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Communiqué ASF - Inclusion scolaire et autisme, le dessous des chiffres

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ASF est un réseau de 45 associations de parents sur tout le territoire. Membre du Collectif Autisme, ASF siège au Conseil National TSA/TND et au CNCPH.

Lundi 26 octobre, France 2 a consacré une soirée aux TSA à laquelle le réseau ASF a participé en la personne de l’éducatrice Louise Pajot, présente sur le plateau, et également au travers d’un reportage réalisé en 2018 sur la scolarisation d’un jeune garçon avec TSA, Paul.

En tant que co-présidente du réseau ASF, je me réjouis :

·       De constater que 4 millions de personnes ont regardé le téléfilm et ont pu découvrir une partie de la réalité des familles : faire face aux troubles du comportement parfois violents, bouleverser son quotidien, être en conflit avec l’école, se trouver dans l’incapacité de travailler…

·       De voir mis en valeur les prises en charge en libéral et l’inclusion scolaire : les places en institution manquent et souvent également par choix, les familles s’engagent dans un accompagnement en libéral, qui est rarement montré.

·       D’entendre que des accompagnements se font dans le respect des bonnes pratiques : les pratiques éducatives évoquées et montrées (ABA, TEACCH) sont celles recommandées par la HAS depuis 2012. L’engagement de la Délégation Interministérielle afin d’améliorer les pratiques en matière d’accompagnement et de diagnostic est fort et nous l’en remercions.

·       De la mise en lumière d’Autisme Info Service qui, avec beaucoup d’énergie et seulement 35% de financements publics, aide les familles à trouver des interlocuteurs sur leur zone géographique, leur apporte des réponses et du soutien. C’est un précieux travail d’aiguillage.

Néanmoins, parce qu’ASF est un réseau de 45 associations de familles qui travaillent à généraliser l’inclusion des personnes avec TSA, le sujet dont il était question lundi soir est notre quotidien et nous tenons à préciser certains points :

·       L’accompagnante que nous voyons en classe avec le jeune Paul n’est pas une AESH de l’Education Nationale : c’est une personne recrutée par le réseau ASF, formée et supervisée par une psychologue spécialisée du réseau. Le coût financier de cet accompagnement de qualité à l’école est à la charge financière des familles ou des associations de parents.

·       Cet accompagnement montré dans le reportage avec Paul ou décrit par l’éducatrice Louise Pajot n’est possible que dans quelques départements en France car l’Education Nationale garde ailleurs ses portes fermées aux professionnels libéraux qui suivent les élèves avec TSA.

·       L’Education Nationale finance des postes d’AESH mais ne peut pas recruter car peu de personnes postulent : le salaire est au minimum légal, la formation n’est pas au rendez-vous et les conditions de travail se dégradent depuis 1 an puisque les AESH accompagnent de plus en plus d’enfants différents sur une même semaine.

·       Depuis un an l’Education Nationale a bouleversé les modalités d’accompagnement des élèves handicapés en mettant en place des PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement localisés). Depuis sa déclaration de février 2020 devant la CNH (Commission Nationale du Handicap) Emmanuel Marcon a orienté la politique nationale vers l’objectif de « 100% des enfants handicapés accompagnés à l’école ». De beaux engagements dont nous nous sommes d’abord réjouis.

Aujourd’hui nous déchantons. L’Etat va réussir à accompagner en effet plus de personnes mais moins longtemps. On fait « l’aumône » de quelques heures d’accompagnement par semaine à un enfant et on prétend qu’il est « accompagné ». Les familles voient le nombre d’heures d’accompagnement de leur enfant diminuer. Et ces mêmes familles ne sont même plus informées puisque les décisions et changements se passent sans elles, sans leur accord. Nous dénonçons ce double langage abusif, destiné à faire croire que des efforts supplémentaires sont faits alors qu’il s’agit juste de continuer à masquer une gestion de la pénurie et une politique inadaptée aux besoins d’accompagnement des élèves avec TSA.

 

Isabelle Rolland,

Co-présidente Autistes Sans Frontières