Jean-Charles Juhel dans son ouvrage « La personne autiste » a référencé un certain nombre de principes d’intervention :
- Etablir un plan individuel d’intervention
Chaque enfant autiste présente des particularités spécifiques, un profil unique. Ce qui est recommandable pour l’un, ne le sera pas forcément pour l’autre…
A partir d’un bilan du niveau de développement de l’enfant, de l’identification de ses points forts et de ses poins faibles, un programme d’intervention est établi. Il contient des objectifs précis à court, à moyen et à long terme.
- Partir de l’intérêt de l’enfant
Partir de ce qui peut être développé chez l’enfant et non pas de ce que l’on souhaite arbitrairement lui enseigner. Si l’enfant aime les voitures, on utilisera les voitures pour lui apprendre les mathématiques.
- User de fermeté et répéter l’enseignement de nombreuses fois
- Limiter les directives à ce qui doit être fait
- Recourir à la communication non verbale
Les mots sont souvent trop abstraits pour l’enfant autiste. Ce qu’il nous voit faire importe souvent plus que ce que nous lui disons.
L’utilisation de cartes symboles, de pictogrammes permet de décoder de nombreux messages ; apprend à l’enfant autiste à initier spontanément une interaction ; l’aide à comprendre les fonctions de la communication ; développe des compétences pour la communication.
- Eviter les abstractions
La perception que se fait de l’environnement l’enfant autiste est différente de la nôtre. Il faut par conséquent essayer de comprendre cette perception pour pouvoir lui fournir les éléments pertinents, en fonction de ses capacités qui lui permettent de faire des apprentissages.
Par exemple, dans l’enseignement des nombres, les méthodes visuelles et concrètes donneront de bien meilleurs résultats (utilisation de chiffres en plastique, bâtonnets de couleur…).
L’enfant autiste -chez qui le sens du toucher est souvent plus fiable que les autres sens- profitera davantage de cette approche tactile.
- Inculquer les bases de la vie quotidienne
L’enfant autiste a besoin d’apprendre les rudiments d’un comportement social normal. L’instauration de limites est indispensable.
Apprendre pour l’enfant autiste est vital et nécessaire. Il faut lui inculquer les bases de l’autonomie de la vie quotidienne : savoir s’habiller, se laver, manger seul et aussi apprendre à communiquer ses besoins élémentaires.
S’il sait nous faire comprendre qu’il a faim, soif, chaud, qu’il veut aller aux toilettes, il n’aura plus besoin de se mettre en colère parce que l’intervenant aura compris son besoin du moment.
- Abolir les notions de temps
Cela ne sert à rien de se dépêcher, de faire pression sur l’enfant pour obtenir des résultats plus rapidement.
Il faut maîtriser l’art de la patience car l’enfant autiste est imprévisible et demande une dose considérable de savoir, de savoir-faire et de savoir-être…
(Source - La personne autiste, Jean-Charles Juhel, édition PUL 2003)