptait collectivement une démarche autiste. Comme si on décrétait la fin de l’inconscient», lâche le responsable d’un centre de ressources sur l’autisme. Et ce n’est pas tout : la méthode clinique du packing est, elle, «interdite» : la pratique consiste à enrouler dans un drap humide un enfant, puis à accompagner à plusieurs son réchauffement. «Après avis juridique, la Haute Autorité de santé a souhaité affirmer son opposition formelle à l’utilisation de cette pratique.» Là encore, c’est un coup d’arrêt à une démarche certes peu courante, mais symbolique, effectuée par des équipes de pédopsychiatrie, avec une «formation analytique». «C’est une déclaration de guerre, réagit fermement ce pédopsychiatre. Des réseaux influents ont réussi à durcir la dernière version du texte final de la HAS.» culpabilisés. La HAS savait, pourtant, que ses recommandations étaient attendues, l’autisme étant devenu, depuis quelques années, un champ de bataille. Des associations de parents, se sentant maltraités et culpabilisés à outrance, ont lancé une offensive. Avec pour seul objectif : casser tout lien entre autisme et psychiatrie. Dans son rapport, la Haute Autorité de santé a choisi. Reconnaissant que la quasi-totalité des prises en charge ne sont pas évaluées, elle a décidé néanmoins d’en exclure certaines. Quitte à mettre le feu dans un univers qui a pourtant sacrément besoin d’écoute et d’accompagnement.


13 Février 2012
Autisme : la psychanalyse à demi désavouée par les autorités

SOURCE : RUE89 La fuite ce lundi dans Libération d'une version non définitive du rapport de la Haute autorité de santé (HAS) sur les recommandations de bonne pratique dans la prise en charge de l'autisme fait l'effet d'une bombe dans la « guerre » entre parents et psychanalystes. A en croire Libé, la HAS s'apprête à écrire, au chapitre « Interventions globales non recommandées ou non consensuelles » de ses recommandations, qui doivent être rendues publiques le 6 mars : « L'absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques, ni sur la psychothérapie institutionnelle. » Une révolution potentielle (« la fin de l'inconscient », dit un responsable d'un centre de ressources sur l'autisme, cité par Libération), alors que la prise en charge des autistes est largement dans les mains des psychiatres-psychanalystes en France. Sauf que le paragraphe sera certainement modifié, a indiqué à l'APM le directeur de la HAS, Dominique Maigne, afin d'être « mieux contextualisé », précisant que « ce qui est non consensuel ne veut pas dire non recommandé ». Un effet du courrier immédiatement envoyé par la Société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (SFPEADA) contre ce virage ? Un enjeu électoral et commercial Le gouvernement, qui a déclaré l'autisme grande cause nationale 2012, semble finalement vouloir développer les méthodes comportementales (telles que ABA ou Teacch, très répandues notamment outre-Atlantique et en Belgique), que réclament les parents, et qui sont dispensées par des éducateurs et des psychologues comportementalistes. « Les psychiatres, tenant de l'approche psychanalytique, craignent une remise en cause de leur pré-carré, car ce sont eux qui ont la mainmise sur le diagnostic des enfants et les structures de prise en charge », remarquent les parents-militants. « C'est le retour de la haine et de l'idéologie », dénonce Bernard Golse, chef de service en pédopsychiatrie à l'hôpital Necker enfants malades (Paris), joint ce lundi par Rue89. Celui qui avait co-signé une tribune répondant à la mise en cause des psychanalystes dans le film « Le Mur » (dont la réalisatrice Sophie Robert a été condamnée par la justice), ajoute : « L'autisme est devenu un enjeu électoral et commercial. Je crains que la Haute autorité de santé ne sorte de son rôle et cède au lobbying des associations de parents. » Vers un caviardage du rapport de la HAS ? L'enjeu de ces recommandations ? Dire si ce handicap est, pour simplifier, une « psychose infantile » liée à une mauvaise relation à la mère et qui se soigne par la psychanalyse, ou un trouble envahissant du développement (TED), d'origine neurologique et qui peut reculer par des techniques éducatives. Nombre de parents, comme Laurent Alt (qui avait lancé le débat en témoignant sur Rue89), se demandent si la fuite dans la presse n'est pas organisée afin de faire pression sur les membres du groupe de travail de la HAS, au stade de la relecture finale. Il raconte : « Nous parents prions tous pour qu'elle ne soit pas caviardée au dernier moment par les psychanalystes. Si ce n'est pas le cas, moi, je sors le champagne car finalement, mon fils aura peut-être un avenir dans ce pays. » Déjà en 2004, un rapport de l'Inserm sur l'efficacité des psychothérapies, avait été retirée du site du gouvernement après intervention de ce que la psychiatre et directrice de recherche à l'Inserm Monica Zilbovicius avait appelé « la vieille école française de pédopsychiatrie, gardienne d'une classification française de l'autisme qui ne correspond pas aux classifications internationales ». Pour une prise en charge « multidimensionnelle » Loin de mettre un point final à cette bagarre, la Haute autorité de santé risque de monter les psychiatres contre l'Etat, et d'attiser la haine des parents contre la psychanalyse. Bernard Golse, de l'hôpital Necker, prévient déjà : « Si la psychothérapie institutionnelle n'est pas recommandée, ça ne veut pas dire qu'elle est interdite. L'Etat ne peut nous dicter nos modes de pensée. » Mais, l'air de rien, les psychiatres sont peut-être en train d'évoluer. Le discours de Bernard Golse le laisse penser : « Nous affirmons la nécessité d'une prise en charge multidimensionnelle qui mêle l'approche psychothérapeutique (psychanalytique ou pas), l'éducatif (technique ABA et autres) et le rééducatif (rééducation psychomotrice et orthophoniste). Mettre un enfant en psychothérapie ce n'est pas chercher des coupables mais chercher à comprendre son monde interne, comment il vit, c'est une science narrative. » Les parents qui se disent victimes de la psychanalyse estiment que ces psys ont « dilué leur discours car ils se rendent compte que le vent est en train de tourner ». Ils espèrent voir adopter la proposition de loi du député UMP Daniel Fasquelle visant carrément à interdire l'accompagnement psychanalytique des autistes.


27 Janvier 2012
Le documentaire « Le Mur » sur l'autisme est interdit tel quel

L'affaire avait enflammé les milieux psychanalytiques et mobilisé les associations de parents d'autistes. Hier, le tribunal de Lille a tranché. Il a fait droit à la demande de trois psychanalystes, interviewés dans le documentaire de Sophie Robert, qui s'estimaient ridiculisés et affirmaient que les propos avaient été tronqués et dénaturés dans leur sens. Les juges qui avaient fait saisir les rushs de la documentariste ont donc pu visionner l'intégralité des interviews et ont motivé leur décision après avoir « constaté que les extraits (...) portent atteinte à leur image et à leur réputation en ce que le sens de leur propos est dénaturé ». Les extraits des interviews des trois plaignants doivent donc être supprimés du film. Comme ils en constituent une part importante, « cela revient à ce que "Le Mur" est interdit en l'état », estime Me Benoît Titran, l'avocat de Sophie Robert pour qui, du coup, « sur le fond, cela veut dire qu'il ne peut plus y avoir de documentaires portant un regard polémique sur des sujets complexes » . Les juges lillois ont également noté dans leurs motivations que certains extraits caricaturent la complexité de la pensée développée par les psychanalystes. Ainsi, par exemple, pour M. Stevens, un des plaignants, ils estiment, au vu de l'interview intégrale visionnée, que Sophie Robert n'a retenu que des déclarations trop tranchées sur le rôle des parents dans les causes de l'autisme « alors qu'il affiche une position très nuancée sur ce sujet ». Pour Me Titran, « c'est le principe même du montage qui est mis en question ». Le documentaire, diffusé par plusieurs sites associatifs sur Internet, doit être retiré de la toile tant qu'il n'a pas été expurgé des propos contestés. Une astreinte de 100 euros par jour de retard est prévue. Me Benoît Titran qui annonçait, dès hier, son intention de faire appel va demander que l'exécution immédiate de la décision judiciaire soit suspendue. Ce qui, reconnaît-il, « n'est pas facile à obtenir ». Immense déception La réalisatrice et sa société de production ont aussi été condamnées à payer aux trois plaignants 19 000 euros de dommages et intérêts « en réparation du préjudice résultant de l'atteinte portée à leur image et à leur réputation ». Plus 9 000 euros pour la publication du dispositif de la décision dans trois revues choisies par les plaignants, et 6 000 euros pour les frais de justice. Arnaud Ripert, président pour le Nord de Pas à Pas, une association de parents d'autistes, qualifie ce jugement « d'immense déception car, pour la première fois, un film montrait ce que les parents vivent, à savoir que la psychanalyse ne permet pas aux enfants autistes d'avancer ».


27 Janvier 2012
Un documentaire sur l’autisme condamné

SOURCE : LIBERATION Si elle n’a pas ridiculisé la psychanalyse, elle a cependant «dénaturé les propos» de psychanalystes éminents. La documentariste Sophie Robert a été condamnée hier par la chambre civile du tribunal de Lille à leur payer 30 000 euros de dommages et intérêts, et surtout, de retirer les extraits d’interviews concernées de son film le Mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme. «Ce qui revient à dire que le film est interdit», s’insurge l’avocat de la réalisatrice, Me Benoît Titran.


27 Janvier 2012
«Le Mur», documentaire sur l’autisme, interdit par la justice

SOURCE : FRANCE TV / CULTURE BOX Suite à une plainte de trois psychanalystes interrogés dans le document, le film controversé de Sophie Robert a été interdit en l'état, la justice réclamant le retrait d’extraits dans lesquels ils apparaissent. «Le Mur» entend prouver «l'absurdité» de l'approche de l’autisme par la psychanalyse. Il défend au contraire des méthodes dites comportementalistes. Lors de l’audience du 8 décembre, l'avocat des plaignants, Me Christian Charrière-Bournazel, avait dénoncé «une entreprise polémique destinée à ridiculiser la psychanalyse", dans une salle pleine à craquer de parents d'enfants autistes, venus soutenir la documentariste Sophie Robert. Des propos «dénaturés», selon les plaignants Jeudi, le tribunal de Lille a «constaté que les extraits d'interviews» des psychanalystes de renom «Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens (...) portent atteinte à leur image et à leur réputation en ce que le sens de leur propos est dénaturé». En conséquence, les extraits incriminés «doivent être supprimés». Selon l'avocat de la documentariste Sophie Robert, Me Benoît Titran, une telle mesure équivaut à ce que «le film soit interdit en l'état». Du coup, «il n'y a plus de film», a-t-il souligné. La décision, qui prend effet immédiat, aura pour conséquence que "Le Mur" soit retiré d'internet (il y est présenté sur le site de l'association Autistes sans frontières notamment) tant qu'il n'aura pas été remanié. Avec une astreinte de 100 euros par jour de retard. Le tribunal a noté que certains des extraits des entretiens avec les psychanalystes étaient parfois précédés, dans le montage final, de questions différentes de celles posées lors de l'enregistrement. Selon lui, certains extraits brefs ne rendent pas compte de la complexité du point de vue du psychanalyste interrogé. Les coupures du montage peuvent aboutir à rendre contradictoires certains extraits avec des opinions détaillées plus tôt dans l'interview. «Michael Moore serait interdit en France !», déplore la défense «A ce prix-là, n'importe quel documentaire monté peut être interdit. Le documentariste n'a plus le droit de porter un regard dans son montage», a commenté Me Titran, qui devait faire appel. «Le travail de montage est mis en cause. Avec une telle jurisprudence, Michael Moore (réalisateur américain de documentaires très engagés, ndlr) est interdit de film en France !» Par ailleurs, la réalisatrice et sa société de production ont été condamnées à payer aux trois plaignants 19.000 euros de dommages et intérêts «en réparation du préjudice résultant de l'atteinte portée à leur image et à leur réputation», selon le jugement. S'y ajoutent 9000 euros pour la publication du dispositif de la décision dans trois revues choisies par les plaignants, et 6000 euros pour les frais de justice. «Cela fait peser un danger économique réel sur la société de production et la réalisatrice», a souligné Me Benoît Titran. Autisme : deux thèses s'opposent Dans le documentaire, des psychanalystes attribuent une origine psychique à l'autisme, qui pourrait être la conséquence d'une dépression maternelle ou d'un refus de l'apport masculin pour la conception. Certains parlent de mère «psychogène", de «stade de folie transitoire» de la mère, voire de «désir incestueux». Le film de Sophie Robert oppose cette vision à des méthodes comportementales appliquées par certaines familles, basées sur des recherches qui estiment que l'autisme est d'origine génétique. Par conséquent, il «participe au débat public» sur le sujet, avait plaidé le 8 décembre Me Titran, l'avocat de la réalisatrice. «La médecine officielle envoie les familles vers des psychiatres qui sont très souvent des analystes», avait expliqué de son côté Arnaud Ribert, porte-parole d'un collectif d'associations, qui demandait alors que le documentaire «soit largement diffusé pour que les parents puissent avoir le libre choix de la prise en charge de leur enfant». Toujours lors de l'audience de décembre, la psychanalyste Esthela Solano-Suarez avait reproché au film de tenter de montrer que les traitements psychanalytiques de l'autisme étaient «passéistes et que (les praticiens) culpabilisaient les parents».


27 Janvier 2012
Autisme : le documentaire « Le Mur » condamné par la justice

SOURCE : RUE 89 Les psychanalystes ont gagné une bataille contre les parents d'enfants autistes soutenant la réalisatrice du documentaire « Le Mur ». Mais la guerre n'est pas finie. Sophie Robert fait appel du jugement rendu ce jeudi 26 janvier par le tribunal de grande instance de Lille, annonce son avocat Benoît Titran. Trois psychanalystes interrogés dans son film la poursuivaient pour « atteinte à l'image et à la réputation ». Ils estimaient que les propos qu'elle avait retenus dans son documentaire, une charge contre le traitement psychanalytique de l'autisme, avaient été « dénaturés ». Le juge leur a donné raison. Sophie Robert est condamnée à leur verser un total de 19 000 euros, et à retirer les extraits des interviews du film, ce qui équivaut à une interdiction du film. La réalisatrice et productrice devra également payer 9 000 euros pour la publication du dispositif de la décision dans trois revues choisies par les plaignants, et 6 000 euros pour les frais de justice. « Remise en cause de tout travail documentaire » Me Benoît Titran, estomaqué par la décision du tribunal, estime cette décision de justice « dangereuse pour la liberté d'informer » : « Ce qui est critiqué c'est le principe même du travail de montage, ça remet en question n'importe quel travail de documentaire. Les psychanalystes interviewés se sont piégés eux mêmes dans leurs réponses, elle ne les a pas piégés ». Dans le jugement de douze pages, que Rue89, a pu consulter, le tribunal fonde sa décision sur une comparaison entre les rushes qui avaient été saisis, donc les interviews initiales, et le documentaire tel qu'il a été monté. Exemples : •Sur les causes de l'autisme, Sophie Robert « laisse faussement apparaître que pour Alexandre Stevens les parents sont désignés comme responsables ou fautifs ». Dans l'interview intégrale,le psychanalyste est plus nuancé : « parfois, quand la mère est déprimée, enceinte, ou à la naissance, ça peut parfois [arriver], l'enfant peut être autiste et parfois pas ». •Sur l'apport des neurosciences, le tribunal estime que les propos d'Eric Laurent ont été tronqués. A un moment de l'interview, il déclare : « la description de nous-mêmes comme mécanisme biologique se complexifie des hypothèses amenées par les neurosciences, par la biologie fondamentaler, par tel chercheur, telle équipe, etc, nous les commentons (...) ». Le tribunal estime donc qu'« il ne peut être retenu de ces propos que le demandeur serait dans le refus des connaissances scientifiques actuelles ». La réalisatrice est actuellement à Philadelphie, aux États-Unis, où elle a été invitée par l'association internationale ABAI, promoteur des méthodes cognitivo-comportementales, à présenter son film.


27 Janvier 2012
Un film sur l'autisme interdit

SOURCE : LE FIGARO Le film controversé sur l'autisme Le Mur, qui veut prouver "l'absurdité" de l'approche de cette maladie par la psychanalyse et vante au contraire des méthodes dites comportementalistes, a été interdit en l'état aujourd'hui après une plainte de certains psychanalystes interrogés dans ce documentaire. Le tribunal de Lille a "constaté que les extraits d'interviews" des psychanalystes de renom "Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens (...) portent atteinte à leur image et à leur réputation en ce que le sens de leur propos est dénaturé", affirme le jugement. Les extraits de ces interviews qui figurent dans le film "doivent être supprimés", ajoute ce jugement, ce qui revient selon l'avocat de la documentariste Sophie Robert, Me Benoît Titran, à ce que "le film soit interdit en l'état". "Il n'y a plus de film", a-t-il souligné. Car la décision, qui prend effet immédiat, aura pour conséquence que Le Mur doit être retiré d'internet --où il est présenté sur le site de l'association Autistes sans frontières notamment-- tant qu'il n'aura pas été remanié, et cela sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Le tribunal relève que certains des extraits des entretiens avec les psychanalystes sont parfois précédés, dans le montage final, de questions différentes de celles posées lors de l'enregistrement. Il considère aussi que certains extraits --il s'agit parfois de quelques mots-- ne rendent pas compte de la complexité du point de vue du psychanalyste interrogé, et que les coupures du montage ont pour conséquence que certains extraits sont en contradiction avec des opinions détaillées plus tôt dans l'interview. "A ce prix-là, n'importe quel documentaire monté peut être interdit. Le documentariste n'a plus le droit de porter un regard dans son montage", a commenté Me Titran, qui va faire appel. "Le travail de montage est mis en cause. Avec une telle jurisprudence, (le réalisateur américain de documentaires engagés) Michael Moore est interdit de film en France", a-t-il regretté. Par ailleurs, la réalisatrice et sa société de production ont été condamnés à payer aux trois plaignants 19.000 euros de dommages et intérêts "en réparation du préjudice résultant de l'atteinte portée à leur image et à leur réputation", selon le jugement. S'y ajoutent 9000 euros pour la publication du dispositif de la décision dans trois revues choisies par les plaignants, et 6.000 euros pour les frais de justice. "Cela fait peser un danger économique réel sur la société de production et la réalisatrice", a souligné MeTitran. L'avocat des plaignants, Me Christian Charrière-Bournazel, n'était pas disponible dans l'immédiat pour commenter cette décision. Il avait dénoncé, lors de l'audience qui s'était tenue le 8 décembre, "une entreprise polémique destinée à ridiculiser la psychanalyse", devant une salle pleine à craquer de parents d'enfants autistes, venus soutenir Sophie Robert.


27 Janvier 2012
Un documentaire sur l'autisme interdit

SOURCE : L'EXPRESS La justice a condamné la documentariste Sophie Robert qui dénonçait le traitement des enfants autistes par la psychanalyse. Mais la polémique a servi la cause du film. Le tribunal de grande instance de Lille a rendu sa décision, le 26 janvier, dans l'affaire du documentaire Le Mur, dénonçant le traitement de l'autisme par la psychanalyse. Il a donné raison à trois des psychanalystes interviewés. La justice a en effet estimé que les extraits des entretiens donnés par Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens, membres de l'Ecole de la cause freudienne fondée par Jacques Lacan, "portent atteinte à leur image et à leur réputation en ce que le sens de leur propos est dénaturé". Le jugement, rendu selon une procédure d'urgence, demande que les passages incriminés soient supprimés du film de 52 mn. Cela implique que celui-ci soit retiré du site internet de l'association Autistes sans frontières, où on peut actuellement le visionner. La documentariste Sophie Robert est en outre condamnée par le tribunal à verser 34 000 euros au titre des dommages et intérêts et de différents frais. Me Benoît Titran, l'avocat de la documentariste, a annoncé son intention de faire appel du jugement, qui prend application immédiatement. La documentariste s'est exprimée depuis les Etats-Unis lors d'une conférence de presse diffusée sur internet peu après que le verdict ait été rendu. Elle a dénoncé "la dérive sectaire du mouvement psychanalytique français et son emprise sur la société française", précisant toutefois que "tous les psychanalystes ne sont pas concernés par cette dérive et que certains, au contraire, la dénoncent". Elle a annoncé qu'elle prépare actuellement un deuxième volet à sa série sur la psychanalyse. Celui-ci ne portera pas sur l'autisme mais sur la théorie sexuelle, a-t-elle expliqué, pour montrer "la vision très spécifique de la sexualité dans la psychanalyse, pour laquelle la sexualité explique tous les troubles psychiques". Le Mur intéresse au-delà des frontières Par leur action en justice contre le documentaire, les trois plaignants ont largement contribué à faire connaître ce film, au départ confidentiel. A sa sortie au mois de septembre 2011, son audience se limitait au milieu associatif regroupant les parents d'enfants autistes. S'il est parfaitement visible par le grand public, le documentaire exige en effet du spectateur une certaine motivation, car les psychanalystes s'y expriment dans leur langage et manient des concepts souvent abscons. Mais les passions que Le Mur a déchaînées ont finalement suscité l'intérêt au-delà des frontières de l'Hexagone. Le quotidien américain The New York Times a consacré un long article à l'affaire le 19 janvier. Et une version courte de 30 mn du Mur, doublée en anglais mais non censurée, doit être projetée le 27 avril à Philadelphie, aux Etats-Unis, lors d'une conférence internationale sur l'autisme organisée par l'association promouvant la méthode comportementale ABA. En France, le député UMP Daniel Fasquelle a annoncé le 20 janvier son intention de déposer rapidement une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales.


20 Janvier 2012
Autisme: un député UMP veut interdire l'accompagnement psychanalytique

PARIS, 20 janvier 2012 (AFP) - Le député UMP Daniel Fasquelle va déposer vendredi sur le bureau de l'Assemblée une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales, a-t-il indiqué à l'AFP. "Pour aider ces personnes à s'en sortir, la France ne peut plus continuer à cautionner et financer les pratiques de type psychanalytique dans le traitement de l'autisme", affirme le député, qui cite le chiffre d'un enfant sur 100 en France affecté par des "troubles du spectre autistique". On estime qu’il y a en France plus de 400.000 personnes atteintes de syndrome autistique au sens large, selon la Haute autorité de santé (HAS). L'autisme a été désigné "grande cause nationale" 2012. "Je m'indigne en constatant qu'en France ce sont les pratiques psychanalytiques généralisées dans nos établissements hospitaliers et médico-sociaux qui sont financées par l'Assurance Maladie", explique le député du Pas-de-Calais dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi. M. Fasquelle ajoute que "l'approche psychanalytique a été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux au profit de méthodes éducatives et comportementales". La psychanalyse "ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d'autisme", écrit le député, alors que l'apport de "certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales) a été démontré dans plusieurs études". Selon le député, une étude est en cours au Conseil économique social et environnemental sur "le coût économique et social de l'autisme en France" et qui "devrait permettre de pointer le coût induit par la mauvaise prise en charge et démontrer la nécessité d'un accompagnement éducatif et comportemental, le plus précocement possible". La France manque toujours de places d'accueil pour les personnes atteintes de troubles autistiques, surtout pour les adultes, selon un bilan du plan autisme 2008-2010 publié la semaine dernière par Valérie Létard, sénatrice et ancienne secrétaire d'Etat à la Solidarité.


20 Janvier 2012
« Autisme : un député UMP veut interdire l'accompagnement psychanalytique »

SOURCE : Les Echos « le député UMP Daniel Fasquelle va déposer [aujourd’hui] sur le bureau de l'Assemblée une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales ». Le député du Pas-de-Calais a ainsi déclaré : « Pour aider ces personnes à s'en sortir, la France ne peut plus continuer à cautionner et financer les pratiques de type psychanalytique dans le traitement de l'autisme ». Daniel Fasquelle a ajouté que « l'approche psychanalytique a été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux au profit de méthodes éducatives et comportementales. [Elle] ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d'autisme, [tandis que l'apport de] certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales) a été démontré dans plusieurs études ». Les Echos note que « selon le député, une étude est en cours au Conseil économique social et environnemental sur "le coût économique et social de l'autisme en France" et qui "devrait permettre de pointer le coût induit par la mauvaise prise en charge et démontrer la nécessité d'un accompagnement éducatif et comportemental, le plus précocement possible" ».


20 Janvier 2012
Autisme: un député UMP veut interdire l'accompagnement psychanalytique

Le député UMP Daniel Fasquelle va déposer vendredi sur le bureau de l'Assemblée une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales, a-t-il indiqué à l'AFP. "Pour aider ces personnes à s'en sortir, la France ne peut plus continuer à cautionner et financer les pratiques de type psychanalytique dans le traitement de l'autisme", affirme le député, qui cite le chiffre d'un enfant sur 100 en France affecté par des "troubles du spectre autistique". On estime qu'il y a en France plus de 400.000 personnes atteintes de syndrome autistique au sens large, selon la Haute autorité de santé (HAS). L'autisme a été désigné "grande cause nationale" 2012. "Je m'indigne en constatant qu'en France ce sont les pratiques psychanalytiques généralisées dans nos établissements hospitaliers et médico-sociaux qui sont financées par l'Assurance Maladie", explique le député du Pas-de-Calais dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi. M. Fasquelle ajoute que "l'approche psychanalytique a été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux au profit de méthodes éducatives et comportementales". La psychanalyse "ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d'autisme", écrit le député, alors que l'apport de "certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales) a été démontré dans plusieurs études". Selon le député, une étude est en cours au Conseil économique social et environnemental sur "le coût économique et social de l'autisme en France" et qui "devrait permettre de pointer le coût induit par la mauvaise prise en charge et démontrer la nécessité d'un accompagnement éducatif et comportemental, le plus précocement possible". La France manque toujours de places d'accueil pour les personnes atteintes de troubles autistiques, surtout pour les adultes, selon un bilan du plan autisme 2008-2010 publié la semaine dernière par Valérie Létard, sénatrice et ancienne secrétaire d'Etat à la Solidarité.


20 Janvier 2012
Autisme: un député UMP veut interdire l'accompagnement psychanalytique

SOURCE / LE NOUVEL OBS Le député UMP Daniel Fasquelle va déposer vendredi sur le bureau de l'Assemblée une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales, a-t-il indiqué à l'AFP. "Pour aider ces personnes à s'en sortir, la France ne peut plus continuer à cautionner et financer les pratiques de type psychanalytique dans le traitement de l'autisme", affirme le député, qui cite le chiffre d'un enfant sur 100 en France affecté par des "troubles du spectre autistique". On estime qu’il y a en France plus de 400.000 personnes atteintes de syndrome autistique au sens large, selon la Haute autorité de santé (HAS). L'autisme a été désigné "grande cause nationale" 2012. "Je m'indigne en constatant qu'en France ce sont les pratiques psychanalytiques généralisées dans nos établissements hospitaliers et médico-sociaux qui sont financées par l'Assurance Maladie", explique le député du Pas-de-Calais dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi. M. Fasquelle ajoute que "l'approche psychanalytique a été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux au profit de méthodes éducatives et comportementales". La psychanalyse "ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d'autisme", écrit le député, alors que l'apport de "certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales) a été démontré dans plusieurs études". Selon le député, une étude est en cours au Conseil économique social et environnemental sur "le coût économique et social de l'autisme en France" et qui "devrait permettre de pointer le coût induit par la mauvaise prise en charge et démontrer la nécessité d'un accompagnement éducatif et comportemental, le plus précocement possible". La France manque toujours de places d'accueil pour les personnes atteintes de troubles autistiques, surtout pour les adultes, selon un bilan du plan autisme 2008-2010 publié la semaine dernière par Valérie Létard, sénatrice et ancienne secrétaire d'Etat à la Solidarité.


20 Janvier 2012
Autisme: un député UMP veut interdire l'accompagnement psychanalytique

SOURCE / L'EXPRESS PARIS - Le député UMP Daniel Fasquelle va déposer vendredi sur le bureau de l'Assemblée une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales, a-t-il indiqué à l'AFP. "Pour aider ces personnes à s'en sortir, la France ne peut plus continuer à cautionner et financer les pratiques de type psychanalytique dans le traitement de l'autisme", affirme le député, qui cite le chiffre d'un enfant sur 100 en France affecté par des "troubles du spectre autistique". On estime qu'il y a en France plus de 400.000 personnes atteintes de syndrome autistique au sens large, selon la Haute autorité de santé (HAS). L'autisme a été désigné "grande cause nationale" 2012. "Je m'indigne en constatant qu'en France ce sont les pratiques psychanalytiques généralisées dans nos établissements hospitaliers et médico-sociaux qui sont financées par l'Assurance Maladie", explique le député du Pas-de-Calais dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi. M. Fasquelle ajoute que "l'approche psychanalytique a été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux au profit de méthodes éducatives et comportementales". La psychanalyse "ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d'autisme", écrit le député, alors que l'apport de "certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales) a été démontré dans plusieurs études". Selon le député, une étude est en cours au Conseil économique social et environnemental sur "le coût économique et social de l'autisme en France" et qui "devrait permettre de pointer le coût induit par la mauvaise prise en charge et démontrer la nécessité d'un accompagnement éducatif et comportemental, le plus précocement possible". La France manque toujours de places d'accueil pour les personnes atteintes de troubles autistiques, surtout pour les adultes, selon un bilan du plan autisme 2008-2010 publié la semaine dernière par Valérie Létard, sénatrice et ancienne secrétaire d'Etat à la Solidarité.


20 Janvier 2012
Proposition de loi visant à faire disparaître la psychanalyse de la prise en charge de l’autisme

SOURCE / JOURNAL INTERNATIONAL DE MEDECINE La prégnance de l’approche psychanalytique dans la prise en charge de l’autisme en France, qui fait figure d’exception parmi tous les pays occidentaux, est l’objet de débats récurrents entre professionnels et associations. Le député UMP Daniel Fasquelle souhaite y mettre un terme définitif grâce à une proposition de loi déposée aujourd’hui qui vise purement et simplement à interdire « l’accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales ». « Je m'indigne en constatant qu'en France ce sont les pratiques psychanalytiques généralisées dans nos établissements hospitaliers et médico-sociaux qui sont financées par l'Assurance Maladie », explique le député du Pas-de-Calais dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi.


20 Janvier 2012
Autisme: Un député UMP veut interdire l'accompagnement psychanalytique

SOURCE / 20 MINUTES SANTE - Il prône au contraire des méthodes comportementales et éducatives, dont l'apport «a été démontré dans plusieurs études»... Le débat sur le traitement et le suivi des personnes autistes fait rage en France entre psychanalystes, associations et familles. Un député UMP, Daniel Fasquelle, prend parti et va déposer ce vendredi sur le bureau de l'Assemblée une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales, a-t-il indiqué à l'AFP. «Pour aider ces personnes à s'en sortir, la France ne peut plus continuer à cautionner et financer les pratiques de type psychanalytique dans le traitement de l'autisme», affirme le député, qui cite le chiffre d'un enfant sur 100 en France affecté par des «troubles du spectre autistique». Une approche «abandonnée depuis 20 ans dans la plupart des pays occidentaux» On estime qu’il y a en France plus de 400.000 personnes atteintes de syndrome autistique au sens large, selon la Haute autorité de santé (HAS). L'autisme a été désigné «grande cause nationale» 2012. «Je m'indigne en constatant qu'en France ce sont les pratiques psychanalytiques généralisées dans nos établissements hospitaliers et médico-sociaux qui sont financées par l'Assurance Maladie», explique le député du Pas-de-Calais dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi. Daniel Fasquelle ajoute que «l'approche psychanalytique a été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux au profit de méthodes éducatives et comportementales». La psychanalyse «ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d'autisme», écrit le député, alors que l'apport de «certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales) a été démontré dans plusieurs études». Manque de place Selon le député, une étude est en cours au Conseil économique social et environnemental sur «le coût économique et social de l'autisme en France» et qui «devrait permettre de pointer le coût induit par la mauvaise prise en charge et démontrer la nécessité d'un accompagnement éducatif et comportemental, le plus précocement possible». La France manque toujours de places d'accueil pour les personnes atteintes de troubles autistiques, surtout pour les adultes, selon un bilan du plan autisme 2008-2010 publié la semaine dernière par Valérie Létard, sénatrice et ancienne secrétaire d'Etat à la Solidarité.


20 Janvier 2012
Autisme : vers des méthodes éducatives ?

SOURCE / EURROPE 1 Le député UMP Daniel Fasquelle va déposer vendredi sur le bureau de l'Assemblée une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales, a-t-il indiqué. "Pour aider ces personnes à s'en sortir, la France ne peut plus continuer à cautionner et financer les pratiques de type psychanalytique dans le traitement de l'autisme", affirme le député, qui cite le chiffre d'un enfant sur 100 en France affecté par des "troubles du spectre autistique". On estime qu’il y a en France plus de 400.000 personnes atteintes de syndrome autistique au sens large, selon la Haute autorité de santé (HAS). L'autisme a été désigné "grande cause nationale" 2012. "Je m'indigne en constatant qu'en France ce sont les pratiques psychanalytiques généralisées dans nos établissements hospitaliers et médico-sociaux qui sont financées par l'Assurance Maladie", explique le député du Pas-de-Calais dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi. Daniel Fasquelle ajoute que "l'approche psychanalytique a été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux au profit de méthodes éducatives et comportementales". La psychanalyse "ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d'autisme", écrit le député, alors que l'apport de "certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales) a été démontré dans plusieurs études".


16 Décembre 2011
Autisme : changer le regard

SOURCE / LE MONDE Montréal (Canada), correspondance - C'est une histoire unique, scientifique et humaine que raconte le psychiatre-chercheur canadien Laurent Mottron, instigateur du Centre d'excellence en autisme de l'université de Montréal : celle de sa relation de travail avec Michelle Dawson, une patiente autiste devenue chercheuse dans son laboratoire en neurosciences cognitives. Mais, pour lui comme pour elle, l'essentiel est ailleurs que dans l'anecdote de cette rencontre. Il réside dans ce qu'elle a pu susciter pour faire avancer la science de l'autisme, jusqu'à lui donner un statut de "variant" humain plutôt que de "trouble", traduction du terme anglais consacré autistic disorder. Les recherches du groupe de Montréal, avec quelque 80 articles publiés dans les meilleures revues scientifiques et dans lesquels Michelle Dawson a pris une place majeure, permettent d'affirmer que les autistes pensent, retiennent, s'émeuvent, et surtout perçoivent différemment des non-autistes. Ce groupe défend l'idée que la science, en considérant l'autisme comme une maladie à guérir, passe à côté de sa contribution intellectuelle et sociale. "SURFONCTIONNEMENT PERCEPTIF" Dans un article intitulé "Le pouvoir de l'autisme", paru dans la revue Nature le 3 novembre, M. Mottron explique comment il a intégré à divers titres, à cause de leurs qualités personnelles et intellectuelles, huit autistes dans son laboratoire, dont Michelle Dawson. En sept ans de collaboration avec cette dernière, "elle m'a montré, écrit-il, à quel point l'autisme, combiné à une intelligence extrême et à un intérêt pour la science, peut s'avérer une force dans un laboratoire de recherche". A 50 ans, Michelle Dawson est "l'une des plus grandes voix autistes de la planète", s'exclame-t-il. Elle-même se juge avec modestie : "J'ai toujours une vie difficile au quotidien, avec des peurs incontrôlées ; j'ai beaucoup de mal à communiquer." Diagnostiquée autiste au début des années 1990, Mme Dawson commet l'"erreur" de le dire à son employeur, Postes Canada. "J'adorais mon travail de facteur, dit-elle, j'étais très motivée et je voulais être traitée comme n'importe qui." Harcelée à la suite de cet aveu, elle se voit obligée de quitter son emploi quatre ans plus tard et se bat en justice pour faire reconnaître ses droits. Le Canada, affirme-t-elle, "encourage la discrimination des autistes en ne les protégeant pas comme tout être humain". En 2001, vivant un "trouble terrible", elle contacte Laurent Mottron. Celui-ci dira : "J'éprouvais dans mon rôle de psychiatre à son égard la nullité de ce que je lui proposais." Pour mieux l'aider, il lui propose plutôt de collaborer à son groupe. A partir de 2003, Michelle Dawson dévore la littérature scientifique sur l'autisme, au point d'en devenir une analyste hors pair. "J'ai tout de suite vu, note-elle, qu'elle contenait les informations dont j'avais besoin, qui pouvaient me servir et avec lesquelles je pouvais être utile." Son travail impressionne M. Mottron : "Sa clairvoyance sur les questions scientifiques est unique ; elle peut vous rapporter le contenu d'un article lu il y a deux ans avec une incroyable précision. Et traiter les miens de façon impitoyable..." Elle l'admet : "Nous ne sommes pas souvent d'accord, mais c'est très productif. Moi-même, je recherche la critique forte !" Au sein du groupe de Montréal, les deux chercheurs et leurs collègues pourfendent les idées reçues concernant la définition de l'autisme comme trouble social. Ils caractérisent la perception autistique pour laquelle ils accumulent les preuves d'une différence fondamentale, construisant un modèle du traitement de l'information par les autistes, baptisé "surfonctionnement perceptif", qui, d'abord ignoré, se mesure maintenant à armes égales avec les modèles traditionnels. Ce modèle met, entre autres, l'emphase sur les forces autistiques. Laurent Mottron croit que si l'autisme handicape la vie au quotidien, il peut également procurer des avantages. Au lieu de définir l'autisme par des caractéristiques négatives (défaut de langage, manque de communication, comportements répétitifs, intérêts restreints...) et par comparaison à la majorité (ce qu'il appelle le normocentrisme), on devrait selon lui le décrire pour ce qu'il est, forces comprises. CAPACITÉ D'APPRENTISSAGE La question de l'intelligence autistique est au coeur du débat. "Si je ne crois plus que la déficience intellectuelle soit intrinsèque à l'autisme, déclare-t-il, c'est parce que Michelle m'a ouvert les yeux sur cette attitude normocentrique valorisant les tests basés sur le langage comme mesure de l'intelligence", au détriment de tests non verbaux comme les matrices de Raven (des tests classiques d'intelligence où le sujet doit compléter une liste de dessins). Avec cet outil reconnu (l'armée française s'en servait pour ses recrutements !), "l'intelligence autistique est pourtant bien mieux représentée, ajoute Mme Dawson, et l'on peut vraiment comparer les performances des autistes à celles des non-autistes". Pourtant, on continue d'utiliser les tests verbaux pour les autistes. Avec pour effet d'en classer 75 % comme déficients intellectuels, alors que seulement 10 % à 15 %, selon M. Mottron, souffrent d'une maladie neurologique associée favorisant l'apparition d'une déficience intellectuelle. Une récente étude coréenne révèle ainsi la présence de 3,5 % d'autistes dans les écoles régulières de Corée, dont 2,5 % sont parfaitement intégrés, sans besoin d'aide particulière. Au-delà même de l'intelligence, "la question de l'apprentissage par les autistes est l'une des questions-clés que l'on doit se poser", avance Michelle Dawson. Elle cherche à comprendre "pourquoi certains autistes de moins de 2 ans connaissent l'alphabet, voire lisent un journal", et voudrait qu'on "les encourage dans leurs habiletés au lieu de les déclarer déficients intellectuels". Et indique être "fascinée par cette extraordinaire capacité d'apprentissage des autistes", présentée pourtant comme la preuve d'un déficit sévère. "Plus les tâches sont complexes, ajoute-elle, plus ils ont un avantage sur les non-autistes." Elle-même se dit incapable d'apprendre comme un non-autiste. Elle ne peut remplir des formulaires administratifs mais a "appris rapidement à écrire des papiers scientifiques et à rédiger des arguments juridiques !" Plaidoyer sur le manque d'éthique Ses difficultés de communication par le langage l'empêchent d'interagir facilement avec quiconque, y compris ses collègues. Elle travaille donc principalement depuis son appartement, se rend sporadiquement au laboratoire et communique surtout par courriels avec les chercheurs du groupe, comme elle le fait sur Twitter et sur son blog (Autismcrisis.blogspot.com) avec d'autres membres de la communauté scientifique. Dans son travail de chercheuse, elle dit elle-même avoir "faiblesses et incertitudes" mais aussi pouvoir détecter des anomalies que personne ne voit, "lire, retrouver, utiliser, faire des liens, identifier des tendances à travers une foule d'informations dans la littérature scientifique". Le domaine le plus polémique des travaux du groupe concerne ses positions sur l'intervention comportementale intensive (ICI), préconisée en Amérique du Nord. En 2004, Mme Dawson a publié, sur le Web, un plaidoyer sur le manque d'éthique de cette technique et critique maintenant la mauvaise qualité des travaux en intervention : "La littérature sur le sujet est énorme en quantité mais pauvre en qualité scientifique." Mme Dawson s'en prend également à l'adoption de "standards éthiques et de recherche beaucoup plus bas" que la normale et se demande "pourquoi les autistes vivent des discriminations même dans ce domaine". Nombreux sont les rapports de recherche qui vont aujourd'hui dans le même sens qu'elle : selon l'Académie américaine de pédiatrie, "la force de la preuve (en faveur de l'efficacité de ces techniques) est insuffisante à basse." Groupes de pression De nombreux gouvernements subventionnent pourtant toujours ces thérapies, qui coûtent jusqu'à 60 000 dollars (45 000 euros) par an et par enfant, sous l'influence de groupes de pression. M. Mottron s'inquiète pour sa part d'un possible soutien gouvernemental français à l'ICI. La Haute Autorité de santé a en effet commandé un rapport sur ces méthodes qui lui semble biaisé en leur faveur : "En favorisant l'ABA (analyse appliquée du comportement) pour contrer la psychanalyse de l'autisme, on passe du tsar à Lénine !" Au lieu de monopoliser le budget de l'enfance inadaptée pour de telles thérapies, on ferait mieux, selon lui, d'accepter qu'il n'y a pas de traitement de l'autisme, d'aider les autistes à trouver une fonction en société, avec garanties de droits, gestion pragmatique des crises adaptatives, accès renforcé à des services spécialisés éclectiques et aide pour une meilleure qualité de vie. Et surtout, il faudrait revoir l'équilibre entre le niveau d'aide apporté pendant l'enfance et celui donné à l'âge adulte, en augmentant le second. Par exemple, les fonds pour faire face aux coûts exorbitants des techniques comportementales seraient mieux utilisés, dit-il, pour payer des gens qui iraient dans les entreprises identifier des tâches où les autistes excellent et pour adapter leurs conditions de travail. Mme Dawson partage ce point de vue que "ce n'est ni l'intelligence ni les habiletés qui manquent aux autistes. Ce qui est rare, ce sont les opportunités qu'on leur donne d'avoir une bonne vie et un travail, d'être autonome et responsable, de contribuer à la société, plutôt que de dresser sans cesse des obstacles devant eux".


10 Novembre 2011
Autisme : quand les psychanalystes font mur.

Source : MEDIAPART A n'en pas douter, Sophie Robert savait que son documentaire « Le Mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme »n'allait pas être accueilli cordialement par la congrégation des psychanalystes français. Mais de là à tâcher d'en faire carrément interdire la diffusion... Le film de 52 minutes traite donc de cette particularité de la psychiatrie française - sous l'emprise des théories psychanalytiques freudiennes et lacaniennes - de vouloir absolument faire de l'autisme une maladie psychique de l'ordre de la psychose là où le reste du monde diagnostique des "troubles du développement social humain" liés à des problèmes d'ordre neurologique. Et au fil du documentaire, les éminents pédopsychiatres / psychanalystes interrogé(e)s d'expliquer à longueur de scènes que tout le problème de l'autisme... vient de la mère ! Mère trop froide ou trop chaude, mère dépressive ou possessive (envieuse du pénis de l'homme et qui voit dans son enfant un substitut de pénis), mère incestueuse et abusive, mère dragon, mère crocodile, mère qui a mis en échec la mission sacrée du père de "couper le cordon" en s'interposant par la toute puissance de son pénis (symbolisé par la loi... mais un stylo bic fera tout aussi bien l'affaire) dans la relation mère/enfant… Et à la base de ces affirmations, l'intuition de quelques grands penseurs de la psychanalyse (Freud bien sûr, Bettelheim et Lacan...), beaucoup de cures psychanalytiques... et pas l'ombre d'une expérimentation, d'une statistique ou d'un contrôle de résultat pour étayer leurs théories. Théories qui ne sont pas sans conséquences. Sûr(e)s de leurs bons droits, avec des poses de résistants à l'envahisseur anglo-saxon et ses théories cognitives comportementales (qu’ils apparentent à du dressage), les voilà qui isolent les enfants autistes de leurs parents, s'opposent à leur socialisation et scolarisation, culpabilisent les parents et instillent le doute d'une potentiel maltraitance de la part des parents et en particulier de la mère. Quant à leurs rapports avec la science (biologie, neurologie etc.)... c’est atterrant et relève de la pensée magique ! Il faut les entendre se lancer dans des explications sans queue ni tête sur le rejet biologique de la mère de la part génétique du père dans le fœtus, de la double négation biologique de la mère, du rôle paternel du placenta et j'en passe. Ces hommes et ces femmes officient à titre de soignants dans des hôpitaux psychiatriques en France et leurs connaissances en matière de biologie humaine sont à pleurer. Je passe sur l'affirmation révoltante de cette pseudo psy pour qui l'inceste d'un père sur sa fille est nettement moins grave ("au pire, ça fait des filles débiles" dira-t-elle) que celui d'une mère sur son fils (qui en fera un psychotique). Enfin, en filigrane, se dessine la vision erronée, négative et rétrograde (quasi biblique) de la Femme : envieuse, mauvaise, « nature » et coupable (forcément !). Mais également de l’Homme : puissant, chargé du symbolique et de la culture (opposé à l’état de nature de la mère bien sûr), de la loi, en charge de détacher les bébés de leurs mères (ces dévoreuses de bébés en puissance) et d’en faire de vrais humains… Et maintenant, à vous de juger !


08 Novembre 2011
Autisme : des chercheurs sur une bonne piste cérébrale

Source : PSYCHOMEDIA Les enfants autistes ont un excès anormal de neurones (cellules nerveuses) dans une région du cerveau associée au développement social et cognitif, selon une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). Eric Courchesne de l'Université de Californie à San Diego et ses collègues ont mené une analyse post-mortem des cerveaux de 13 garçons âgés de 2 à 16 ans dont 7 atteints d'autisme. Ces derniers avaient en moyenne 67% plus de neurones dans le cortex préfrontal qui est impliqué dans les fonctions sociales, le langage, la communication et les fonctions affectives et cognitives. Ces résultats confirment une théorie relativement récente sur les causes possibles de l'autisme, explique le chercheur. Des études précédentes de l'équipe avaient lié la maladie à une petite circonférence de la tête à la naissance, suivie par une croissance soudaine et excessive durant la première année. "Parce que de nouveaux neurones corticaux ne sont pas générés après la naissance, l'augmentation du nombre de neurones chez les enfants autistes pointe des processus prénataux", indique le chercheur. La prolifération de tels neurones est exponentielle entre 10 et 20 semaines de gestation et résulte normalement en une surabondance de neurones. Durant le troisième trimestre de la grossesse toutefois et le début de la vie du nourrisson, environ la moitié de ces neurones sont normalement éliminés dans un processus appelé apoptose. Une défaillance de ce processus précoce créerait un large excès pathologique de neurones corticaux. Un excès de cellules cérébrales a été observé chez chaque enfant souffrant d'autisme étudié, ce qui suggère que le phénomène doit être courant parmi les enfants atteints de la maladie. Si de futures recherches permettent de déterminer les causes de ce nombre excessif de cellules, elles devraient avoir un grand impact sur la compréhension de la maladie et peut-être sur le développement de traitements, estime le chercheur. Des avenues potentielles d'étude incluent les mécanismes moléculaires et génétiques impliqués dans la régulation de la production précoce des neurones et de l'élimination des neurones en surplus.


04 Novembre 2011
Autisme : « Le Mur », docu qui dérange des psys français

SOURCE / RUE 89 « Le Mur » montre la mainmise de la psychanalyse sur le traitement de l'autisme. Trois psys cherchent à bloquer la diffusion du film, qu'ils jugent « partisan » Le film « Le Mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme » montre comment le traitement des autistes est, en France, verrouillé par les psychanalystes et les psychiatres, au détriment d'autres approches. Sophie Robert est productrice et réalisatrice, passionnée de psychanalyse, et critique la vision freudienne de la femme comme « sexuellement psychogène ». Depuis quatre ans, elle enquête en anthropologue sur les pratiques des psychanalystes « orthodoxes », finalement assez peu connues du grand public et qu'elle juge « dogmatiques » : « Je pensais faire un travail plus nuancé au début. Mon but était de dresser un état des lieux de la psychanalyse, de leur demander : que prenez-vous et que laissez-vous de Freud et Lacan ? J'ai découvert qu'il y avait des dogmes qui ne faisaient pas débat, comme l'idée que toutes les femmes sont psychotiques à la naissance de leur enfant, qui est un substitut du phallus... » Assumer leurs propos « politiquement incorrects » Elle tourne 27 interviews, démarche des chaînes télévisées pour leur vendre une série de plusieurs fois 52 minutes et, finalement, décroche une aide de l'association Autistes sans frontières pour aboutir à un premier volet, diffusé depuis septembre sur le site de l'association. La suite est en préparation. Face caméra, les psys assument le côté « politiquement incorrect » de leur discours. Mais une fois qu'ils voient le film, trois d'entre eux s'étranglent. Ils saisissent le tribunal de grande instance de Lille, qui nomme un huissier aux fins de faire saisir les rushes. Leur but n'est toujours pas clair, Me Christian Charrière-Bournazel, leur avocat, n'ayant pas répondu à nos sollicitations. Mais, selon l'ordonnance sur requête que Rue89 a pu consulter, ils semblent préparer une demande d'interdiction : •« les rushes confirmeront que leurs propos ont été dénaturés », est-il écrit. Les saisir empêchera la réalisatrice de les « détruire afin d'échapper à toute interdiction judiciaire dont pourrait être frappée son film et plus généralement à toute action en responsabilité » ; •ils reprochent à Sophie Robert de s'être « présentée comme journaliste alors qu'elle est gérante de société de production » : ils oublient qu'il n'est pas besoin d'avoir la carte de presse pour réaliser un documentaire en qualité d'auteur ; •ils « ont découvert avec stupéfaction que leurs interviews avaient été coupées et défigurées aux fins d'un film partisan » : les coupes font partie du travail normal de documentariste, et leur choix relève de la liberté d'expression ; il n'est pas rare qu'un film d'auteur assume un parti pris ; •ils estiment que « la pensée et les propos des intervenants sont réduits et déformés par le sens des commentaires » : rien n'interdit le commentaire de porter sur des interviews, voire de prendre leur contrepied ; •ils se disent « piégés » dans un film qui ne serait pas, à leurs yeux, un documentaire mais « une entreprise polémique destinée à ridiculiser la psychanalyse au profit des traitements cognitivo-comportementalistes (TCC) ». « A​tteinte au secret des sources des journalistes » La réalisatrice, qui ne veut pas que les plaignants croient qu'elle a « quelque chose à cacher », a retranscrit les trois heures d'interviews avec les trois psychanalystes qui la poursuivent (Esthela Solano Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens, membres de l'Ecole de la cause freudienne). Elle vient de transmettre à l'huissier un DVD avec des images originales, brutes, des interviews avec les timecodes (marquage temporel) « afin qu'ils voient bien que, techniquement, il n'y a pas de coupe inopinée dans les séquences ». Selon son avocat Me Benoît Tritan, demander les rushes est une « atteinte au secret des sources des journalistes » protégé par la loi du 4 janvier 2010. L'avocat a saisi le juge en référé afin de faire annuler l'ordonnance initiale ; une audience est prévue le 15 novembre au TGI de Lille. Pour Me Titran : « Le travail a été réalisé de façon loyale, comme en attestent les autorisations de tournage, leurs propos ont été parfaitement respectés et il n'y a aucune atteinte à la probité, sinon ils auraient poursuivi en diffamation. » Les parents d'autistes : « Si on dénonce, on est mis au bûcher » Le documentaire avait déjà fait pas mal de bruit dans le milieu des parents d'autistes et des associations. Cette poursuite lui donne un écho encore plus retentissant. Delphine Piloquet, déléguée générale d'Autistes sans frontières, jure que « ça ne s'arrêtera pas là » : « On a l'impression qu'on attaque une religion d'Etat, c'est une fatwa qui s'abat sur ce film alors que sa force c'est que ce sont les psys interviewés qui eux-mêmes disent des énormités. » Elle rappelle que c'est par « pragmatisme » et non par « idéologie » qu'elle a sorti son fils de l'hôpital psychiatrique où il stagnait, pour le réintégrer dans « notre monde », grâce aux techniques comportementalistes. Le point de vue de l'auteure du documentaire rejoint celui des parents dont elle entend les appels au secours : « C'est délirant. Tous les jours, des mères m'appellent pour me dire combien elles sont déconcertées par les troubles détectés par leur psychiatre, qui font de l'endoctrinement avec la souffrance des autres sans se remettre en cause... Et si on dénonce ça, on est mis au bûcher. La vérité, c'est qu'elle leur a extirpé ce qu'ils pensent et qu'ils ne disent pas aux parents, elle a eu le mérite de lever le voile. »


17 Octobre 2011
Risque d'autisme pour les prématurés

Source : AFP Les enfants prématurés risquent cinq fois plus de souffrir d'autisme que ceux nés avec un poids normal, selon une étude publiée aujourd'hui aux Etats-Unis. L'enquête, parue dans la revue médicale américaine Pediatrics, a été menée par des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie sur 862 enfants nés entre septembre 1984 et juillet 1987 dans le New Jersey et pesant de 500 grammes à deux kilos à la naissance. Quelque 5% de ces enfants, suivis jusqu'à l'âge de 21 ans, souffraient d'autisme, contre 1% dans la population en général. Poids trop faible "Alors que la survie des plus prématurés s'améliore, le nombre de ces enfants survivant et handicapés représente un défi grandissant de santé publique", a souligné le Dr Jennifer Pinto-Martin, directrice du Centre de recherche sur l'Austisme de l'Université de Pennsylvanie, principal auteur de l'étude. "Cette nouvelle recherche laisse penser qu'un poids trop faible à la naissance pourrait être un facteur de risque d'autisme", ajoute-t-elle. Les liens entre un poids faible à la naissance et un ensemble de problèmes cognitifs sont bien établis depuis assez longtemps mais cette étude est la première à révéler que ces enfants courent aussi un risque nettement accru d'autisme, relève les auteurs de cette communication. "Les problèmes cognitifs dont souffrent ces enfants pourraient masquer les symptômes d'autisme", explique la Dr Pinto-Martin qui recommande aux parents d'un enfant prématuré de chercher à dépister très tôt ces symptômes. Selon la pédiatre, un dépistage précoce améliore les résultats sur le long terme et peut aider ces enfants autistes à l'école et à la maison. Les chercheurs de l'Université de Pennsylvanie doivent prochainement étudier les liens potentiels entre des hémorragies dans le cerveau --une complication fréquente chez les enfants prématurés-- et l'autisme, grâce à des examens par ultrasons.


27 Septembre 2011
Les autistes en France : le casse-tête et l’horreur

AGORA VOX - A l’heure du bilan sur le second Plan Autisme, qui doit être prochainement remis à Mme la Ministre Roselyne Bachelot par la Sénatrice Mme Valérie Létard, la revue hispanophone de l’autisme « Autismo Diario » publie sur son site un article intitulé « Autisme en France : bienvenue au pays des horreurs ». Cet article au titre lapidaire doit nous amener, nous citoyens Français, ainsi que nos médecins et nos responsables politiques, à nous interroger sur le sort qui est fait aux enfants autistes en France aujourd’hui. En effet, malgré plusieurs « plans autisme », 80% des enfants atteints d'autisme restent isolés de la société ordinaire, maintenus en institutions avec peu d’interaction avec le monde extérieur. Pourtant les progrès accomplis depuis 40 ans sur les prise en charge et l’exemple d’autres pays plus avancés que nous sur la question (incluant certains de nos voisins géographiques) démontre qu’un tel traitement n’est ni inévitable, ni souhaitable, tant pour leur évolution propre que pour la société. Alors détaillons maintenant ce que nous savons de la situation de nos enfants lorsqu’ils ont la malchance d’être porteurs de ce trouble qu’on appelle l’autisme, et essayons de comprendre le pourquoi de cette condamnation sans appel de nos pratiques par les autres pays. Voyons donc le parcours-type d’un enfant présentant des troubles du spectre autistique. Lorsque les parents ont réussi à convaincre leur pédiatre ou médecin traitant que le développement de leur enfant est inquiétant, ce dernier sera tout d’abord adressé au CAMSP (Centre d’Action Médico-Social Précoce). Les missions des CAMSP sont le dépistage, la prévention et le traitement en cure ambulatoire des enfants de 0 à 6 ans atteints d'un handicap sensoriel, moteur ou mental, en vue d'une adaptation sociale et éducative dans leur milieu naturel (loi du 30/06/75 et décret du 15/04/76). Les équipes des CAMSP (pédiatre, pédo-psychiatres, orthophonistes, psychomotriciens, éducateurs...) sont donc très généralistes et ont une formation initiale sur les troubles du spectre autistique à la fois succincte et obsolète (voir plus loin le paragraphe sur les hôpitaux de jour). Les parents qui viennent chercher des informations et un soutien se voient le plus souvent reprocher leur mode éducatif, prétendument responsable du repli autistique de leur enfant. Ils doivent souvent insister pour que leur enfant soit orienté vers le Centre de Ressources Autisme afin d’avoir un diagnostic. Jusqu’à l’âge de 6 ans - à moins que les parents aient accès à des professionnels libéraux (psychologue comportementaliste et accompagnants psycho-éducatifs) et qu’ils aient les moyens financiers d’y recourir – la seule prise en charge à leur disposition est celle proposée par le CAMSP. Compte tenu du nombre d’enfants suivis et de la multiplicité des handicaps traités, l’attribution des séances d’orthophonie, de psychomotricité et éventuellement d’ergothérapie répond plus aux contraintes temporelles des intervenants qu’aux besoins réels des enfants. Par exemple, un enfant se verra attribuer une séance hebdomadaire d’orthophonie alors que son bilan orthophonique en préconise trois, ou bien un enfant non-verbal se verra refuser l’orthophonie, alors que, au contraire, l’accès précoce à un mode de communication est un besoin prioritaire qui conditionne tout son devenir. Au total, la prise en charge en CAMSP se résume à une à trois séances de 45 minutes par semaine dans différentes disciplines par des intervenants la plupart du temps ignorants voire hostiles aux méthodes psycho-éducatives recommandées internationalement. Au-delà de l’âge de 6 ans, voire parfois plus tôt selon sa situation géographique, si le handicap reste compatible avec un maintien dans le milieu familial et une scolarisation plus ou moins partielle, l’enfant est orienté vers un CMP (Centre Médico-Psychologique) - anciennement appelé dispensaire d’hygiène mentale-, ou un CMPP (Centre Médico-Psycho-Pédagogique). Ces structures, même si elles font appel à des intervenants similaires aux CAMSP, sont des structures essentiellement sanitaires rattachées au secteur hospitalier psychiatrique et ne sont donc absolument pas adaptées aux problématiques spécifiques du handicap neuro-développemental qu’est l’autisme. Lorsque l’enfant présente des troubles du comportement importants ou un déficit intellectuel plus lourd, les parents n’ont pas d’autre alternative que les milieux fermés. Parlons d’abord des "Hôpitaux de jour », terme politiquement correct pour désigner des hopitaux psychiatriques pour enfants où ils sont admis en journées. Ici on accueille en principe les enfants autistes les plus gravement atteints. Les « soins » qu'ils y reçoivent sont basés sur les théories psychodynamiques, inspirées des thèses de psychanalystes tels que Freud, Lacan, Tustin, Bettelheim, Klein ou Mannoni. Il s’agit de « guérir » le psychisme de l’enfant qu’on suppose malade. On va donc tenter d’agir sur l’évolution « dynamique » du psychisme dans son environnement (notamment familial et social) ; le travail est centré essentiellement sur « la relation à l'autre », à travers des activités dites d’échange (autocollant, dessin, ateliers de théâtre, psycho-drame, contes) et malheureusement aussi à l’aide de thérapies dites « corporelles ». Ainsi l’atelier « pataugeoire », qui consiste à mettre un enfant en maillot de bain dans une petite baignoire, où deux voire trois « thérapeutes » observent et interprètent son comportement dans l'eau : se touche-t’il les parties intimes ou non, quels sont ses gestes, ses expressions, et on en tire des conclusions savantes sur son psychisme. Il importe « d’accueillir toutes les productions de l’enfant quelles qu’elles soient », ainsi on en dira rien à un enfant qui défèquera dans la pataugeoire (au contraire cette « production » sera prise en compte dans l’analyse). Dans le cadre de cet exemple, le revers est que l’enfant pourra en déduire qu’il est normal et acceptable de déféquer en public, ce qui n’ira pas dans le sens d’aider son intégration sociale. Pire encore est le « packing », destiné en principe aux enfants présentant « des troubles graves du comportement » (crises aiguës, auto-mutilation). Cette « thérapie » consiste à déshabiller l’enfant et une fois presque nu, l’emmailloter bien serré dans des draps mouillés préalablement placés au réfrigérateur à une température d’environ 10°C. Seul le visage est libre afin d’empêcher la suffocation. L'objectif est de générer un choc thermique et ainsi de permettre de « recréer le moi-peau psychique » censément défaillant chez ces enfants. Évidemment ce "traitement" n'a pas été validé par l'Organisation mondiale de la Santé, aucune étude scientifique n’a encore été menée à bien (l'unique étude en cours depuis 3 ans est menée par ceux-là mêmes qui ont introduit la pratique en France et qui la propagent aujourd'hui). Malgré cela, le packing est couramment pratiqué dans de nombreux hopitaux de jour et instituts spécialisés qui s'occupent d'enfants autistes, sans supervision et sans méthodologie claire. Les associations de parents s’en sont plaint plusieurs fois auprès du ministère de la Santé,sans résultat, le packing ayant été jugé « sans danger pour la santé » sans que les questions d’éthique et de possibilité de maltraitance aient été examinées. D’une manière générale, bien que les hôpitaux de jour soient financés par la Sécurité Sociale, la plupart mettent en œuvre des prises en charge sur lesquelles il n’existe que très peu d’études d’efficacité. Face à la levée de bouclier des associations de familles, les hôpitaux de jour et centres spécialisés ont trouvé la parade : l’approche dite « intégrative » se targuant d’intégrer les approches comportementales ayant fait leurs preuves partout dans le monde . En réalité l’apport cognitivo comportemental se réduit bien souvent à peau de chagrin , pour la forme : quelques pictogrammes et quelques ateliers individuels de quelques minutes par semaine, et seulement si l’enfant est bien disposé. La plupart du temps il est très difficile aux familles des enfants qui y sont pris en charge de savoir exactement quelles activités sont menées avec leurs enfants, dans quels buts et pour quels résultats. Il est fréquent que de par leur formation psychanalytique, les professionnels de ces centres voient dans les difficultés de l’enfant un symptôme d’un trouble relationnel entre l’enfant et ses parents, ce qui les conduit à privilégier une psychothérapie psychanalytique sur toute la famille plutôt que de réellement stimuler l'enfant autiste. Parce qu'il y a peu (ou pas) de supervision réelle sur le terrain par le Ministère de la Santé ou par les Agences Régionales de Santé, ces équipes font en réalité ce qu'elles veulent. Passons à présent aux Instituts Médico-Educatifs ou IME. On y reçoit des enfants et adolescents porteurs de handicaps divers, souvent mélangés dans la même structure, parfois répartis dans des structures spécialisées par type de handicap. Ces IME sont de qualité trés hétérogène selon les équipes qui les gèrent, leur formation (psychanalytique ou non), leur motivation également. Ainsi certains IME font exactement la même chose qu’en hôpital de jour, il n'y a rien qui mérite le terme « d’Educatif » dans ce qu'ils proposent. A l’inverse, quelques rares IME (la plupart du temps à l’instigation des associations de parents) commencent à utiliser les approches éducatives TEACCH, PECS et ABA dans le domaine de l’autisme, avec pour but que l’enfant puisse autant que possible rester en parallèle dans une école ordinaire, voire un jour quitter l’IME. Ces structures sont prises d’assaut par les familles et la liste d’attente y atteint plusieurs années. Quoi qu'il en soit, d’une manière générale les IME reçoivent principalement des enfants rejetés par le système scolaire français en raison de leur « incapacité à suivre le niveau ». Certains IME gèrent des classes dites « d'intégration » au sein d’une école ordinaire, mais quand ils le font, rares sont ceux spécialisés dans l'autisme, et le temps d'intégration réel avec les enfants "ordinaires" est très faible (sports, dessin, musique). Souvent l'enseignant qui a en charge ces enfants (jusqu'à 12 par classes avec divers handicaps) n'a ni les ressources ni la formation ni l'expérience nécessaires, et le temps en classe tend plus vers la garderie que vers une véritable éducation. Là encore, les situations sont très différentes en fonction des IME, des enseignants, etc. Il est très difficile de trouver une logique dans ce casse-tête et les familles doivent avoir la chance d’habiter au bon endroit, ou alors déménager, pour trouver un IME ce bonne qualité pour leur enfant. Il faut aussi souligner qu’aujourd’hui les enfants autistes qui ont des problèmes de comportement (ce qui est assez souvent le cas, surtout avec une prise en charge inadaptée) se font fréquemment rejeter de l’école ordinaire, et sont quasi- systématiquement rejetés passé le stade de la maternelle (7 ans) dès qu’ils sont porteur de retard mental (soit au moins 50% des personnes autistes). Ils finiront leur vie dans un centre spécialisé fermé, coupés du milieu ordinaire. Parfois ils pourront intégrer une classe d’intégration spéciale (CLIS). Aujourd’hui les élèves autistes passés 7ans, et sans déficience, sont acceptés en classe avec une auxiliaire de vie, s’ils ne perturbent pas la classe, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques années, mais il n’en reste pas moins que pour le ministère de l'Education, un enfant avec un handicap mental est un enfant qui ne peut pas suivre le programme scolaire, et donc que sa place n'est pas avec les autres enfants, déficience avérée ou non. De plus, les évaluations des capacités de ces enfants sont essentiellement menées sur leurs aptitudes scolaires, ce qui fausse considérablement la donne eu égard au mode de fonctionnement neuro-psychologique de la personne autiste. En raison de cette situation, (enfants rejetés de l’école, très peu d’IME adaptés pour les autistes), beaucoup de mères sont contraintes d’arrêter de travailler pour s’occuper de leur enfant autiste à la maison, et les conduire aux quelques prises en charge qu’elles auront pu mettre en place la plupart du temps en libéral (orthophonie, psychomotricité, ABA ou TEACCH). Seule l’orthophonie étant remboursée, pour le reste des prises en charge les familles sollicitent des aides financières à la Maison des Personnes Handicapées. Dans ce domaine encore l’inégalité règne, certaines MDPH prenant en compte les frais de TEACCH ou d’ABA, d’autres refusant d’en entendre parler. Même dans un cas favorable l’allocation versée est insuffisante pour financer plus que quelques heures de prise en charge par semaine, alors que les études réalisées montrent qu’ils faut en général entre 10 et 20 heures hebdomadaires pour obtenir de bons résultats. En résumé : selon le département de résidence, les frais de prise en charge liés à l’autisme d’un enfant seront couverts correctement,… ou pas. Vous pourrez trouver à côté de chez vous quelques rares structures adaptées, ou plus probablement des hopitaux de jour ou des IME qu’il vaut mieux fuir. Comme nous l’évoquions plus haut, dans le cas des enfants sans déficience intellectuelle (autistes de haut niveau, syndrome d’asperger, mais aussi par exemple dysphasiques ou hyperactifs) il est possible en principe de rester scolarisé en milieu ordinaire avec l’aide d’une auxiliaire de vie. Mais là encore l’arbitraire règne selon les départements et les académies : la MDPH peut octroyer l’AVS nécessaire, ou non, pour des cas similaires ; ensuite selon les moyens alloués par le ministère de l’Education Nationale et les choix locaux des Recteurs et Inspecteurs d’Académie, les postes nécessaires seront effectivement mis en place localement, ou non ; pour finir, il est très difficile de recruter des candidats sur ces postes, étant donné le faible niveau de salaire et la précarité du contrat, compte tenu de la responsabilité qui est demandée. La plupart des AVS ne sont pas formées du tout au handicap de l’enfant qu’elles doivent aider, certaines abandonnent au bout de quelques jours ou semaines et laissent l’enfant sans accompagnement, ce qui induit souvent une déscolarisation. Il y a autant de situations que d’enfant et répertorier les cas illogiques ou scandaleux prendrait des années. Un enfant qui reste scolarisé peut alors être suivi par un établissement de type « SESSAD ». Ces établissements sont dédiés au suivi d’enfants scolarisés en milieu ordinaire, contrairement aux IME ou aux hopitaux de jour. La encore, c’est la loterie : rien ne dit que le personnel du SESSAD est à jour dans son bagage théorique et fera véritablement de l’éducatif structuré. On a compris le casse-tête auquel sont confrontées les familles d’enfants autistes en France. Devant le caractère insoutenable de leur situation beaucoup s’accomodent de ce qu’ils trouvent et confient l’enfant à l’hopital de jour ou à l’IME local. D’autres avec plus de chance (selon leur lieu de résidence et leurs moyens financiers) rament à contre-courant d’un système qui fait tout pour exclure leur enfant du milieu ordinaire, au leitmotiv de « Mais vous ne croyez pas qu’il serait mieux dans une école spécialisée ? Pensez au bien être de votre enfant un peu ». Le Plan Autisme 2008-2011 a permis la création d’une poignée de structures dites « expérimentales », de type IME ou SESSAD, au sein desquelles les méthodes TEACCH, ABA et PECS sont utilisées. Mais ces structures ne représentent que 10% de l’argent de ce plan ; le reste a été récupéré par les établissements existants, qui restent ancrés dans leurs pratiques obsolètes, car il est plus facile d’agrandir une structure existante que de changer des pratiques en place depuis des années et ces structures peuvent facilement « faire moderne » en mettant en avant quelques pictogrammes scotchés sur les portes ou des formations ABA express de 3 jours de leurs personnels, qui resteront lettre morte devant le refus du pédopsychiatre ou du chef de service de mettre en pratique ces méthodes. A l’arrivée, 80% des enfants autistes en France ne vont pas à l’école. Les 20% d’enfants « privilégiés » sont généralement autistes sans retard mental, avec quelques cas d’autistes avec retard, lorsque leurs parents se battent jusqu’au bout de leurs forces, au risque d’y user leur santé, leur couple et leurs finances. Et encore : à 7 ans c’est le rejet hors du système, et l’enfant reste à la maison, à la charge complète des parents qui refusent les IME « voie de garage » qu’on leur propose généralement. Parmi les enfants autistes scolarisés c’est encore question de chance locale (selon les établissements d’accueil, leur bienveillance) : certains iront à l’école presque à temps plein, d’autres ½ journée par semaine. Certains auront une AVS bien formée, d’autres une AVS non formée et non motivée… Il faut dire que très peu d'argent est donné à l'Education Nationale pour former les enseignants au handicap. Il faut dire aussi que les enseignants en France ont parfois des classes de plus de 38 élèves. En France, 90% de l'argent pour aider les autistes va aux hôpitaux de jour et autres établissements « fermés », on ne donne pas les moyens de scolariser et maintenir les autistes à l’école ordinaire. Il y a aussi des croyances et des préjugés, mais il est évident que si plus d'argent était consacré à l'éducation plutôt qu’aux structures d’exclusion la situation serait moins grave. Un excellent centre de ressources existe pour les enseignants, l’INSHEA, mais les guides qu’il publie parviennent aux enseignants jusqu’à deux ans après leur parution… En conclusion, si on veut sortir les autistes français et leurs familles du cauchemar dans lequel ils sont plongés, il faut : - changer les mentalités en France : aller vers l’inclusion des handicapés dans la société, et non leur exclusion comme aujourd’hui ; il faut cesser de considérer les handicapés comme un problème à évacuer, il s’agit d’êtres humains avec un potentiel et une richesse - réorienter les fonds publics vers l’éducation plutôt que les centres fermés au milieu ordinaire (hôpitaux de jour et la grande majorité des IME) - généraliser les meilleures pratiques de prise en charge largement validées par des décennies d’utilisation dans les autres pays, accepter que l’autisme est un handicap et non une maladie psychique (due à une relation familiale déficiente ou à une maladie mentale propre à l’enfant). La plupart des professionnels en France ont 40 ans de retard tant théorique que pratique. Si ces professionnels continuent leurs mauvaises pratiques actuelles, sans que les Agences Régionales de Santé ne jouent leur rôle et les obligent à évoluer, le cauchemar continuera. L’accès aux prises en charges adaptées, l’inclusion scolaire et sociale, ne doivent pas être une question de hasard lié au lieu d’habitation et aux ressources financières, mais un droit pour tous les autistes français, enfants et adultes, quel que soit leur niveau.


06 Septembre 2011
AFP : Un documentaire militant sur la conception psychanalytique de l'autisme

Dépêche AFP PARIS, 06 septembre 2011(AFP) - L'association Autistes sans frontières publie un documentaire militant et poignant, Le mur, où la conception de beaucoup de pédopsychiatres et psychanalystes français sur l'autisme s'oppose à celle de nombre de scientifiques et des associations de familles.

Ce documentaire de 52 mn -sous-titré : la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme- est projeté mercredi soir à Paris, alors même que s'achève une consultation publique ouverte en juillet par la Haute autorité de santé, qui doit mettre au point des recommandations de bonne pratique de l'accompagnement et du suivi de l'autisme.

Fondé sur des entretiens avec des psychanalystes et des rencontres de familles d'enfants autistes, il se veut une véritable démonstration par l'absurde de l'inefficacité de l'approche psychanalytique de l'autisme.

La réalisatrice Sophie Robert a rencontré une vingtaine de pédopsychiatres et psychanalystes français, pour qui il y a beaucoup à voir entre autisme et psychose. Même si certains d'entre eux ont estimé à d'autres occasions que l'autisme a des causes multiples et variables nécessitant des approches multidimensionnelles, incluant certaines techniques éducatives spécialisées.

En 2000, rappelle Autistes sans frontières, la chercheuse de l'Inserm Monica Zilbovicius a vu dans l'autisme un trouble neurologique entraînant un handicap dans l'interaction sociale, correspondant à des anomalies dans le sillon temporal supérieur du cerveau.

Pour les psychanalystes interrogés, l'autisme pourrait être la conséquence d'une dépression maternelle, d'une mauvaise relation avec l'enfant, voire d'un refus de l'apport masculin pour la conception. Certains parlent de mère psychogène, de stade de folie transitoire de la mère, voire de désir incestueux.

Que font les psychanalystes devant un enfant autiste ? J'en fais très peu, j'attends qu'il se passe quelque chose, dit l'un. J'essaie d'apprivoiser l'enfant, je me tiens en retrait, dit un autre.

En contrepoint, des familles avec enfants autistes montrent les progrès réalisés en utilisant des méthodes éducatives et comportementales. Guillaume, considéré jadis comme autiste profond, est aujourd'hui dans une école ordinaire, en 6ème, avec le seul accompagnement d'une auxiliaire de vie.



(©AFP / 06 septembre 2011 - 17h32) »


12 Juillet 2011
Autisme : la Haute autorité de santé ouvre une consultation publique

Source : AFP La Haute Autorité de Santé (HAS) a ouvert une "consultation publique" via internet sur une version préliminaire de recommandations de bonne pratique de l'accompagnement et du suivi de l'autisme. La HAS et l'Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) élaborent actuellement des "recommandations de bonne pratique sur les interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l'enfant et l'adolescent avec autisme ou troubles envahissants du développement". Dans cette perspective, elles souhaitent recueillir l'avis des divers organismes, institutions et associations impliqués dans le suivi et l'accompagnement de l'autisme. Les acteurs impliqués ont ainsi jusqu'au 9 septembre pour commenter le document préparatoire en répondant à un questionnaire via internet (www.has-sante.fr ou www.anesm.sante.gouv.fr). Le document préparatoire souligne notamment la nécessité d'une offre de services thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques diversifiée, pour que les interventions soient adaptées "aux besoins singuliers de chaque enfant/adolescent". "Dans l'état actuel des connaissances, aucune approche éducative ou thérapeutique ne peut prétendre restaurer un fonctionnement normal, ni même améliorer le fonctionnement et la participation de la totalité des enfants/adolescents avec troubles envahissants du développement", indique-t-il. Le document recommande aux parents "d'être particulièrement prudents vis-à-vis d'interventions présentées, par des professionnels ou des associations, soit comme une intervention exclusive, soit comme une intervention permettant de supprimer complètement les manifestations des troubles envahissants du développement, voire de guérir totalement leur enfant". Un enfant sur 150 est concerné par un trouble envahissant du développement, dont l'autisme est une catégorie, selon un rapport de la HAS publié en mars 2010.


06 Juillet 2011
L'autisme: des facteurs environnementaux pendant la grossesse

Source : PsychoMedia Les facteurs environnementaux pourraient jouer un rôle au moins aussi important que les gènes dans le développement de l'autisme selon une étude, publiée dans la revue Archives of General Psychiatry. Joachim Hallmayer de l'Université Stanford et Neil Risch de l'Université de Californie à San Francisco ont, avec leurs collègues, mené cette étude avec 192 paires de jumeaux identiques et non-identiques dans lesquelles au moins un des jumeaux était atteint d'autisme. Dans les années 1970, des études avaient montré que si un jumeau était atteint d'autisme, les probabilités que l'autre soit aussi atteint étaient de 80 % pour les jumeaux identiques (qui partagent le même bagage génétique) et de 10 % pour les jumeaux fraternels (non identiques). Dans les années 1990, la définition du trouble s'est élargie pour inclure d'autres troubles du spectre autistique tels que le syndrome d'Asperger. Deux récentes études ont montré que quand un jumeau fraternel était atteint d'un de ces troubles, la probabilité que l'autre soit atteint était de 31 %. La présente étude montre, pour les garçons ayant une forme de trouble autistique, des taux de concordance de 77 % pour les jumeaux identiques et de 31 % pour les jumeaux fraternels. Des résultats en ligne avec les études précédentes. Les chercheurs ont ensuite analysé ces données au moyen de modèles utilisant des méthodes statistiques pour tenir compte de la contribution des facteurs génétiques et environnementaux partagés par les deux jumeaux et d'autres influences environnementales qui n'étaient pas partagées. Ils ont calculé que 38 % du risque d'autisme serait attribuable aux gènes et 58 % à l'environnement que les jumeaux partagent. Le taux de co-occurence d'autisme chez des frères et soeurs qui ne sont pas jumeaux est beaucoup plus bas que chez les jumeaux ce qui suggère que les conditions que les jumeaux partagent dans l'utérus, plutôt que celles auxquelles ils sont exposés après la naissance contribuent au développement de l'autisme. Les scientifiques ont abandonné, rapporte le Los Angeles Times, la recherche d'un facteur important expliquant l'autisme et s'attendent plutôt à trouver de multiples facteurs qui n'ont chacun qu'un petit impact. Mais, plus le risque associé à un facteur est faible, plus ce facteur est difficile à identifier. Ces résultats viennent en l'encontre de résultats précédents. Les auteurs reconnaissent que leurs calculs sont sujets à une grande marge d'erreur et peuvent être erronés. Mais, disent-ils, ils mettent en évidence la nécessité de poursuivre les recherches sur les facteurs environnementaux qui peuvent contribuer à l'autisme.


05 Juillet 2011
Autisme : le rôle de l'environnement plus important ?

Source : Associated Press Une des plus importantes études jamais réalisées sur l'autisme et les jumeaux porte à penser que l'âge et la santé de la mère pourraient jouer un rôle plus important qu'on ne le croyait dans l'apparition de la maladie. La nouvelle étude ne dissipe toutefois pas le mystère qui entoure l'autisme. La plupart des experts croient qu'une combinaison de gènes défectueux et de facteurs externes est en cause. Et, puisque l'autisme prend plusieurs formes, de léger à grave, il est peu probable qu'il n'y ait qu'une seule cause. L'étude est publiée lundi dans les pages du Archives of General Psychiatry. Utilisant des données californiennes, le Dr Joachim Hallmayer de l'Université Stanford et ses collègues ont étudié 192 paires de jumeaux dans lesquelles au moins un des deux enfants souffrait d'autisme. Certains des jumeaux étaient identiques (monozygotes), tandis que d'autres ne l'étaient pas (dizygotes). Comme on s'y attendait, les chercheurs ont trouvé une incidence d'autisme importante parmi les jumeaux monozygotes : 77 % des jumeaux et 50 % des jumelles souffraient tous deux d'autisme. Chez les jumeaux dizygotes, ces taux étaient de 31 % chez les garçons et de 36 % chez les filles. Des études précédentes avaient décelé que de 10 % à 20 % des frères et soeurs plus jeunes d'enfants souffrant d'autisme étaient susceptibles eux aussi d'avoir la maladie. La nouvelle étude jette toutefois un éclairage novateur sur le problème, puisque l'incidence élevée détectée chez les jumeaux dizygotes démontre que la grossesse est une période importante pendant laquelle des facteurs environnementaux semblent avoir un impact. Ces facteurs peuvent inclure le stress, l'alimentation, les infections, l'âge de la mère et les médicaments qu'elle consomme. La nouvelle étude n'a pas tenté de déterminer quels sont ces facteurs.


08 Juin 2011
Des centaines de petites variations génétiques liées à l'autisme (études)

Dépêche AFP WASHINGTON, 8 juin 2011 (AFP) - Des centaines de petites variations génétiques peuvent jouer un rôle dans l'autisme et paraissent toutes affecter la communication entre les cellules cérébrales, selon trois études importantes publiées mercredi. Pris ensemble, les résultats de ces recherches menées par des scientifiques américains sur un groupe de mille familles dont un des deux enfants est autiste et l'autre pas, mettent en lumière l'importance de variations génétiques diverses et rares dans ce trouble du développement qui affecte 1% des enfants américains. "La diversité est telle qu'un traitement particulier visant une forme d'autisme spécifique peut n'avoir aucun effet sur la majorité des cas", explique le Dr Michael Wigler du Cold Spring Harbor Laboratory (New York, nord-est), le principal auteur d'une des études, toutes parues dans la revue Neuron datée du 9 juin. Les travaux de ce chercheur montrent pour la première fois qu'il existe entre 250 et 300 endroits dans le génome humain où certaines variations génétiques peuvent provoquer une forme ou une autre d'autisme. Cette recherche permet aussi de mieux comprendre pourquoi l'autisme affecte quatre fois plus les garçons que les filles dès l'âge de trois ans. "Une fois que les gènes dont les mutations sont liées à l'autisme auront été identifiés avec assez de certitude, nous pourrons commencer à penser plus clairement aux problèmes spécifiques à chaque enfant plutôt que de tenter de traiter un ensemble de troubles", explique le Dr Matthew State de l'Université Yale (Connecticut, nord-est) qui a mené une autre de ces études. Selon lui "ces trois études représentent une avancée vers la compréhension de l'architecture génomique de l'autisme". "Elles apportent de nouvelles bases pour mettre au jour les mécanismes moléculaires et du développement neurobiologique qui sous-tendent ce syndrome", a-t-il ajouté. Le Dr Dennis Vitkup de l'Université Columbia à New York, qui a dirigé la troisième recherche, estime que les analyses menées par son équipe "confortent l'hypothèse selon laquelle la perturbation de la formation de synapses --cellules nécessaires à la communication entre les neurones- est probablement au coeur de l'autisme". Tous ces chercheurs ont comparé dans la même famille l'ADN de l'enfant qui n'est pas autiste à celui de sa soeur ou de son frère qui l'est. L'étendue de l'échantillon (mille familles) est sans précédent pour une étude génétique clinique.


25 Mai 2011
L'Etat, garant de la prise en charge de l'autisme

La loi garantit à toute personne atteinte d'autisme le droit à une prise en charge pluridisciplinaire. La responsabilité de l'État ne saurait être écartée pour défaut de prise en charge en établissement spécialisé au seul motif qu'il ne serait tenu en la matière qu'à une obligation de moyens. Toute personne atteinte d'un syndrome autistique ou de troubles apparentés doit bénéficier d'une prise en charge pluridisciplinaire et adaptée à son état et à son âge. L'État est, de ce point de vue, tenu à une obligation de résultat, vient de trancher le Conseil d'Etat, étendant ainsi sa jurisprudence "Laruelle" sur la scolarisation des enfants handicapés à la prise en charge des personnes autistes. Défaut de prise en charge en établissement Mère d'un enfant né en 1985 atteint d'un syndrome autistique, Mme A recherche la responsabilité de l'État pour défaut de prise en charge de son enfant dans un établissement spécialisé à partir de 1999. Après de multiples placements jusqu'à ses 13 ans (de 1989 à 1998), le tribunal du contentieux de l'incapacité avait décidé, en septembre 2009, après avoir constaté qu'aucune équipe ne pouvait à elle seule assumer l'ensemble de la prise en charge du mineur, que le soutien technique serait assuré par un accueil à temps partiel dans un institut médico-pédagogique (IMP), complété par un suivi psychiatrique adapté. La prise en charge en IMP ayant été interrompue en avril 2001, à l'initiative de l'établissement, sans qu'aucun centre ne soit alors susceptible d'accueillir l'enfant, la mère invoque la responsabilité de l'État. Et demande des dommages et intérêts au titre du préjudice moral subi par son fils et par elle-même ainsi que la réparation du préjudice économique et financier. Sa requête est d'abord rejetée par le tribunal administratif de Montpellier, puis par la cour administrative d'appel de Marseille. Dans leur arrêt du 15 mai 2008, les juges d'appel avaient considéré que l'obligation invoquée par la mère n'était qu'une obligation de moyens, qu'ils jugeaient en l'occurrence remplie puisque l'enfant avait fait l'objet d'un suivi régulier de la part de la commission départementale de l'éducation spécialisée (ex-CDAPH) et par le service d'éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad). Une prise en charge pluridisciplinaire "effective" Cette analyse est censurée par le Conseil d'État pour qui la cour administrative d'appel a commit une erreur de droit. Elle aurait dû, selon lui ,rechercher "si les obligations incombant à l'État pour assurer l'intensité du suivi de l'enfant, eu égard à son âge et à ses besoins spécifiques, permettaient de qualifier ce suivi de prise en charge pluridisciplinaire", conformément aux dispositions de l'article L. 246-1 du code de l'action sociale et des familles. Dans sa rédaction applicable au litige, cet article disposait que "toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique et des troubles qui lui sont apparentés bénéficie, quel que soit son âge, d'une prise en charge pluridisciplinaire qui tient compte de ses besoins et difficultés spécifiques" ; cette prise en charge adaptée à l'état et à l'âge de la personne et "eu égard aux moyens disponibles", pouvant être d'ordre éducatif, pédagogique, thérapeutique et social. On notera que la Haute juridiction fait fi de la notion de "moyens disponibles" mentionné alors dans cet article. Elle se contente de rappeler que l'intention du législateur était de faire en sorte que la prise en charge "puisse être mise en œuvre selon des modalités diversifiées, notamment par l'accueil dans un établissement spécialisé ou par l'intervention d'un service à domicile", à condition toutefois que celle-ci soit "effective dans la durée, pluridisciplinaire, et adaptée (...)". Remarque : la référence "aux moyens disponibles" a depuis été supprimée par la loi "handicap" du 11 février 2005 au motif que l'accompagnement de personnes aussi lourdement handicapées devait être assuré au titre de la solidarité nationale, sans pouvoir être conditionné par des arguments d'économie budgétaire. Le Conseil d'État persiste et signe La jurisprudence "Laruelle" sur la responsabilité de l'État en matière de scolarisation des enfants handicapés semble faire tâche d'huile (voir ici la condamnation récente de l'État pour refus de prise en charge des fonctions d'AVS-i en dehors du temps scolaire). Reprochant à l'époque à l'État de ne pas avoir pris l'ensemble des mesures nécessaires pour que le droit à l'éducation ait un caractère effectif pour les enfants handicapés, le Conseil d'État avait considéré que l'administration ne pouvait se prévaloir de l'insuffisance de structures d'accueil existantes pour se dégager de sa responsabilité. Aujourd'hui, il étend à demi-mot ces principes à la prise en charge des personnes atteintes du syndrome autistique, voire de polyhandicap, puisque depuis la loi du 11 février 2005, ces dernières sont également couvertes par les prescriptions de l'article L. 246-1 du code de l'action sociale et des familles.


09 Mai 2011
La fréquence de l'autisme serait sous-estimée, selon une étude - Lead

Dépêche AFP WASHINGTON, 9 mai 2011 (AFP) - La fréquence de l'autisme serait sous-estimée, révèle une étude menée en Corée du Sud et publiée lundi aux Etats-Unis, qui se fonde pour la première fois sur un échantillon représentatif de l'ensemble de la population infantile scolarisée d'un pays. Ainsi en Corée du Sud, un enfant sur 38 serait atteint de ce syndrome, selon cette étude. Ce taux est actuellement estimé à un enfant sur 110 aux Etats-Unis. L'étude sud-coréenne, parue dans la version en ligne de l'American Journal of Psychiatry, a porté sur environ 55.000 enfants âgés de 7 à 12 ans et a été menée par une équipe internationale de chercheurs américains, canadiens et sud-coréens. "Les résultats de cette étude conduisent à penser que l'autisme est sous-diagnostiqué et qu'une détection rigoureuse ainsi que des études portant sur de larges échantillons de population pourraient être nécessaires pour obtenir des estimations plus exactes de la fréquence de ce trouble du développement", souligne le Dr Geraldine Dawson, de l'organisation Autism Speak qui a financé une partie de cette recherche. Le désaccord entre les experts sur les causes et la fréquence de l'autisme s'explique par les variations des critères pour établir le diagnostic, et aussi du fait que les études épidémiologiques sont incomplètes, selon le Dr Young-Shin Kim, du Centre de recherche sur l'enfant de l'Université de Yale (Connecticut, est), principal auteur de cette communication. "Nous avons pu, dans l'étude coréenne, détecter plus d'enfants atteints d'autisme et décrire tout l'éventail des caractéristiques cliniques de ce syndrome", souligne la chercheuse. "Des recherches récentes révèlent qu'une partie de l'accroissement du nombre de cas d'autisme semble être attribuable à une plus grande prise de conscience de ce syndrome dans le public ainsi qu'à l'élargissement des critères de diagnostic", précise-t-elle. Cette recherche menée en Corée du Sud semble indiquer qu'une meilleure approche de la détection pourrait résulter en une réévaluation de la fréquence de l'autisme. "Ce projet de recherche en Corée du Sud, qui ne s'est pas penché sur les facteurs de risque potentiel dans cette population en particulier, a ouvert des horizons à des travaux déjà en cours qui examinent les facteurs génétiques et environnementaux contribuant au risque d'autisme", explique le Dr Young-Shin Kim. Cette étude vient aussi conforter le fait que l'autisme transcende les barrières culturelles, ethniques et géographiques en montrant que cette maladie est un problème de santé mondial qui n'est pas limité au monde occidental, relèvent les auteurs de l'étude. A ce jour, il n'y a aucune différence dans la manière dont l'autisme se manifeste chez les enfants dans le monde, mais il est néanmoins possible que des facteurs culturels puissent influencer le diagnostic et les estimations de la fréquence des cas. Conscients de ce problème, les auteurs de l'étude sud-coréenne ont adopté une approche très ouverte pour éviter des préjugés culturels potentiels, explique Richard Grinker, anthropologue à l'Université George Washington ayant participé à cette recherche. Cette étude n'indique pas que la fréquence de l'autisme est supérieure chez les enfants coréens qu'ailleurs dans le monde mais montre que ce syndrome est plus commun qu'estimé jusqu'ici, soulignent les chercheurs. js/cel USA-SANTÉ-MALADIE-AUTISME-CORÉESUD - 09/05/2011 19h04 - AFP


11 Décembre 2010
L’autisme résulte-t-il d’une infection chronique ?

LE MONDE - Le Pr Luc Montagnier, colauréat du prix Nobel de médecine 2008, envisage de lancer, en France, un essai clinique sur une cinquantaine d'enfants, dont trente sont autistes, afin de vérifier une hypothèse selon laquelle l'autisme serait le résultat d'une infection chronique. Les sujets seraient traités avec des antibiotiques, selon une approche qui rappelle celle, controversée, de la mémoire de l'eau. Luc Montagnier serait financièrement soutenu par l'Autism Research Institute de San Diego, lequel compte soutenir un autre essai, outre-Manche, inspiré par le protocole DAN. Le Monde précise que ce protocole consiste à traiter l'autisme avec des vitamines et certains régimes.


23 Juin 2010
Autisme : les pharmacies APSARA lanceront des actions de mobilisation dès le 29 juin prochain

SANTE MEDECINE . NET Les pharmacies APSARA, en partenariat avec les associations Autistes Sans Frontières et Autisme France, se mobiliseront, du 29 juin au 15 septembre prochains, pour sensibiliser le grand public à l'autisme et lancer un appel aux dons tout au long de l'été. Dès le 29 juin, les usagers pourront participer à des conférences publiques orchestrées dans sept villes françaises pour s'informer sur les différents aspects de ce handicap. Les particuliers, les patients touchés par l'autisme et leur entourage pourront participer, du 29 juin au 5 juillet prochains, à des conférences publiques sur le thème "Sortons les enfants autistes de leur bulle" dans sept villes de France. L'occasion pour chacun de partager leur expérience et d'apprendre à mieux connaître ce handicap. Ces conférences se dérouleront dans les villes de Lyon, Tours, Nantes, Rouen, Montluçon, Reims et Amiens. Un appel aux dons sera également lancé tout au long de l'été pour permettre aux deux associations de récolter des fonds afin de créer des centres de formation spécialisés dans l'accompagnement et la prise en charge des enfants concernés par l'autisme. Pour l'occasion, les pharmacies APSARA diffuseront une brochure, dès le 29 juin, pour encourager le grand public à effectuer des dons pour les associations Autistes sans Frontières et Autisme France. Le groupe de pharmaciens APSARA lance également une pétition pour faire de l'autisme la Grande Cause Nationale 2011. Les particuliers pourront signer la pétition dans les pharmacies concernées, mais également sur les sites AutistesSansFrontieres.com et AutismeFrance.org. La liste des lieux accueillant les conférences publiques et des pharmacies APSARA est disponible sur le site Groupe-Apsara.com. Sites : www.autistessansfrontieres.com


11 Juin 2010
Des mutations génétiques à l’origine de l’autisme

FUTURA SCIENCES - Les recherches de l’Autism Genome Project ont permis d’identifier de nouveaux marqueurs génétiques impliqués dans les syndromes liés à l’autisme, ouvrant la voie à un diagnostic précoce et à des traitements possibles. L’Autism Genome Project (AGP) a rassemblé 120 scientifiques de plus de 60 institutions venant de 11 pays, pour former le premier consortium de ce type. Grâce aux fonds récoltés par Autism Speaks, une organisation fondée en 2005 par les grands-parents d’un enfant autiste, l’AGP a pu mener une étude monumentale et faire des avancées dans la détermination des marqueurs génétiques responsables de l’autisme. L’autisme est une maladie encore mal comprise, qui regroupe un ensemble de troubles du spectre autistique (TSA). Les symptômes sont très variés mais se caractérisent globalement par un défaut d’interaction du malade avec son environnement social. Alors que chez certains le diagnostic de la maladie est précoce (avant les trois ans), la maladie peut n’être découverte qu’à l’âge adulte pour certains types d’autisme moins handicapants (syndrome d’Apserger par exemple). Si des travaux de recherche indiquent que l’autisme est au moins en partie héréditaire, les marqueurs génétiques associés à la maladie étaient très peu connus. L’environnement est aussi suspecté de jouer un rôle dans l’apparition de la maladie. Les résultats obtenus par l’AGP et publiés dans le journal Nature, offrent une avancée dans la caractérisation génétique de l’autisme. La maladie serait causée en partie par une variabilité du nombre de copies de petits fragments d’ADN (ou VNC), rarement retrouvée. L’étude a également permis d’identifier de 2.300 génomes analysés. L’étude a porté sur l’analyse poussée du génome de 996 personnes atteintes de TSA et de 1287 personnes saines, toutes ayant des origines européennes, afin de travailler sur un fond génétique commun. Les chercheurs avaient pour objectif de mettre en évidence le polymorphisme (différences du génome au sein d’une population) entre le groupe sain et le groupe malade. Cette étude a d’abord permis de constater une augmentation globale du nombre de VNC rares chez les enfants atteints d’autisme. Ainsi, ces personnes ont des duplications ou des délétions de fragments d’ADN qui ne sont que très rarement retrouvées dans la population. L’analyse du génome des parents révèle aussi que si certains de ces VNC rares sont héréditaires, d’autres sont apparus spontanément dans le génome de l’enfant. Le rôle de chacun de ces VNC rares n’a pas été analysé individuellement, mais ces travaux montrent néanmoins l’importance de leur multiplicité dans la pathologie. De nouveaux gènes impliqués dans l’autisme ont également pu être identifiés par cette étude. Ainsi, les trois gènes SHANK2, SYNGAP1 et DLGAP2 codent pour des protéines retrouvées dans les synapses (connexion inter-neurone), et qui sont donc importantes pour la transmission des informations nerveuses. Un gène porté par le chromosome X a également été identifié (DDX53–PTCHD1), ce qui pourrait expliquer le plus grand nombre de garçons atteints d'autisme par rapport aux filles. Ces résultats indiquent que l’autisme n’est pas le résultat d’un simple désordre génétique, mais qu’il est une combinaison complexe de différentes mutations. Ces recherches pourraient toutefois permettre d’accélérer le diagnostic de la maladie, et à terme d’en améliorer la prise en charge pour des familles parfois en difficulté.


11 Juin 2010
L'autisme, un syndrome aux origines génétiques complexes

LE MONDE - Les études portant sur la composante génétique de l'autisme se multiplient et dessinent un tableau toujours plus complexe de ce syndrome, qui touche plus d'une personne sur cent. Les derniers travaux en date, publiés jeudi 10 juin dans la revue Nature, émanent d'un consortium international de près de 200 chercheurs appartenant à plus de 60 institutions de onze pays. Ils ont porté sur 996 personnes d'ascendance européenne diagnostiquées comme autistes, dont le patrimoine génétique a été comparé à celui de 1 287 individus ne présentant pas ces troubles. Cette comparaison a été établie à l'aide de puces à ADN capables de tester en parallèle un million de sites géniques pour chaque individu. Elle a mis en évidence des remaniements de fragments d'ADN, appelés "variations du nombre de copies" (CNVs) en plus grand nombre chez les personnes atteintes d'autisme que dans la population générale. Parmi ces CNVs, certaines étaient héritées des parents, mais d'autres semblent être apparues spontanément dans le génome des autistes testés. Beaucoup mettaient en jeu des gènes déjà identifiés comme pouvant jouer un rôle dans l'autisme ou des désordres intellectuels apparentés. "Ces résultats étayent nos études précédentes montrant l'implication de gènes jouant un rôle dans le transfert de l'influx nerveux à travers le fonctionnement des synapses, zones de contact entre les neurones", indique Thomas Bourgeron (Paris-VII-Pasteur), cosignataire de l'étude. Son équipe a été la première à montrer, en 2003, le rôle de mutations de gènes du chromosome X affectant les neuroligines, des protéines en jeu dans la formation des synapses. En 2007, elle a identifié un autre gène, SHANK3. La dimension génétique de l'autisme, longtemps niée par une partie du monde psychiatrique, ne fait aujourd'hui plus de doute. Elle était suspectée de longue date, à la suite d'études montrant que chez les jumeaux, quand l'un est autiste, l'autre a plus de chance de l'être s'il s'agit de vrais jumeaux plutôt que de faux. "Nous n'avons disposé des outils moléculaires pour caractériser ce lien génétique que dans les années 1990", note Marion Leboyer (Inserm-AP-HP-université Paris-XII), cosignataire de l'article de Nature. La chercheuse a été pionnière dans ce domaine en mettant sur pied une cohorte de patients dite "Paris" qui s'est élargie au niveau européen puis international. "L'objectif de tels consortiums est d'avoir une plus grande puissance statistique pour mettre en évidence la composante génétique de troubles qui présentent un spectre très large", souligne Thomas Bourgeron. En effet, seule une petite proportion des personnes diagnostiquées comme autistes le doivent à l'anomalie d'un seul gène. La grande majorité des cas dépend de combinaisons variables de mutations. Leur caractérisation pourrait conduire au développement d'outils de diagnostic. Et ouvrir des pistes thérapeutiques. "En 2008, nous avons identifié une mutation dans le gène codant pour la mélatonine, impliquée dans le cycle veille-sommeil, indique Thomas Bourgeron. Cela a permis d'améliorer le sommeil des enfants autistes." Des approches non génétiques sont aussi explorées, comme l'administration intranasale d'ocytocine, hormone de l'attachement qui améliore les capacités d'interaction sociale de certains patients. Le généticien met lui-même en garde contre un basculement vers le tout-génétique dans la prise en charge de ces troubles. La Fondation FondaMental, dirigée par Marion Leboyer, vise à les appréhender dans toutes leurs dimensions. Mais, déplore-t-elle, "la recherche en psychiatrie attire moins les donateurs que d'autres secteurs biomédicaux". Hervé Morin


10 Juin 2010
Autisme : l'ADN, clé du mystère?

L'EXPRESS - Les scientifiques ont comparé les génomes de personnes autistes et de personnes saines. Ils ont mis en évidence des anomalies génétiques, peut-être à l'origine de la maladie. C'est peut-être un espoir pour les autistes et leurs familles: les scientifiques ont découvert des anomalies génétiques qui pourraient permettre de comprendre (et de dépister) cette maladie dont la prévalence ne cesse d'augmenter dans tous les pays industrialisés, mais dont l'origine restait jusque-là un mystère. Ce trouble du comportement et du langage est un défi pour les médecins: il peut prendre des formes diverses et plus ou moins marquées. Surtout, aucun test ni analyse biochimique ne permettent de le détecter -les enfants touchés sont rarement diagnostiqués avant l'âge de 5 ans. Voilà quelques décennies, certaines théories psychanalytiques avaient pointé la responsabilité des parents, et spécialement de la mère... Il a fallu attendre les années 1980 pour que les recherches s'orientent vers la biologie du cerveau et la génétique. Des études sur des jumeaux ont alors montré que 15 à 20 % des cas d'autisme avaient une origine héréditaire. Une dizaine de gènes susceptibles de jouer un rôle dans la maladie étaient identifiés, sans qu'aucun ne puisse être considéré comme "le" responsable...


09 Juin 2010
Autisme : découverte de nouveaux gènes impliqués

PARIS, 9 juin 2010 (AFP) - Un consortium international de scientifiques a découvert des mutations génétiques et de nouveaux gènes impliqués dans l'autisme. Les travaux de ce groupe de près de deux cent chercheurs de plus de 60 institutions de onze pays sont publiés mercredi dans la revue scientifique britannique Nature. Certaines de ces mutations sont héritées, mais d'autres sont considérées comme nouvelles car elles apparaissent chez les enfants atteints et sont absentes chez leurs parents. Ces petites erreurs génétiques surviennent probablement lors de la formation de l'embryon, d'après les chercheurs. Les chercheurs ont analysé le génome de 1.000 personnes ayant des troubles liés à l'autisme et de 1.300 qui en sont indemnes. Ils ont ainsi mis en évidence des mutations, appelées "variations du nombre de copies" (suppression ou répétition de sections d'ADN) qui leur ont permis d'identifier de nouveaux gènes impliqués dans l'autisme, tels les gènes "SHANK2, SYNGAP1, DLGAP2 et PTCHD1". "Un grand nombre de ces mutations perturbent des gènes déjà associés à l'autisme ou à des déficiences intellectuelles", précise Catalina Betancur, de l'Inserm (recherche publique, France), un des principaux auteurs de l'étude. Certains de ces gènes agissent au niveau des contacts entre les neurones (les synapses), d'autres interviennent dans la transmission de signaux cellulaires. L'identification de ces voies biologiques offre de nouvelles pistes de recherche, ainsi que des cibles potentielles pour le développement de traitements originaux, selon les chercheurs. Ces découvertes viennent appuyer un consensus scientifique émergent, selon lequel l'autisme serait provoqué en partie par de nombreuses "variations rares" ou des modifications génétiques détectées chez seulement quelques autistes. Ces "variations" du nombre de copies de gènes présentes chez moins de 1% de la population, donc rares, sont plus fréquentes, de 20 %, chez les autistes comparés aux sujets non atteints, souligne l'étude du consortium du projet génome autisme démarré en 2002 . Mais l'étude n'explique qu'un petit pourcentage des autismes d'origine génétique. "Avec l'ensemble des connaissances actuelles, dont celles apportés par cette étude, on arrive à identifier la cause génétique d'environ 20% des cas d'autisme et troubles apparentés", ajoute Mme Betancur. Les troubles autistiques dans leur ensemble sont diagnostiqués chez un enfant sur 110 et touchent quatre fois plus de garçons que de filles. BC/mpf/ca


09 Juin 2010
Espoir dans l'autisme : de nouvelles pistes à explorer

LE POINT - Dans l'autisme, de nouvelles pistes de recherche viennent de s'ouvrir et des cibles potentielles récemment mises à jour permettront peut-être de développer des traitements spécifiques. Pour aboutir à un tel message d'espoir, cent soixante-dix-sept scientifiques, issus de plus de soixante institutions de onze pays différents se sont mobilisés. Ils publient dans la revue Nature du 10 juin 2010 les résultats de la phase 2 du consortium international de recherche génétique sur l'autisme, l'Autism Genome Project, démarré en 2002. Ce groupe de chercheurs, parmi lesquels figurent des Français, a découvert des mutations génétiques et de nouveaux gènes impliqués dans cette affection. Ces équipes internationales ont analysé, à l'aide des micropuces ADN à haute résolution, le génome entier de 1.000 personnes présentant des troubles liés à l'autisme et de 1.300 témoins. Elles ont ainsi pu mettre en évidence des insertions et des suppressions de séquences génétiques, invisibles au microscope. Ces remaniements, appelés "variations du nombre de copies" - déjà observés lors de la première phase de ce vaste projet -, ont permis d'identifier de nouveaux gènes impliqués dans l'autisme. Certains agissent au niveau des contacts entre les neurones (les synapses), tandis que d'autres sont impliqués dans la prolifération cellulaire ou encore dans la transmission de signaux entre les cellules. L'identification de ces voies biologiques offre de nouvelles pistes de recherche. La seconde partie de l'étude de l'Autism Genome Project a également démontré que les patients atteints d'autisme tendaient à avoir plus de "variations du nombre de copies" rares (détectées chez moins de 1 % de la population) touchant des gènes que les témoins. Certaines de ces mutations sont héritées des parents, d'autres apparaissent "de novo". Et, chez les autistes, un grand nombre de ces mutations tendent à perturber des gènes déjà associés à la maladie ou aux déficiences intellectuelles. Ces découvertes viennent donc conforter l'hypothèse déjà envisagée du rôle de nombreuses "variations rares" ou des modifications génétiques détectées chez quelques malades. Ces résultats sont d'autant plus importants qu'il n'existe toujours pas de traitement curatif de cette maladie, qui isole ceux qui en sont atteints.


16 Février 2010
Une hormone contre l'autisme

L'EXPRESS - Par Gilbert Charles Des neurologues du CNRS démontrent l'efficacité d'une nouvelle molécule sur des patients autistes "Aie confiaaaaance..." murmure le serpent Kaa à l'oreille de Mowgli, dans le Livre de la jungle de Walt Disney. Il existe, dans notre cerveau, un mécanisme biologique qui diminue la peur des autres et nous pousse à tisser des relations avec des étrangers. Il est activé par une étonnante substance chimique, l'ocytocine, surnommée "l'hormone du lien", qui vient d'être utilisée pour la première fois avec succès pour traiter l'autisme. Isolée par des chimistes américains en 1953, cette molécule était jusque-là surtout connue pour ses effets chez la femme enceinte: elle accélère le travail lors de l'accouchement et déclenche la lactation. On a découvert depuis quelques années qu'elle jouait aussi un rôle majeur dans les comportements d'attachement et de socialisation. Sa concentration atteint un pic maximum dans le cerveau lors de l'orgasme, chez la femme comme chez l'homme. Elle est également plus élevée chez les pères de petits bébés que chez les célibataires. Une hormone similaire, la vasopressine, favoriserait de la même façon les "interactions amicales" chez plusieurs espèces animales. Des études menées sur des campagnols sauvages aux Etats Unis ont montré que la monogamie, l'habitude de vivre en couple avec le même partenaire durant toute la vie, était déterminée par le taux d'ocytocine et de vasopressine. On sait également, grâce à des expériences de psychologues sur des volontaires jouant à des jeux d'argent, que les personnes à qui l'on montre le plus de confiance secrètent plus d'ocytocine et se montrent plus loyaux et plus généreux envers les autres. Pourrait-on utiliser cet "euphorisant social" pour soigner les autistes, dont la maladie se caractérise justement par des difficultés à communiquer et à développer des liens sociaux? Pour le savoir, des chercheurs du Centre de neuroscience cognitive du CNRS, à Lyon, ont administré de l'ocytocine à 13 patients autistes et ont observé leur comportement au cours de jeux de balle et de tests visuels. Après avoir inhalé le produit avec un vaporisateur nasal, les cobayes se montrent beaucoup réceptifs aux expressions des visages, interagissent d'avantage avec les autres et s'adaptent mieux aux différentes situations sociales. D'autres études vont être entreprises par l'équipe lyonnaise, dirigée par Angela Sirigu, afin d'évaluer les effets à long terme de ce genre de traitement.


08 Février 2010
Autisme : la piste génétique

LE FIGARO - Martine Lochouarn L'approche de cette maladie aux formes multiples s'est radicalement transformée en dix ans. Certains auteurs parlent d'archipel ou de constellation, les médecins de «spectre de l'autisme», mais l'idée est la même : celle d'une affection dont les formes multiples partagent des caractères communs qui fondent le diagnostic. En ce sens, l'autisme est plus un ensemble de signes, un «syndrome», qu'une seule et unique maladie. Il toucherait en France 400.000 personnes (selon l'OMS), avec un risque quatre fois plus élevé pour les garçons. C'est le neuropsychiatre américain Léo Kanner qui emploie pour la première fois en 1943 ce terme à propos de jeunes enfants souffrant d'un trouble précoce et global du développement des interactions sociales et affectives. Le mot, à l'origine emprunté à la psychiatrie de l'adulte, fait référence au repli sur soi si frappant de ces enfants. «Parfois, les parents perçoivent dès la première année le comportement particulier de leur bébé, marqué par une indifférence, une absence de contacts visuels, de sourires, de babil… Tous ces signes par lesquels le tout-petit montre habituellement son extraordinaire intérêt pour le monde qui l'entoure», explique le Pr Catherine Barthélémy, pédopsychiatre au CRHU Bretonneau de Tours. Mais même si le dépistage des enfants à risque doit devenir toujours plus précoce pour proposer au plus tôt une prise en charge adaptée, le diagnostic est difficile à affirmer avant 3 ans. «Il repose en effet uniquement sur des signes comportementaux. Il n'existe aujourd'hui aucun moyen biologique ou génétique de diagnostiquer cette affection», insiste le médecin. Le diagnostic repose sur la présence simultanée de trois sortes de troubles du comportement : de la socialisation (l'enfant, au visage inexpressif, semble solitaire, joue seul, a peu de contacts émotionnels et se comporte avec les gens comme s'il s'agissait d'objets) ; de la communication (il ne parle pas, ou parle sans rechercher le dialogue) ; de l'adaptation (le moindre changement dans son environnement peut provoquer des crises d'angoisse ou d'agressivité, ses activités sont peu variées, répétitives, avec des mouvements stéréotypés comme des battements de mains, des balancements…). «C'est cette triade, exprimée à des degrés divers, qui définit l'autisme. Il m'arrive donc de faire dans une même journée ce diagnostic chez un enfant très intelligent et chez un autre très déficient», souligne Catherine Barthélémy. Ces manifestations se retrouvent en effet aussi bien dans les formes sévères marquées par un retard mental profond et l'absence de langage que dans la maladie d'Asperger, celle de l'autiste aux capacités intellectuelles parfois exceptionnelles illustré par Dustin Hoffman dans le film Rain Man. «Chez ces autistes de haut niveau, un premier diagnostic à 50 ans, après une vie d'errance thérapeutique, n'est pas exceptionnel», précise le Pr Marion Leboyer, psychiatre responsable du pôle santé mentale du groupe hospitalier Chenevier-Mondor de Créteil. L'origine de l'autisme reste un mystère. Chez 10 % à 20 % des enfants, l'autisme est dit «syndromique», car associé à une maladie génétique ou métabolique favorisante (X fragile, sclérose tubéreuse, trisomie 21…). Mais dans 80 % des cas, il n'y a pas de cause connue. Les progrès réalisés ces dernières années permettent cependant désormais d'écarter la conception qui a longtemps dominé, celle d'une maladie due au repli précoce de l'enfant face à une relation avec la mère perçue comme négative. Dès les années 1970, les avancées de la neurologie avaient conduit à l'hypothèse d'un dysfonctionnement cérébral et permis l'essor de thérapies cognitives et comportementales nouvelles, même si «aucune de ces prises en charge diverses n'a encore réellement été validée scientifiquement», précise le Pr Barthélémy. On y associe souvent la rispéridone, un médicament qui réduit l'anxiété et l'agressivité liés à l'autisme mais n'agit pas directement sur la maladie. Depuis 2003, des études ont identifié, chez l'animal ou dans des familles comptant plusieurs malades, des mutations sur des gènes impliqués dans les communications entre cellules nerveuses. Il ne fait plus guère de doute que l'autisme a au moins une composante génétique. Le diagnostic pourrait en être un jour bouleversé, et peut-être à long terme les traitements. Des hormones comme la mélatonine, voire l'ocytocine, semblent aussi intervenir (lire ci-dessous). Les progrès de l'imagerie cérébrale suggèrent qu'une région particulière du cerveau est associée à l'autisme. Ce glissement d'une conception psychanalytique à une vision plus neurobiologique de l'autisme ne se fait pas toujours sans frictions entre professionnels, mais conduit peu à peu à une collaboration renforcée des psychiatres, des généticiens et des neurologues. Déculpabilisées, les familles participent aussi de plus en plus à cette révolution en cours.


08 Février 2010
Autisme : la France fait figure de mauvais élève

LE FIGARO - Pauline Lena L'autisme affecte 400 à 500.000 personnes en France. En France, on établit un diagnostic d'autisme à partir de 3 ans. D'autres pays l'envisagent dès 18 mois. «La France, aux côtés de quelques pays d'Amérique latine, fait encore figure de mauvais élève dans le monde, avec une prise en charge de l'autisme qui n'a pas évolué depuis quarante ans», regrette Gloria Laxer, maître de conférence à l'université Lyon-II. Le Conseil consultatif national d'éthique soulignait, dans un avis rendu en 2007, la situation dramatique dans laquelle des familles se trouvent malgré les nombreux rapports, recommandations, circulaires et lois apparus depuis dix ans. Les querelles d'écoles font encore rage et ralentissent la mise en application de ces textes. Depuis les années 1980, les syndromes autistiques sont classifiés comme des troubles envahissants du développement, ce qui élimine définitivement la notion de psychose autistique. Mais en France, la théorie psychanalytique est encore largement défendue et la prise en charge repose souvent sur un traitement purement psychiatrique. Depuis les années 1970, de nombreuses études ont démontré l'intérêt d'une approche éducative et comportementale, à tous les âges. La résistance du corps médico-social français provoque encore de nombreuses erreurs de diagnostic, un recours trop fréquent à l'hôpital psychiatrique et une exclusion sociale complète à l'âge adulte. L'importance d'un diagnostique juste et précoce Reconnaître que l'autisme est un trouble du développement met l'accent sur l'importance d'un diagnostic juste et précoce, qui permet d'améliorer l'efficacité des interventions. Dans les pays anglo-saxons et scandinaves, très en avance, le diagnostic est envisagé dès 18 mois. En France, le consensus s'établit aujourd'hui à 3 ans, mais les diagnostics erronés sont encore fréquents. «Outre les psychiatres qui posent encore des diagnostics de schizophrénie ou de psychose, il arrive souvent qu'une autre affection, comme la trisomie ou la surdité, masque l'autisme. Les enfants peuvent alors s'enfoncer dans leur autisme ou subir les effets secondaires des traitements médicamenteux», souligne Mireille Lemahieu, présidente de l'association Autisme France. Une fois le bon diagnostic posé, les familles doivent se battre pour que leurs enfants soient acceptés à l'école et accèdent aux méthodes d'apprentissage nécessaires à une meilleure socialisation jusqu'à l'âge adulte. La loi Handicap de février 2005 et la circulaire interministérielle de mars 2005, spécifiquement centrée sur l'autisme, n'ont pas encore eu d'effet suffisant. Le Conseil de l'Europe, après avoir condamné la France en 2004, a rappelé fin 2008 que la France n'était toujours pas en conformité avec la charte sociale européenne sur l'égalité d'accès à l'enseignement des personnes autistes. Les associations placent désormais tous leurs espoirs dans le plan autisme 2008-2010, qui promet une nouvelle fois d'améliorer les structures de prise en charge des personnes autistes et met clairement l'accent sur la formation continue des psychiatres.


02 Février 2010
La revue Lancet se rétracte sur une étude liant vaccin et autisme

Source : AFP PARIS — La revue médicale britannique The Lancet s'est formellement rétractée mardi sur une étude datant de 1998 faisant un lien entre le vaccin ROR (rougeole-rubéole-oreillons) et l'autisme. La revue a dès lors décidé de retirer de ses archives cet article, qui avait entraîné une baisse de cette triple vaccination en Grande-Bretagne. Lancet avait déjà reconnu en 2004 qu'il n'aurait pas dû publier cette étude dirigée par le Dr Andrew Wakefield laissant craindre un lien possible entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et qui a été à l'origine d'une vive polémique en Grande-Bretagne. Plusieurs études (britannique, canadienne, américaine...) publiées après l'étude en cause, qui avait été réalisée sur un échantillon de seulement 12 enfants, n'ont établi aucune corrélation entre la survenue d'autisme et le triple vaccin ROR. En fait, l'auteur principal qui avait semé la panique dans le monde anglo-saxon en publiant son étude dans la prestigieuse revue médicale, s'est vu reprocher des irrégularités et d'avoir conduit une recherche manquant à l'éthique médicale. La revue Lancet a suivi un jugement du General Medical Council britannique (Conseil général de la médecine) en date du 28 janvier dernier, selon lequel certains éléments de l'article de 1998 de Wakefield et ses co-auteurs sont "incorrects" et ses méthodes de recherche "non éthiques".


02 Décembre 2009
Handicap à l'école: Autisme France signe la convention pour l'embauche d'AVS

Dépêche AFP - L'association Autisme France a signé avec le ministère de l'Education la convention-cadre qui lui permettra d'embaucher des auxiliaires de vie scolaire (AVS, accompagnant les enfants à l'école), arrivant en fin de contrat, ont-ils annoncé mercredi dans un communiqué. Autisme France est la quatrième association depuis août à signer cette convention, qui permet aux associations signataires de reprendre des AVS en fin de contrats aidés. La Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph), l'Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) et la Fédération générale des pupilles de l'enseignement public (FGPEP) l'avaient déjà signée avant elle. Cette convention-cadre ouvre la voie aux 130 associations partenaires d'Autisme France pour signer ensuite localement des conventions de reprise d'AVS avec Autisme France et les inspections d'académie. Contactée par l'AFP, Mireille Lemahieu, présidente d'Autisme France, a précisé que l'association était "en train d'évaluer" le nombre d'AVS qui pourraient en bénéficier. Les associations de défense des droits des enfants handicapés n'avaient embauché fin octobre qu'une vingtaine d'AVS sur les 1.000 à 1.500 éligibles à une reprise. Certaines, comme l'Association des paralysés de France (APF), refusent de signer la convention-cadre, voyant dans l'embauche d'AVS par les associations "un désengagement de l'Etat". Pour Mireille Lemahieu, le système imaginé par le ministère pour reprendre ces personnels permet au contraire de "ne pas avoir d'interruption" dans le suivi de l'enfant par l'AVS.


01 Décembre 2009
Autisme : certaines thérapies précoces efficaces pour diminuer les symptômes

WASHINGTON - (©AFP / 30 novembre 2009 18h59) Un nouveau traitement du comportement visant des enfants autistes dès l'âge de 18 mois a permis de nettement améliorer leur quotient intellectuel et leur capacité de s'exprimer et de communiquer socialement, selon une recherche publiée lundi. "Il s'agit de la première étude contrôlée d'une thérapie intensive ciblant des enfants autistes ayant moins de deux ans et demi", souligne Geraldine Dawson, professeur de psychologie à l'Université de Washington à Seattle (nord-ouest), principal auteur de ces travaux parus dans la version en ligne du journal Pediatrics. "Etant donné que l'Académie américaine de pédiatrie recommande que tous les enfants de 18 à 24 mois soient testés pour l'autisme, il est essentiel que nous puissions offrir aux parents des thérapies efficaces pour ces enfants", ajoute-t-elle dans un communiqué. "En commençant des thérapies dès que le jeune enfant est diagnostiqué, nous espérons optimiser l'impact de ces interventions", a dit cette psychologue. Cette approche baptisée "Early Start Denver Model" combine des méthodes d'enseignement fondées sur l'analyse du comportement appliqué (en anglais Applied Behavior Analysis ou ABA) à des techniques visant à développer une relation avec l'enfant. L'ABA est un champ d'étude issu de la psychologie comportementale qui donne de bons résultats dans de nombreux domaines de traitement. Bien que des études précédentes eurent montré l'utilité d'interventions précoces auprès des autistes à l'école maternelle, des thérapies visant des enfants encore plus jeunes commencent tout juste à être testées, notent les auteurs des travaux. Cette recherche qui a duré cinq ans a porté sur 48 enfants autistes âgés de 18 à 30 mois sans autre problème de santé. Ils ont été séparés en deux groupes dont l'un a bénéficié de cette nouvelle approche à leur domicile durant des sessions de deux heures, cinq jours par semaines. Le groupe témoin a été soumis aux programmes de thérapies habituelles dans des établissements spécialisés. A la fin de l'étude, les enfants traités selon le nouveau programme ont vu leur quotient intellectuel et leur capacité d'écoute et de compréhension orale progresser dans les deux cas de 18 points environ, contre quatre et dix points respectivement dans l'autre groupe, précisent les chercheurs. Sept des enfants du groupe ayant bénéficié de la nouvelle méthode d'intervention ont même fait suffisamment de progrès pour que les médecins modifient leur diagnostic et ne les considèrent plus comme "atteints d'autisme" mais atteints d'un syndrome plus bénin de développement mental. "Nous pensons que cette technique a permis au groupe d'enfants autistes en bas âge de faire beaucoup plus de progrès parce qu'elle comprend un enseignement soigneusement structuré combiné à une approche visant à développer la capacité à communiquer socialement", explique le Dr Sally Rogers, une psychiatre à l'Université de Californie (ouest) ) à Davis, co-auteur de l'étude, insistant sur l'importance de la participation des parents. L'autisme est une pathologie résultant d'une anomalie neurologique durant la période de développement du cerveau dont l'origine reste indéterminée. Ce syndrome apparaît au début de la vie et toucherait au moins une personne sur 1.000. Les garçons sont quatre fois plus affectés que les filles.


30 Octobre 2009
Autisme : pour l’accès aux choix des thérapies

LIBERATION - Par MICHEL CAFFAREL parent à Toulouse Suite à l’article du Pr Bernard Golse (Libération du 23 septembre), il me semble important que les lecteurs disposent du point de vue d’un parent d’enfant autiste. La lecture de cet article ne peut que donner un sentiment désagréable de querelles intestines, de confrontations violentes entre idéologies exclusives. Je voudrais dégager quelques points fondamentaux, en évitant autant que possible les polémiques. Les éléments de réflexion qui suivent, issus de l’expérience d’un parent, sont forcément très personnels. Toutefois, pour avoir fréquenté de nombreux autres parents, je suis convaincu qu’ils représentent bien plus que ma propre opinion. Le premier élément important, c’est que les parents d’enfants autistes ne sont pas des idéologues ; dans leur grande majorité, ils ne défendent aucune chapelle. Ils sont simplement, comme tous les parents du monde face à la détresse de leur enfant, à la recherche de la prise en charge la plus adaptée. Deuxièmement, les parents découvrent assez rapidement (grâce aux forums de discussion des associations de parents des pays francophones, à la consultation de documents) qu’en ce qui concerne la prise en charge de l’autisme, la France est un cas singulier. Pour faire simple, dans la majorité des pays, la prise en charge repose essentiellement sur des thérapeutiques dites «éducatives» alors qu’en France, les prises en charge sont quasi exclusivement d’inspiration psychanalytique. Dire cela ne signifie pas forcément que la France est dans l’erreur et que la psychanalyse est hors jeu. Mais cela signifie concrètement que les parents se retrouvent au quotidien dans un environnement institutionnel très différent de ce qu’on trouve ailleurs. Troisième point, pour moi fondamental : les parents français découvrent très vite qu’ils n’ont pas le choix. En France, intégrer un service public de prise en charge de l’autisme (hôpital de jour, centre médico-psycho-pédagogique ou CMPP, et institut médico-éducatif, IME), cela veut dire ne se voir proposer que l’approche psychanalytique (les exceptions sont rares). Les enfants autistes n’ont pas accès aux prises en charge éducatives pratiquées ailleurs. Imaginez-vous dans la situation où on vous explique qu’il y a un remède français pour votre enfant, et un autre remède utilisé partout ailleurs auquel vous n’avez pas accès ! Vous voulez au miminum avoir la possibilité de choisir, cela semble légitime et n’a rien à voir avec un débat sur la validité de telle ou telle prise en charge. Ce point est à l’origine de l’exode bien connu de parents d’enfants autistes du Nord de la France vers les établissements belges, à la recherche de ce qui n’existe pas en France. Le dernier point important est qu’en pratique, les parents n’ont pas d’autre choix que de se regrouper en associations et de remédier à l’absence dans le public de prises en charge éducatives, en montant un véritable système parallèle de santé (avec l’aide de psychologues, orthophonistes, psychomotriciens…). Il est important de préciser que ces associations qui peuvent s’occuper d’un nombre important d’enfants (souvent plus que l’hôpital de jour) ne survivent que grâce à la formidable énergie déployée par les parents et les professionnels et à des financements incertains issus d’une recherche épuisante d’argent auprès de la famille des enfants, des entreprises philanthropiques, des collectivités territoriales… En conclusion, j’aimerais rappeler que, pour les parents d’enfants autistes, il n’y a pas de combat idéologique. Il y a simplement la revendication du droit d’accès aux différentes thérapeutiques. Que ce soit la psychanalyse ou les thérapies éducatives, peu importe, nous demandons simplement que le système de santé public français ne force pas les parents à s’épuiser à construire eux-mêmes ce qui existe partout ailleurs, et que les choix thérapeutiques de certains ne soient pas imposés à tous.


20 Octobre 2009
Pas plus de mercure chez les enfants autistes

PsychoMédia - Les niveaux sanguins de mercure sont similaires chez les enfants atteints d' autisme et les autres, selon une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives. Irva Hertz-Picciotto du UC Davis MIND Institute et ses collègues ont mené cette étude avec 462 enfants, âgés entre 24 et 60 mois (249 ayant un diagnostic d'autisme, 60 ayant d'autres formes de retard du développement et 143 se développant normalement). Ils ont analysé les sources de mercure: consommation de poisson, produits de soins personnels, vaccination et plombages dentaires. La consommation de poisson était le plus grand prédicteur des niveaux sanguins de mercure. Les enfants autistes avaient des niveaux beaucoup moins élevés de mercure que les enfants se développant normalement, ce qui serait attribuable au fait qu'ils mangeaient moins de poisson (ayant tendance à être plus difficiles pour l'alimentation). En ajustant les données pour tenir compte de la différence de consommation de poisson, les deux groupes avaient des niveaux sanguins de mercure similaires. Cette analyse, précise Hertz-Picciotto, ne prouve pas que le mercure ne joue pas de rôle causal dans l'autisme car les niveaux n'étaient mesurés qu'après que les enfants aient reçu un diagnostic. Les études jusqu'à présent suggèrent que l'autisme résulte de la combinaison d'une susceptibilité génétique et de facteurs environnementaux, dit-elle.


14 Octobre 2009
Belgique : quand les ministères profitent du savoir-faire des autistes

DAILY NORD - Par Nicolas Montard Transférer les données d’un ancien site web vers un nouveau. Travail fastidieux qui demande une concentration de tous les instants… Et ne souffre d’aucune seconde de relâchement. Le Ministère des affaires étrangères belge a donc recruté quelques spécialistes pour changer son interface numérique : et, originalité, ce sont trois autistes qui s’occupent de ce travail. Extrait du blog Handimobility : Le travail de ces trois collaborateurs soufrant d’autisme est d’aller collecter des blocs d’informations sur l’ancien site Web et les réinjecter sur le nouveau. La particularité de ce travail est qu’il nécessite un savoir faire technique mais aussi que chaque migration de données nécessite une dizaine de clics de souris. Il y a donc un travail routinier répétitif qui nécessite une concentration certaine pour ne pas commettre d’erreurs. Il a été constaté que des collaborateurs valides n’arrivaient pas à se focaliser très longtemps et que des erreurs d’inattention étaient commises. Il a donc été décidé de sélectionner ces collaborateurs autistes qui peuvent se concentrer totalement sur cette tâche répétitive sur le long terme. Personne en interne n’arrive à d’aussi bons résultats ! Ces trois collaborateurs avaient déjà participé à la refonte du site du Ministère de l’Economie. Comme quoi le handicap peut aussi devenir un atout en entreprise…


12 Octobre 2009
Des chercheurs découvrent un nouveau gêne lié à l'autisme

RTL - SCIENCE ET SANTE Un groupe international de scientifiques a découvert un nouveau gêne impliqué dans l'apparition de l'autisme. Les chercheurs ont également constaté que le gêne est identifiable dans le cerveau des patients autistes. L'information a été communiquée, lundi, par l'UMC d'Utrecht. Les chercheurs du centre médical de l'université d'Utrecht ont coopéré pour la publication avec l'éminent magazine international Nature. Les scientifiques ont analysé l'héritage génétique de plus de 1.000 familles au sein desquelles au moins deux cas d'autisme étaient apparus. Ils ont comparé les gênes de ces patients avec les membres sains de la famille. De cette manière, ils ont pu tracer le gêne semaphorine 5A qui est en grande partie responsable de l'apparition de l'autisme.


08 Octobre 2009
Découverte d'un gène lié à l'autisme

AFP Des chercheurs du CHU d'Angers ont annoncé aujourd'hui avoir mis en évidence un nouveau gène à l'origine de l'autisme. Le gène identifié, le MEF2C, "comme les autres gènes impliqué dans l'autisme et le retard mental, n'est probablement responsable que de 1% des cas", a annoncé le CHU. Mais dans ces cas, "il ne s'agit pas d'une susceptibilité à développer des troubles autistiques mais bien de la cause directe de la maladie", souligne le CHU. "La fonction du MEF2C commence à être connue dans le cerveau. Il a été en particulier montré que, chez la souris, ce gène intervient dans la mise en place des connexions entre les cellules cérébrales et dans les processus de la mémoire", poursuit le communiqué. "Cela ouvre la voie encore très longue vers des prises en charge thérapeuthiques adaptées", conclut le texte, en rappelant que la science est encore "très loin de comprendre tous les mécanismes de cette maladie".


08 Octobre 2009
Découverte d'un gène responsable d'autisme au CHU d'Angers

OUEST FRANCE Un gène responsable de retard mental et d'autisme vient d'être mis en évidence au CHU d'Angers par le Pr Dominique Bonneau et son équipe. C'est une nouvelle étape dans la compréhension des mécanismes impliqués dans ces maladies du cerveau qui vient d'être franchie. Une découverte qui sera présentée ce jeudi après-midi à l'établissement de santé angevin. Cette découverte est le fruit d'une très large coopération avec les services hospitalo-universitaires du grand Ouest et ceux de Rouen et Lille. Alors qu'il touche une personne sur 160, l'autisme est un trouble du développement très fréquent. Pour autant ses mécanismes restent encore méconnus. Chaque découverte scientifique dans ce domaine est une avancée.


05 Octobre 2009
À propos de la connaissance de l’autisme

AFIS SCIENCE Voici quelques remarques, qui m’ont été inspirées par l’intéressant article de Brigitte Axelrad sur l’autisme, paru dans le n° 286 de votre revue. Madame Axelrad a tout à fait raison de dénoncer l’insistance des psychanalystes francophones à vouloir à toute force trouver des origines psychologiques aux syndromes autistiques. Je regrette pourtant que jamais en France (et Mme Axelrad semble suivre l’attitude générale), on ne rappelle les travaux de l’embryologiste américaine Patricia Rodier (Rochester) qui a bien montré que, chez un certain nombre d’enfants autistes, on peut : - constater des anomalies neuroanatomiques de certains noyaux au niveau du tronc cérébral, anomalies qu’il est possible de situer dans les premières semaines du développement in utero (et donc ne pouvant pas avoir de rapports avec de quelconques influences psychologiques ni "éducatives"…et j’ai bien du mal à comprendre en quoi pareille constatation devrait être "compatible avec une approche psychanalytique" !) ; - vérifier que les anomalies constatées – l’atrophie, voire la quasi-absence de neurones – portent principalement sur les noyaux du corps trapézoïde, l’olive supérieure, le noyau du facial. [...] Il paraît évident à un neuroanatomiste que, dans les territoires thalamiques cibles de ces relais auditifs, les neurones ne peuvent s’organiser correctement en l’absence de leurs afférences normales, et ces anomalies ne pourront que se répercuter ensuite dans les territoires corticaux situés en "fin de chaîne". D’où des troubles de l’audition. Les anomalies constatées dans ces territoires grâce à l’imagerie sont donc une conséquence d’autres déficits préalables bien plus précoces (vers 3-4 semaines ! de gestation) s’étant produits en amont, et cela est vrai aussi pour les anomalies de "la substance blanche" que vous évoquez. De la même façon, l’atrophie du noyau du facial doit entraîner, si on la met en rapport avec les observations de l’équipe de Parme sur les "neurones miroirs", un déficit plus ou moins important des expressions faciales, mais aussi de leur compréhension chez autrui (Vittorio Gallese et al.). Tout cela devrait mettre définitivement fin aux élucubrations "psychologiques" culpabilisantes sur les causes de l’autisme, du moins si on s’efforçait, dans nos pays francophones, de bien l’expliquer au grand public. Pourquoi s’en abstient-on ? Serait-ce une vulgarisation trop difficile ? Je me permets de vous signaler un article de Mme Patricia Rodier publié dans le Scientific American de février 2000 : intitulé « The Early Origins of Autism », il résume ses constatations. Quant aux travaux de Vittorio Gallese, ils sont nombreux et se trouvent facilement sur Internet. Pr Jean Desclin (Bruxelles) - Site Mens sana


05 Octobre 2009
Autisme : un parcours du combattant pour les parents

LE FIGARO Que ce soit dans un milieu scolaire ordinaire ou dans une classe d'intégration, placer son enfant autiste relève la plupart du temps de la gageure. Témoignages. Pour les parents d'un jeune au­tiste, faire accepter son enfant à l'école ou l'inscrire dans un établissement spécialisé relève souvent du parcours du combattant. «Cette rentrée a été particulièrement chaude, soupire Mireille Lemahieu, présidente d'Autisme France, une association qui regroupe plus de 10 000 familles. On a dû intervenir pour aider une cinquantaine de familles à obtenir une AVS (auxiliaire de vie scolaire, NDLR) pour accompagner leur enfant en milieu scolaire ordinaire ou dans une classe d'intégration.» Face à l'incompréhension des administrations, certains se trouvent dans des situations aussi dramatiques qu'ubuesques. C'est le cas de Chantal Pignal (Lyon), dont le fils de 20 ans est autiste et reconnu comme tel depuis un an et demi seulement. Jusque-là, il était dans un établissement pour sourds avec troubles associés. Quand elle a appris le diagnostic, cette mère a souhaité mettre en place un accompagnement spécifique pour son garçon au sein du même établissement. Sur ses propres deniers, elle a fait réaliser un bilan par une psychologue afin de l'organiser, et elle a sélectionné une étudiante qu'elle était prête à payer pour cette prestation. «J'ai travaillé pendant huit mois pour amener le dossier sur un plateau, j'avais la loi pour moi, et les éducateurs étaient très partants. Mais la Ddass a refusé, sous prétexte qu'il s'agissait d'une prise en charge individuelle dans un établissement collectif», raconte-t-elle. Écœurée, elle a repris son fils à domicile en septembre 2008, interrompant son activité professionnelle pour s'occuper de lui, avec l'aide d'étudiants «formés». «Cette année, j'ai repris mon travail et coordonné une prise en charge de 40 heures par semaine. Toute ma paye y passe», continue Chantal Pignal, qui attend désormais une réponse à sa demande de «prestation de compensation du handicap». Un exemple frappant, mais loin d'être isolé. «J'ai l'impression de tourner en rond» Dans un livre blanc publié cette année par l'association Autisme France , de nombreuses familles expriment leur désarroi face aux difficultés de prise en charge. Telle cette mère iséroise d'un autiste de 7 ans qui se retrouve déscolarisé, faute de pouvoir bénéficier de l'accompagnement d'une auxiliaire de vie scolaire. «J'ai pourtant tout fait pour faciliter l'entrée de mon fils dans un IME ­(institut médico-éducatif, NDLR), écrit-elle. J'ai déménagé, car la règle est claire : pour qu'un enfant intègre cet institut, ses parents doivent habiter le département et il faut qu'il y ait un véritable projet pour lui. J'étais en formation professionnelle. Aujourd'hui, je vis seule avec mes deux enfants et j'ai dû arrêter ma formation pour garder mon fils, sans aucune prise en charge car il a été accueilli six jours à l'IME… au bout desquels on m'a dit qu'il fallait qu'il parte puisqu'il y avait un manque de place (…). Je l'ai inscrit à l'école primaire. Il y est resté cinq jours, mais, sans auxiliaire de vie, impossible de continuer. J'ai l'impression de tourner en rond.»«Nous sommes devenus malgré nous des véritables professionnels de notre enfant», constate avec humour la mère d'un jeune autiste de 6 ans.


05 Octobre 2009
Autisme : la prise en charge reste un problème majeur

LE FIGARO Le dépistage précoce de cette terrible maladie a beaucoup progressé depuis dix ans. Qu'est-ce que les avancées de la recherche ont changé dans la prise en charge de l'autisme, ou plutôt des autismes, tant ce «trouble envahissant du développement», dont on ne connaît pas encore précisément les causes, revêt des formes diverses ? Pour les patients, mais aussi pour leurs parents et leurs proches, toujours en quête d'espoir, la question est cruciale, urgente même. «La recherche apporte des réponses sur le long terme, mais pour un parent dont l'enfant est malade, c'est le court terme qui compte avant tout», rappelait vendredi à Paris, lors du colloque «Autisme : de la recherche aux pratiques» organisé par la Fondation de France, une jeune femme atteinte du syndrome d'Asperger, forme particulière d'autisme marquée par un handicap social plus léger. Face à cette impatience ô combien légitime, les médecins et les scienti­fiques venus dresser le bilan du programme de recherche lancé en 1999 par la Fondation de France, ont clairement annoncé la couleur. «Les prises en charge ont été améliorées, mais elles n'ont pas radicalement changé la vie des malades, reconnaissait humblement le Pr Bruno Falissard, psychiatre (Faculté de médecine Paris-Sud/Inserm) et président du Comité autisme et développement de la Fondation de France. Il reste beaucoup à faire y compris pour évaluer ce que nous faisons aujourd'hui.» Pourtant, certains acquis sont irréversibles. Le «tout-psy» des années 1970, auquel des générations de mères(suspectées d'être, par leur attitude, à l'origine des troubles de leur enfant) ont payé un lourd tribut, a été totalement remis en question. Y compris par les psys eux-mêmes. «Nous savons maintenant qu'il y a une corrélation statistique entre certains marqueurs génétiques et l'autisme, et que le cerveau d'un autiste est très différent du nôtre. En outre, nous sommes capables aujourd'hui de dresser des tableaux cliniques beaucoup plus fins qu'il y a vingt ans», poursuit le Pr Falissard. «Un régime riche en jeux sociaux » L'amélioration du diagnostic précoce, et donc de la prise en charge de l'enfant dès son plus jeune âge, lorsque sa plasticité cérébrale est à son maximum, est sans aucun doute le progrès le plus notable. «C'est dans la première année de vie que l'on repère les premiers signes de la maladie, confirme le Pr Catherine Barthélémy, pédopsychiatre au CHRU Bretonneau de Tours, en présentant les résultats de tests d'évaluation cognitivo-sociale qui montrent, chez l'enfant autiste, un «développement hétérogène et asymétrique» de ses capacités de communication et d'interaction avec son environnement. Et de prescrire, pour ces petits de moins de quatre ans, «un régime riche en jeux sociaux, basés sur la sérénité, la disponibilité et la réciprocité afin de permettre à l'enfant d'améliorer sa capacité à s'ajuster à l'autre, à le regarder au bon endroit, à l'entendre». Le point le plus délicat, et le plus conflictuel, consiste ensuite à trouver la, ou plutôt les méthodes thérapeutiques les mieux adaptées aux besoins du malade dans les différentes étapes de sa vie, le tout en y associant ses proches. Thérapies comportementales (ABA, Teacch) psychothérapie, phsychomotricité… : pendant longtemps ces disciplines se sont fait la guerre «au risque de renforcer le clivage de ces enfants», déplore la psychanalyste Marie-Dominique Amy, agacée par ces incessantes querelles de chapelle. «On sait aujourd'hui qu'il n'y a pas un, mais des autismes : rien n'est pire qu'un programme standard, car tous les patients sont différents. L'approche monodisciplinaire ne peut conduire qu'à des catastrophes.» Reste que si les compétences existent, elles sont le plus souvent disséminées dans des structures et des institutions variées (école, centre de soins…) qui ne travaillent d'ordinaire pas ensemble. Le Pr Charles Aussilloux, pédopsychiatre au CHU de Montpellier, propose, dans le cadre de l'application du plan autisme 2008-2010, de «faire converger ces compétences sur un lieu bien identifié, à l'échelle d'un département, par exemple, afin de répondre aux besoins de proximité mais aussi aux besoins particuliers de l'enfant ou de son entourage au sens large. Par exemple, pour venir appuyer les instituteurs et les professeurs, trop souvent livrés à eux-mêmes». Il y a urgence. Selon le Comité national d'éthique, l'autisme concerne de 5 000 à 8 000 nouveau-nés chaque année en France, soit une naissance sur 150. Dans 10 à 25 % des cas, il est associé à des maladies génétiques connues, tel le syndrome de l'X fragile, le syndrome de Rett ou la sclérose tubéreuse. Il n'existe à ce jour aucun traitement curatif.


29 Mai 2009
Bilan d'étape du plan autisme 2008 - 2010

Lors d’un déplacement à l’IME "Notre école" (Paris XVè) Valérie Létard a fait un bilan d’étape du plan autisme en cours : "en 2008, ce sont 1158 places nouvelles autorisées et financées" (soit 160 places de plus que l’objectif fixé). Dans cet établissement considéré comme pilote en son temps, la secrétaire d’Etat à la solidarité a également souligné l’originalité du plan autisme 2008-2010 : "le Gouvernement veut accompagner l’innovation. Que cherchons-nous à faire à travers ce nouveau plan autisme, si ce n’est imaginer les établissements de demain ?"


26 Mai 2009
L'autisme : un développement différent de l'enfant

Les compréhensions du développement de l'enfant autiste reposent sur des comparaisons faites avec les jeunes enfants sans handicap et les enfants qui manifestent des retards mentaux (enfants trisomiques 21 le plus souvent). Cela conduit d'une part à isoler des marqueurs précoces de l'autisme utilisés pour le diagnostic et, d'autre part à décrire des trajectoires originales de développement avec évolution psychopathologique dite en cascade. Ces connaissances servent de référence pour la conduite de l'éducation et des thérapies des enfants autistes.


25 Mai 2009
Découverte d'un gène lié à l'autisme

Des chercheurs de l'Université de Californie ont découvert une variante d'un gène, le CACNA1G, qui apparaîtrait plus particulièrement dans l'ADN des familles où plusieurs garçons sont atteints d'autisme. Ce gène, situé dans le chromosome 17, pourrait influer sur les risques de développer la maladie et expliquerait également pourquoi les garçons sont quatre fois plus touchés que les filles. Il est cependant trop tôt pour conclure que le CACNA1G est à lui seul responsable de l'apparition de la maladie. Des études complémentaires sont nécessaires pour identifier l'ensemble des gènes impliqués.


21 Mai 2009
Le plan autisme est encore loin de répondre aux besoins

l faut dire qu’en France, les autistes sont trop souvent soignés comme des malades psychiatriques, ce qui est une façon inadaptée de les traiter. Il faut bien davantage mettre l’accent sur l’éducatif. Le nombre d’autistes en France est déjà très mal connu. Selon l’Inserm, ils seraient 180 000 alors que le comité d’étique en compte 500 000. De nombreuses familles sont encore obligées, lorsqu’elles en ont les moyens, d’envoyer leur enfant dans des structures adaptées à l’étranger faute de places en France. Les associations continuent de se battre au quotidien pour améliorer la prise en charge de chaque individu. Mais, tout le monde s’accorde sur un point : les moyens font cruellement défaut, même si la bonne volonté est là…


21 Mai 2009
Pourquoi plus de garçons sont-ils autistes?

Une analyse d’ADN auprès de 1 046 sujets ayant deux cas d’autisme dans leur famille a permis au Dr Stanley Nelson et son équipe, de la Faculté de médecine de l’Université de la Californie à Los Angeles, de découvrir un gène qui pourrait expliquer la plus forte prévalence d’autisme chez les garçons. Selon les chercheurs, ce phénomène pourrait être attribué à la modification du gène CACNA1G, situé sur le chromosome 17, qui joue un rôle dans l’alimentation des cellules en calcium.


18 Mai 2009
Mickaël, 34 ans, autiste, face au défi de l'autonomie

Depuis octobre 2008, ce centre inédit en France vise à aider les adultes autistes à s'insérer socialement grâce à une prise en charge à domicile, mais aussi en les accompagnant dans des activités sportives, culturelles ou d'intégration dans la vie professionnelle. Mickaël, brun et mince, a un sourire gêné lorsque sa mère Joëlle, qui souhaite taire son nom de famille, vante son "potentiel". Il travaille depuis 12 ans au service voirie d'une mairie. A l'âge de 25 ans, âge maximal d'accueil dans son précédent institut, il s'est retrouvé en dehors de toute structure. Ensuite, soupire sa mère, "on a eu beau frapper à toutes les portes..". Et Mickaël a fini par "se recroqueviller sur lui-même". "C'était dur à vivre", raconte sa mère, qui souligne le "confort retrouvé" et la "reprise de contact" avec son fils, depuis qu'il est suivi par le Samsah. Pendant près de dix ans, ses parents avaient cherché un centre adapté au jeune homme. La difficulté pour le couple: "Mickaël rejette les structures où il se trouve avec des personnes lourdement handicapées", explique la dynamique quinquagénaire.


   
     
     
 
 
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